Skip to content

Artemisia

6 avril 2012

Il y a quelques temps déjà, j’avais eu la chance de voir l’exposition autour des Vanités au Musée Maillol. De bons souvenirs donc, et étant passée devant le musée il y a quelque temps, mon compagnon d’expos préféré et moi avons décidé d’aller y faire un tour.
Sobrement intitulé « Artemisia », c’est donc un voyage autour de l’art d’une des (rares?) femmes peintres (ou en tout cas à ma connaissance) du 17e siècle.


Au premier abord, bêtement, je me suis dit « oh cool, une femme peintre ! ». Mais l’histoire est un chouilla plus complexe que ça : déjà, à l’époque, les femmes étaient « mineures ». En gros, rattachées à leur père, leur mari, ou autre. Partant de ce postulat là, la carrière d’Artemisia Gentileschi est exceptionnelle, pour l’époque et en dehors de toutes considérations artistiques.
L’histoire n’avait retenu que dans un premier temps que le drame personnel de ladite dame, à savoir un viol qui avait naturellement muté en scandale et qui avait occulté sa production artistique. Si vous souhaitez en savoir plus là dessus, je vous invite à aller jeter un œil sur la biographie du dossier de presse de l’exposition.

La peinture donc. Comme j’avais déjà dû le préciser dans un article précédent, la peinture : je n’y connais rien. Je doute d’être totalement inculte, mes géniteurs n’ont pas pour autant loupé mon éducation, mais si j’y suis sensible je suis incapable de vous parler de techniques ou de différences entre les époques. Je n’ai jamais suivi un cours d’histoire de l’art (sic) non plus. Ceci étant dit, j’ai beaucoup apprécié l’exposition.
Le chemin de l’exposition regroupe différentes périodes de la vie d’Artemisia Gentileschi. D’ailleurs, il faudrait m’expliquer pourquoi on n’utilise que son prénom ? Je n’ai pas souvenir d’avoir vu une expo intitulée « Michelangelo » ou « Henri » … un hasard ? Que ça fasse bien d’un point de vue marketing, ou qu’on accentue le côté exceptionnel de l’exposition, mwaif. Je vous avoue que ce qui m’a franchement faite braire, c’est de voir dans le magasin du musée des savons, des thés (aux noms aussi idiots que « la passion d’Artemisia », dans l’idée), et des parfums à côté des cartes postales traditionnelles et autres catalogues de l’exposition. C’était littéralement la première fois que je voyais un truc du genre, et ça m’a un peu attristée. Mais passons, j’ai aussi peut-être loupé une interprétation évidente, qui explique parfaitement ce parti-pris.
L’exposition retrace donc différentes périodes de la vie de l’artiste :
– les débuts (où sa peinture est encore influencée par celle de son père),
– les années florentines (sous la protection du Grand-duc de Médicis)
– les années 1620 à Rome (période des peintres caravagesques)
– la période napolitaine (considérée comme l’apogée de son art, où elle dirige son atelier pendant 25 ans).

J’ai beaucoup apprécié la structuration de l’exposition (comme pour celle sur les vanités que j’avais vu à Maillol il y a quelques années), et la construction globale du parcours, même si l’éclairage ne rendait pas toujours justice aux tableaux. Parfois mal placés à des endroits où on ne pouvait pas prendre suffisamment de recul (au vu de la géographie et de l’affluence…), j’ai dû siouxer pour voir correctement certains tableaux (sans marcher sur des personnes âgées vissées à leur audioguide…).

Globalement, c’est l’évolution du style de l’artiste que j’ai trouvé fascinante (notamment une série de la figure archi-classique de la « Vierge à l’enfant » qui met en perspective trois versions à trois époques différentes. La composition reste inchangée, mais les trois tableaux n’ont rien à voir les uns avec les autres au premier abord). Que ce soit dans les thèmes traités, les travaux autour des allégories sont remarquables, ou dans la composition ou la technique utilisée. L’exposition présente également d’autres tableaux, du père de l’artiste, ou de ses contemporains qui permettent d’établir des parallèles intéressants ou de disposer de points de comparaison (pour des thèmes identiques par exemple).

J’ai beaucoup apprécié tout le travail autour des jeux de lumière, et la partie « portraits » qui au-delà de donner des clés de lectures intéressantes sur l’époque ont un côté que j’ai toujours trouvé charmant et désuet (de se dire que des siècles plus tard, des illustres inconnus peuvent se retrouver accrochés via leur image au présent dans un musée, je trouve que c’est une bonne matière à réflexion).

Mes connaissances en matière de religion (et particulièrement de saints chrétiens) ne m’ont pas vraiment permis de voir dans l’œuvre d’Artemisia Gentileschi un traitement « original » de la question (outre le fait que la peinture marche sur commande…). Je peux juste en dire qu’il y a un truc avec Judith, Betsabée, et aussi (mais là pour le coup hors classement des figures religieuses) … Cléopâtre.
A creuser, donc !
Je ne peux que vous conseiller l’exposition (et d’aller potasser les informations disponibles sur le site du Musée Maillol), qui dure jusqu’au mois de juin.
Pour les informations pratiques, ça se passe par ici.

Publicités
2 commentaires leave one →
  1. Kiwi permalink
    6 avril 2012 21:50

    Merci ! Cela donne envie d aller voir cette exposition !

  2. 13 avril 2012 15:09

    J’avais découvert le personnage historique dans la BD « Faux sanglant » (1992, Dargaud) (oui, il y a beaucoup de culture dans la BD. Bon, dans ce cas là, pas mal de SM aussi).
    J’en conseille la lecture pour compléter l’expo (sauf si comme moi à l’époque vous avez moins de 11 ans…)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :