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Qui est l’Ange du Bizarre ?

28 avril 2013

e.poe_angedubizarrePlusieurs mois de cyber-néant n’ont pas équivalu à plusieurs mois de néant culturel dans ma vie. De belles découvertes ont rythmé l’année 2012 et ce début d’année 2013, depuis mon dernier article ici. Me viennent immédiatement à l’esprit, et dans le désordre : la visite de l’exposition Edward Hopper au Grand Palais, une exposition à Vannes sur les travaux de Titouan Lamazou, Artiste de l’UNESCO pour la paix, lors de son voyage dans la région des Grands Lacs en Afrique. Je pense aussi au concert génial de Vladimir Cosmas au Théâtre du Chatelet. Je souhaiterais citer les spectacles suivants qui m’ont profondément marqué : Tout est normal mon cœur scintille (Jacques Gamblin) et le Petit Choc des Civilisations (Fellag), les Franglaises (Troupe des Tistics). Enfin, un film, parmi tous ceux que j’ai pu voir en 2012, me vient en tête : Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin.

Pourtant, je m’égare, car aujourd’hui, pour mon retour sur la toile, je vous emmène dans un voyage aussi onirique qu’effrayant. Je vous emmène à la rencontre des Anges du Bizarre au musée d’Orsay.

Un reportage télévisuel avait déjà éveillé mon intérêt pour l’exposition mais c’est finalement une agréable compagnie qui m’a définitivement décidé à m’y rendre… Je ne fus pas déçu ! L’exposition couvre une large période artistique (du XVIIIe siècle au XXe siècle environ) et des moyens d’expression allant du dessin au cinéma (Murnau ou encore Buñuel), en passant par la peinture, la gravure, la sculpture ou encore la photographie.

Le sous-titre de l’exposition, le Romantisme noir (D’après les termes de l’écrivain et historien d’art italien Mario Praz) de Goya à Max Ernst est représentatif de la multiplicité des artistes présentés : Goya, Géricault, Delacroix, Füssli et de nombreux autres. En raison de cette diversité de personnalités et de messages transmis, l’exposition, pour être honnête avec vous, est difficilement descriptible en quelques mots.

Johann Heinrich Füssli, Le Cauchemar, 1781

Johann Heinrich Füssli, Le Cauchemar, 1781

Selon les périodes, les artistes ont tenté d’exprimer les peurs plus profondes et les désirs les plus pervers de l’homme. En ces temps, les théories de la psychanalyse n’étant pas encore développées, l’art était l’un des seuls moyens d’expression des pensées profondes. Si l’on dépasse ce simple fait, on peut s’interroger sur la raison pour laquelle, alors que durant les lumières la Raison voulait l’emporter, l’expression de cette imaginaire démesuré occupait une telle place dans l’univers artistique ? Personnellement je pense qu’à leur manière, les artistes, à travers les époques tentent d’aborder notre monde sous un angle débordant celui de la raison, de la science, de la « normalité », de l’entendement et du sain. Avec le Romantisme – Noir dans le cas présent – les artistes s’aventurent dans des univers à propos desquels la bonne société crie « balivernes, scandale, perversion ! » et à propos desquels, à voix basse et du coin de l’œil, cette même bonne société s’enivre et prend plaisir à se faire frissonner.

On le comprend, les raisons expliquant l’émergence de ce courant artistique sont variées, et les sources d’inspiration des artistes le sont tout autant : romans fantastiques emplis de sorcières et de démons, mystère et violence lié à l’émergence de la révolution industrielle qui bouleverse l’occident, scepticisme vis-à-vis de la religion impuissante à répondre aux découvertes multiples de la science, guerres déshumanisées avec l’usage d’armes nouvelles (poudre, gaz, etc.). D’autre part, les moyens d’expressions ouvrent de nouveaux champs de possibilités aux artistes qui, par exemple vont réaliser au cinéma, Frankenstein ou encore Dracula, et ainsi faire frissonner toute une génération qui n’avait imaginé ces personnages qu’à travers les lignes de leurs romans.

Expulsion. Moon and Firelight – Thomas Cole (1828)

Nombreux sont donc les facteurs qui ont favorisé l’émergence et entretenu la vivacité et la créativité de ce courant artistique étonnant et mis à l’honneur dans cette exposition que je pense unique. Cet univers continue à vivre et multiples sont les media qui réinventent en permanence ces images. Pensons notamment à l’univers visuel du Seigneur des Anneaux, des films et séries de vampires (Twilight, Buffy), des bandes dessinées (avec les mondes créés par exemple de l’auteur Belge Yslaire) et même de la publicité (notamment avec les publicités liées au parfum à l’imagerie érotique et onirique fortes). Aujourd’hui plus que jamais, à une époque où la vie est si rapide qu’elle en est insaisissable et enivrante, l’esprit humain se pose et se perd dans des imaginaires romantiques où il peut vivre à son rythme, sans contrainte du réel.

Franz von Stuck (1863-1928) Le Péché, 1893

Franz von Stuck (1863-1928) Le Péché, 1893

5 mars – 9 juin 2013

Musée d’Orsay

Exposition temporaire

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