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On the Road Again – Music for Planes, Trains and Boats. Vol. 3 : Underground trip.

5 juillet 2010

Les deux premiers volets de cette série ont été consacrés à des mélodies entraînantes, des airs ou des rythmes faciles à se mettre en tête sous le soleil, au bord de l’eau, au sommet d’un everest, dans un pays plein de couleurs ou une boîte de nuit soft. Seulement, parfois, les vacances c’est la paroi carrelée d’une station de métro grise. C’est une ville enfumée aux murs noircis, une voie ferrée rouillée, des briques rouges sous des graffitis, les vis métalliques d’un pont. Certaines musiques ne sont pas faites de lumières mais d’ombres, à l’instar de ces villes où l’Underground est né, de Berlin à Bristol, du rock indé au trip-hop. Derrière les grandes voix, les grands noms dont la musique continue de faire un tabac à chaque nouveau disque (pour notre plus grand plaisir), il y en a quelques autres, trop jeunes pour s’être vraiment faits connaître, ou suffisamment classiques pour s’être fait oublier, mais qui racontent toujours et déjà avec talent les histoires des ombres qui rasent les murs. Dans un univers musical forgé par Massive Attack ou Nick Cave, à la rencontre d’une nouvelle génération qui murmure sous l’asphalte des villes.

UNKLE – Where did the Night Fall

UNKLE c’est un collectif de trip-hop, qui a compté dans ses rangs au fil de ses quatre albums Geoff Barrow, Thom Yorke, Mike D et Josh Homme pour ne citer qu’eux. Ca vous pose un groupe. Depuis le début des années 1990, au gré des allées et venues de ses membres, UNKLE propose des morceaux de trip-hop atmosphérique, aussi dark que les meilleurs morceaux de Massive Attack. Ils ne font pas défaut à leur réputation pour Where Did The Night Fall, où 14 morceaux mélangent des éléments de trip-hop, d’électro et de rock au fil des inspirations de James Lavelle, Joel Cadbury ou encore Mike Pierce qui constituent la dernière équipe à l’oeuvre. Entre voix féminines éthérées, voix masculines sur-saturées et rythmes sombres et fascinants, un très bel album de ce début 2010.

Smooth – The Parade

Parce qu’on n’a pas toujours envie d’écouter en boucle des chansons qui parlent de ballons de baudruche, de petites fleurs et de bisounours en guimauve, Smooth présente avec son troisième album des titres dont les paroles ne sont parfois pas loin de rappeler les Murder Ballads de Nick Cave. Trio nantais qui se vend sous le label électro, ils reprennent en fait des inspirations qui vont du rock à la musique de western spaghetti, grâce à leur usage des cuivres et des voix reproduites presque sans traitement. Quelque part entre Nick Cave et Ennio Morricone, gros cocorico pour un groupe qui a tout compris, comme le montre la pochette de l’album, aux chemins sombres et aux rails rouillés qui s’enfoncent dans des forêts maléfiques.

John Grant – Queen of Denmark

Malgré son admiration pour la musique électronique et les genres musicaux qui se sont récemment développés, c’est sur des mélodies plus folk que John Grant, ex-lead vocal des Czars, choisit ici de raconter son histoire. Son histoire, c’est celle d’un homosexuel qui ne trouve nulle part sa place sur le fond faussement libéré des Etats-Unis puritains, qui s’essaie à la formation d’un groupe qui survit dix ans avant de finalement se séparer en autant de chemins que de membres. Grant émigre au Danemark, trouve enfin sa place, lâche la protection d’un nom de groupe pour chanter sous son vrai nom, épure sa musique pour ne laisser que sa voix, un violon, une batterie, un piano, une guitare parfois, et au fil de mélodies un peu mélancoliques et de paroles qui racontent des rêves impossibles nous emmène dans un univers intérieur, blessé mais curieusement apaisé.

Désolée sur ce coup-là vous n’aurez que le son, pas d’image en vue…

Emily Jane White – Victorian America

Emily Jane, c’est d’abord une voix un peu rocailleuse et très caressante qui susurre des paroles poétiques et mystérieuses derrière la pureté desquelles on devine tout un univers de contestations, de révoltes et de constats parfois brutaux. C’est ensuite deux albums, dont l’incroyable Dark Undercoat, ou accompagnée tantôt d’une guitare, tantôt d’un piano Emily raconte des histoires de crimes, de morts, de blessures, et parfois de tigres sauvages qui se promènent dans un univers de rêve très loin, hélas, de l’Amérique victorienne où vit encore la baladine. Car son deuxième album s’appelle Victorian America, et Emily y fait la part des mythes victoriens dans un pays où, un siècle plus tard, la folk enracinée dans des légendes gothiques a encore une vérité poignante. Une musique triste et très, très, belle. Un mot qui à travers les mélodies d’Emily retrouve un sens en musique.

Je sais bien que c’est le dernier album que vous avez envie d’entendre, mais je ne résiste pas au plaisir de vous montrer plutôt le clip de la plus belle de ses chansons, de l’album Dark Undercoat.

Sophie Hunger – 1983

Sophie, qui s’appelle en fait Emilie Welti, a été élevée entre Zurich, Londres et Bonn. On sent cette influence cosmopolite dans le choix des langues où elle compose, tantôt en allemand, tantôt en anglais, et dans son style musical indéfinissable, quelque part entre le cabaret berlinois, l’underground creusé à la pelleteuse au pied du Mur, et la pop anglaise à la Bowie. Elle a une voix atypique, entre délicatesse extrême et accents de garçon manqué. Elle parle d’histoires simples, de moments de vie, de solitude, de choses humaines et souvent complexes, avec une sincérité qui parfois confine à l’innocence. Elle a surtout cette facilité qui lui permet de transporter un public et de lui donner le sentiment à écouter l’album qu’il est quelque part dans une fosse berlinoise des années 80 où un groupe de rock met le feu à la salle. 1983, une année de naissance, et la suite d’un étonnant récit musical.

Et en bonus, une reprise excellente de l’une des plus mauvaises chansons de l’un des meilleurs groupes de rock français – à laquelle elle rend mieux justice que les interprètes originaux.

Coming Soon: Midnight Juggernauts, Caribou and many others…

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5 commentaires leave one →
  1. 5 juillet 2010 07:48

    Smooth, c’est très sympa sur scène, tu rentres limite en transe au bout d’un moment, j’ai vraiment apprécié 🙂

    • playne permalink
      5 juillet 2010 09:17

      Moi j’ai bien aimé la reprise de Noir Désir :o)

      • 5 juillet 2010 14:22

        La chanteuse a mangé en face de mon bureau toute la semaine dernière.
        Oui, je me la pète, et alors ? :p

  2. Toyboy permalink
    5 juillet 2010 14:41

    Tu veux dire qu’elle a mangé en face de la photocopieuse?!(mouahah, vive les stagiaires! 😀 )

    PS: précision, Lib, je sais à quel point ton stage ne se limite pas aux photocopies 😉 (Eh non, faut pas oublier les scans! => si vous me cherchez, je suis déja sorti^^)

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