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Degas se met à poil !

28 avril 2012

Si vous avez récemment eu l’occasion de passer devant le Musée d’Orsay, vous avez pu repérer une file assez monstrueuse devant le lieu ! Deux principales raisons expliquent la présence de la foule. Premièrement le matraquage publicitaire « Nous avons revu Orsay, tout est à revoir ». Deuxièmement, l’exposition, dite « événement » (toute exposition est désormais événement…), Degas et le nu.Je n’avais jamais eu le sentiment, par le passé, qu’un musée ait autant fait pour sa propre promotion : affichage, Internet, radio, TV etc. Ces messages n’étaient pas au service d’une exposition particulière mais au service du musée en lui-même dirons-nous. Plutôt intéressant et efficace semblerait-il au regard de la foule qui se presse chaque jour dans les galeries véritablement majestueuses (à mes yeux toujours béas et babas) d’Orsay. M’enfin, votre serviteur ne va pas servir une analyse fumeuse et vaseuse à la sauce CELSA (école de com’ vous connaissez peut-être) des opérations com’ de nos galeries nationales.

La publication de cet article fait suite à ma visite récente de l’exposition Degas et le nu. Première chose, si vous n’aimez ni le monde ni piétiner dans une exposition, fermez directement cette page ! Pour vous donner une idée, j’ai du passer 2h30 dans les couloirs de l’expo (certes très riche) qu’on devrait pouvoir visiter, je pense, en 1h45-2h s’il y avait moins de monde. Quoi qu’il en soit je ne pense pas que le temps passé pour une visite soit ce qui vous intéresse le plus, rentrons donc dans le vif, le sujet de l’exposition !

Edgar Degas (petit un) : peintre 1834-1917, et le nu (petit deux) : être dévêtu. L’exposition ce concentre uniquement sur le travail de Degas relatif au nu durant toute sa carrière. Les premières salles de l’expo accordent une place de choix aux études : corps entiers, parties de corps, copies de tableaux classiques, travaux préliminaires à la réalisation des oeuvres de Degas, etc. Puis, plus nous avançons dans les salles plus on constate que Degas maîtrise son sujet et cherche à se surpasser et à trouver sa vérité, sa voie.

Dans ces salles, on peut admirer des oeuvres achever de l’artiste. Les tableaux sont parfois mis en perspective avec d’autres réalisations de ses contemporains (Caillebotte et Renoir), et ceux de ses maîtres, notamment Ingre et Delacroix. Leurs thèmes, leurs sujets, leurs techniques se croisent et se répondent. Degas lui même s’est essayé à : la peinture, la gravure (lithographie et monotype… quelle différence ?), le pastel (génial, car cette technique offre un rendu des ambiances au carrefour de l’impressionnisme et du fauvisme notamment par l’usage de couleurs improbables comme des touches de bleu et de violet sur les peaux), l’encre, la sculpture, etc. Concernant l’encre, il est intéressant d’observer la manière dont Degas rend hommage aux estampes japonaises (notamment celles évoquant le monde des Geishas) alors très en vogue. Bien que cela soit différent des Geishas, l’un des sujets de prédilection de l’artiste est le monde des maisons closes et de la prostitution. Il peint ces femmes dans des moments d’intimité comme si nous, spectateur, regardions par un trou de serrure. Les prostituées attendant le client, les prostituées se rhabillant, les prostituées faisant leur toilette. On remarquera, ce qui personnellement m’a étonné, qu’on voit rarement les personnages de face et qu’on voit encore plus rarement les traits du visage. En revanche, les dos, les fesses, sont étudiés sous toutes les coutures ! D’après ce que j’ai pu comprendre il s’agit de la manière que notre homme a trouvé afin d’étudier et travailler la reproduction de la « chair » dans ce qu’elle a de plus complexe et de plus crue.

Finalement, l’exposition est remarquablement riche et extraordinairement documentée ! Pour certains, peut-être trop. On en arriverait même au final à se lasser de voir 15 versions de « femme nue sortant du bain » (avant le petit dej’, après le petit dej’, suivi d’un café, suivi d’un chocolat, avant la passe, après la passe, version vierge, version violée, cheveux mouillés, cheveux secs, avec la bonne, avec le violeur, etc.). Sachant qu’on compte à chaque fois avec les 20 études préliminaires… Mes bons amis, j’exagère à peine 🙂

Si vous finissez l’expo de bonne heure (avant 17h), je vous conseille d’aller profiter de la cafétéria Campana du musée, au 5ème étage et récemment redesignée par les frères brésiliens Campana. L’atmosphère du lieu évoque un monde sous-marin, avec des sièges aux formes de galets, des cloisons-algues entre les tables, ou encore, la grande horloge de l’ancienne Gare d’Orsay qui pourrait être le hublot du Nautilius !

Toutefois, après 17h, la cafétéria est déjà fermée et votre humble serviteur peut vous rediriger  vers un café-brasserie typiquement parisien du Boulevard St Germain où le service est plutôt gentil (rare dans le coin) : Le Solférino. Vous noterez qu’en semaine, pas très loin, le parti vous accueillera pour rentrer dans ses chaleureux et valeureux rangs !

Info pratiques : Degas et le nu

13 mars – 1 juillet 2012
Musée d’Orsay
Exposition temporaire
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