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La couleur des sentiments : livre vs film

12 novembre 2011

Même si le titre (français) me paraissait un peu gnangnan, j’ai acheté le livre de Kathryn Stockett un peu par hasard à Noël dernier, pour l’offrir. Je l’ai lu cet été, et je ne regrette pas, j’ai eu une bonne intuition ! Alors quand j’ai vu qu’il avait été adapté en film, et que ce film était resté 3 semaines en tête du box-office américain, ce qui semble étonnant vu le sujet et l’absence d’effets spéciaux démesurés et de 3D, je me suis aussi précipitée pour aller le voir…

L’histoire se déroule à Jackson, Mississipi en 1962. Aibileen est une bonne noire qui travaille pour la famille blanche Leefolt, chez qui elle élève notamment la petite fille de 3 ans, Mae Mobley, dont la mère Elisabeth ne s’occupe pas vraiment. Elle a appris à se taire et à ne pas répondre aux provocations des blancs. Minny est aussi une bonne noire qui, elle,  ne sait pas tenir sa langue. Elle travaille pour les Holbrook, dont la femme Hilly est la pire peste de la ville et milite pour l’installation de toilettes séparées pour les employés noirs. Eugenia « Skeeter » Phelan est une jeune blanche, célibataire, qui vient de terminer ses études et est revenue chez ses parents. Elle rêve de devenir journaliste ou romancière, pas seulement de se trouver un mari, et est une amie des patronnes d’Aibileen et Minny.

Le livre est raconté alternativement du point de vue de chacune de ces 3 femmes. On partage les réflexions, négatives mais aussi positives, d’Aibileen et Minny sur leur vie, leur condition de noires, leur travail, leurs employeuses. Leur sentiment d’impuissance ou de révolte. Leurs moments de complicité. On comprend aussi comment, après que celle qui l’a élevée soit partie sans explication, Skeeter s’intéresse peu à peu au point de vue de ces bonnes et décide d’en écrire un livre, tout en décrochant de sa place bien confortable dans la communauté blanche de Jackson. On partage aussi les difficultés qu’elle rencontre à convaincre les bonnes noires de témoigner. Et on s’angoisse aux risques que toutes courent à aborder ces sujets tabous dans l’Amérique encore ségrégationniste des années 60, alors que la lutte pour les droits civils des noirs débute à peine… Mais l’histoire ne contient pas seulement les moments difficiles de cette époque, elle est aussi pleine d’humour. Le sujet des toilettes, partagées ou séparées, y joue bien sur un rôle. Pas forcément celui que vous pensez. Et vous ne verrez plus jamais la tarte au chocolat de la même manière !

On retrouve tout ça dans le film, l’histoire y est également racontée selon les différents points de vue, même si c’est moins évident que dans le bouquin. Les personnages d’Aibileen, Minny, Skeeter et de la peste Hilly sont parfaitement joués. Évidemment, il manque certains détails, le caractère et la psychologie des personnages sont moins approfondis que dans le livre, mais c’est souvent (tout le temps ?) le cas dans les adaptations cinématographiques. Le film est néanmoins très réussi et retranscrit parfaitement l’atmosphère et les émotions présentes dans le livre. La réaction de certains spectateurs à la fin du film le prouve : les gens applaudissent…

Un petit avant-gout :

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Pour conclure, La couleur des sentiments est une très belle histoire, convaincante, qui mérite amplement ses millions de lecteurs ou de spectateurs et ses prix, où l’on croise des personnages très attachants, d’autres détestables, avec juste ce qu’il faut d’émotion et aussi une pointe d’humour très appréciable.

Quant à savoir s’il faut plutôt lire le livre ou voir le film, c’est vous qui voyez. L’histoire est très forte dans les deux cas. Mais pour moi, bien que des gens applaudissent le film, il n’a aucun mérite car tout était déjà écrit dans le livre de Kathryn Stockett, et je vous conseillerai donc évidemment plutôt le livre…

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4 commentaires leave one →
  1. 13 novembre 2011 22:00

    « Quant à savoir s’il faut plutôt lire le livre ou voir le film, c’est vous qui voyez. »

    Les deux, c’est pas mal 😉 J’ai quelques exemples où le film comme le livre sont tous deux excellents – We Need To Talk About Kevin (Lionel Shriver), The Constant Gardener (John Le Carré), Le Patient Anglais (Michael Ondaatje)…

    Merci en tout cas pour la critique, je vais voir si je peux mettre la main sur le bouquin, et choper le film au cinéma afin qu’il ne disparaisse de la programmation !

    • Sablaetis permalink
      15 novembre 2011 19:23

      C’est sur, on n’est pas obligé de choisir… mais s’il le fallait, le livre m’a beaucoup plus plu que le film, même si le film n’est pas mauvais (excellent, je ne sais pas 😉 )
      Des films aussi bien que les livres, il y en a assez peu à mon goût… Quoique ça progresse : Millenium était pas mal (mais mieux en série), et Ne le dis à personne, terrible !
      Et sinon, j’ai préféré le film The Constant Gardener au livre, comme quoi (il faut dire que les images de l’Afrique sont beaucoup plus réelles)…

  2. 16 novembre 2011 10:57

    « Et sinon, j’ai préféré le film The Constant Gardener au livre, comme quoi (il faut dire que les images de l’Afrique sont beaucoup plus réelles)… »

    Et puis y’a Ralph Fiennes :p

    Et je ne peux m’empêcher que parfois, livre comme film sont à éviter. Suivez mon regard… *Twilight*

  3. 24 janvier 2015 15:09

    Regarder le film quand on vient de lire le livre : mauvaise idée.
    Le livre est d’un complet absolument fascinant, tout est si détaillé que c’est à se demander si l’auteur n’a pas réellement vécu cette histoire.
    En regardant le film, je me suis demandée comment ceux qui n’avaient pas lu le livre avaient fait pour comprendre certaines scènes…

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