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Expo photo : Lewis Hine à la Fondation Henri Cartier-Bresson

10 décembre 2011

Pour la première fois depuis un bail, je me suis réveillée à l’aube le samedi matin. Pas d’incendie, de maladie infectieuse nécessitant une hospitalisation rapide ou une chute inopinée du haut de ma mezzanine mais une expo photo !

Quand Suzou m’a dit « On va à la fondation Cartier Bresson ? », vous vous doutez bien que j’ai bondi sur l’occasion de retourner dans ce lieu si chouette où nous avions déjà été voir l’exposition sur Harry Callahan (au merveilleux tarif -26 ans de 4 euros).

Pour le plaisir des yeux, un autre article à deux mains de la team Suzou-Playne ! Youhouhou !!

En attendant que Suzou sorte du métro, et comme j’avais 5 minutes d’avance, j’ai pu profiter un peu du banc posé devant la fondation HCB. Des petits oiseaux, et le ballet des gens matinaux entrant et sortant de la fondation. Détail amusant, j’ai compté au moins 3 personnes avec des appareils photos (dignes de ce nom).

Comme la dernière fois, zéro idée de ce qu’on allait voir mais j’ai une confiance assez totale et absolue dans le bon goût de Suzou et de la fondation HCB, donc je n’ai pas été déçue du voyage. Je ne vais pas vous faire ma précédente diatribe sur la cire d’abeille qui embaume les escaliers ensoleillés du lieu, pour la simple et bonne raison que je suis enrhubée. Donc j’ai l’infini honneur de parler comme Daffy Duck.

Caché dans une petite impasse du 14 ème arrondissement, le bâtiment qui abrite la fondation est étroit mais très lumineux. Même si mes repères en matière d’architecture sont proches de zéro, je dirais que c’est un immeuble des années 30 ou art déco, en tout cas d’extérieur.
L’intérieur, moderne, a été aménagé pour les expositions photos. A chaque fois que j’y vais (cela fait la troisième ou la quatrième fois je crois), il n’y a pas trop de monde ce qui permet de regarder tranquillement les photos sans se faire bousculer !! Et on se sent vraiment bien dans les quelques salles d’exposition, un peu comme chez soi ! Je pense que c’est l’atmosphère dégagée par le lieu qui veut ça.

Avant de grimper vers les deux salles, un petit texte explicatif (avec une faute passablement rigolote cachée dedans…) permet d’éclairer (sans mauvais jeu de mot et de lumière) mais surtout de situer l’œuvre de Lewis Hine. En effet, le monsieur est un « combattant acharné pour la justice sociale », comme l’en témoigne son imposante biographie cachée dans un recoin de la première salle. Le but de Hine n’est pas de faire de la « belle » photographie, on est plus dans la photographie documentaire. L’image « plus réelle que la réalité elle-même » donc.

Pour moi c’était plus des photos témoignages des difficultés d’une époque (travail des enfants, conditions de vie des ouvriers…) mais non larmoyantes et avec une certaine sensibilité. Certaines m’ont un peu fait penser aux « Temps moderne » de Charlie Chaplin, l’humour en moins…

C’est donc fortes de ce postulat que nous avons tranquillement déambulé dans les salles de l’exposition. J’apprécie toujours autant la mise en scène des expos de la fondation HCB, bien dosée, une lumière optimale, et des photographies accrochées à hauteur d’homme (et non pas de troll ou de hobbit). Vrai, et ça ça compte énormément !!

Les subtilités de la traduction, ici la VO disait un truc du genre "Heavily handicapped in every way", là où la version française dit "Un enfant des rues lourdement handicapé".

Les photographies sont regroupées par thèmes (qui correspondent aux différentes périodes/commandes, si j’ai bien tout suivi). On découvre donc des portraits d’immigrés d’Ellis Island, de toutes les nationalités, sans une once de pathos ou autre.

C’est peut être ce qui m’a le plus plu dans l’exposition : cette « neutralité » du regard, qui rend la photo très digne (ce qui est pas forcément le plus facile quand on fait des portraits de gens dans une misère et des conditions peu enviables).

Je crois que ma partie préférée de l’exposition reste son travail pour le National Child Labor Committee, effrayant et touchant à la fois. Je suis restée bloquée devant une image d’enfants sortant de la mine, et d’un portrait de conducteur de mule (si ma mémoire ne me fait pas défaut)…j’ai eu le sentiment d’avoir sous les yeux un documentaire sur des zombies. Les yeux brillants, la suie et les marques sur le visage…brr.

Beaucoup des photos sont des portraits, et je trouve que l’intensité du regard est à chaque fois extrêmement bien capté. Le format des tirages est petit mais c’est en s’approchant et en regardant attentivement que l’on repère tous les détails. L’encadrement mets en valeur les photos et comme le souligne Playne, le regroupement par thèmes est intéressant.

Mention très spéciale aussi pour les photos sur l’Empire State Building. Je dois dire que l’exploit est particulièrement bien rendu dans cette série des photos : que ce soit celui des rivetiers, travaillant à des centaines de mètres de hauteur sans sécurité ni protections aucunes, mais aussi du photographe. Une photo bien agencée dans un coin de la fondation permet de voir l’homme en action, et je crois que le terme de « boite » serait presque à remplacer par celui de « valise », « poids », ou encore « Mais WHOA c’est énorme ce machin ».

Ah oui ça c’est vraiment impressionnant ! Son appareil tenait plus de la « boîte » (normal me direz vous c’est le principe de l’appareil photo !) mais cela ne se ressent pas dans le cadrage des photos et cela est encore plus impressionnant dans celles des ouvriers de l’Empire State Building. On imagine pourtant que le travail de Lewis Hine ne devait pas être si facile, car si je me rapelle bien pour passer d’un format vertical à horizontal il devait changer la plaque arrière de son appareil ! Bref, on admire la prouesse connaissant le matériel !

Il ne reste plus qu’une poignée de jours pour aller voir l’exposition, donc je vous recommande très chaudement d’aller y consacrer une petite heure rapidement.Comme toujours une très belle exposition de la fondation HCB, qui nous fait découvrir un photographe, dans un lieu agréable !! Courez-y !!!
Pour les détails techniques, et en apprendre un peu plus sur l’exposition et le photographe, ça se passe par ici !

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2 commentaires leave one →
  1. Kiwi permalink
    10 décembre 2011 23:34

    J y fonce ! Merci !

  2. Fanch permalink
    12 décembre 2011 11:29

    La faute dans le titre fait juste tache.
    Sinon joli papier.
    Merci.

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