Skip to content

Live report : Alice Cooper au Zénith

9 novembre 2011

La saison des concerts reprend, mes choupis ! Whoo hoo ! Plus de concerts, je commençais légèrement à dépérir. Au moins.
Minute de joie intense dans mon corps, et vous l’avez constaté  – comme vous êtes des bons lecteurs attentifs et fidèles – en épluchant mon live report du concert de Mononc’ Serge, ça avait plutôt pas mal commencé.

19h50, il pleut des cordes, des chats et des chiens, et je sors du métro à Porte de Pantin …

A 20h pétantes, c’est trempée comme une soupe que j’entre dans le Zénith de Paris. Entre deux dégoulinements intempestifs, et autres essorages de lunettes, c’est avec un beau tee shirt flambant neuf que je rallie la porte G et les gradins. 20h03, donc. Un groupe de jeunes chevelus, totalement survitaminés s’emploie à chauffer la grande salle du Zénith (amputée d’un sacré paquet de rangs, ai-je pu constater).

Au bout de la première chanson, I’m game. The Treatment – et bien … ça poutre des caribous nains d’alsace. Des rythmiques qui donnent envie de santer sur son siège, des soli de guitare propres et bien sentis, un batteur redoutablement efficace, et un chanteur aux beaux cheveux et à la voix qui sent déjà le rock and roll malgré l’apparente jeunesse (pas qu’apparente, mea culpa … ils ont 18 ans les choupis !). De la musique qui dépote, et un batteur au format puce qui bondit autant que l’animal. Un truc qui me touche toujours, c’est les gens qui sur scène ont l’air de prendre un pied monumental, et qui surtout se donnent à fond.
Plus qu’une bonne surprise, j’attends leur premier album avec beaucoup d’impatience, du coup ! (Et dans la série des bonnes découvertes Made in U.K., allez écouter un petit Skip The Use).

Une setlist approximative, et probablement incomplète (j’ai dû louper un ou deux morceaux en plus de ne pas avoir prêté une oreille attentive à l’annonce de toutes les chansons, fascinée par la cappilarité de tous les jolis garçons présents sur scène…) :
1. The Doctor
2. Road rocket (?)
3. Departed (où la salle donne de la voix sur le refrain « bang bang bang »)
4. Nothing To Lose (où la salle agite docilement les bras)
5. Way Of The World

20h26, The Testament quitte la scène, et une attaque absolument affreuse vient entamer l’ambiance. Pas une attaque de zombies, ni de sith, mais une bonne grosse vague de pub – balancée à fond les ballons et relayée par un écran géant sur le côté droit de la salle. Le genre de trucs qui pour moi plombe un peu le côté cool des concerts. Dans les anecdotes de fosse : un rassemblement de poilus, visiblement tout à fait ravis de se retrouver et qui ont levé le bras en criant moult joies, un tee-shirt « Machine Fucking Head », et un sosie d’Alice Cooper – canne et chapeau inclus. Un purée de grand drapeau / panneau est monté sur le devant de la scène : le sieur Cooper, avec un air fraichement sorti de terre, la main tendue, sur fond de cimetières et de serpents. Un petit côté Halloween fort à propos, j’ai trouvé.

21h01, les lumières s’éteignent et c’est le début des festivités !
Le grand drapeau est éclairé de spots clignotant de mille couleurs, donnant presque vie au visage menaçant qui … ou, pas. Au risque de vous endormir, je vais vous faire la version sans l’envolée lyrique, mon enthousiasme ayant décliné à petit feu tout au long de la soirée.
La tenture tombe, et le ton est donné. Ce sera grandiloquent ! Juché en haut d’une tour/balconnet/truc avec un escalier, Alice Cooper apparaît avec l’une des nombreuses vestes en cuir qu’il arborera ce soir, et qui à la lumière des spots rend son ombre semblable à celle d’une araignée. Derrière lui, perché sur une estrade, la batterie et bien caché derrière : le guitariste. Non, le batteur, s’cusez. Plus bas (sur la scène, donc), 3 guitaristes (2 mâles et une demoiselle blonde) et un bassiste à la stature imposante (grand, quoi) s’animent au fur et à mesure qu’Alice Cooper agite sa canne/fouet vers eux. Un petit coup de pyro dans les mains, le maître de cérémonie descend parmi les mortels et officie pendant une heure et demie.

A grand renforts d’épées, de cannes, de cravaches et autres accessoires, Alice Cooper va tantôt : adouber la foule, faire des signes de croix, lever les bras au ciel, jouer avec une béquille (le genre qu’on a sous les aisselles quand on est un mutilé de la guerre de 14), donner des dollars piqués sur une épée de mousquetaire aux premiers rangs enthousiastes de la fosse (sur la chanson « Billion Dollar Babies »), jouer avec des cannes, se promener avec un serpent de taille conséquente autour du cou pendant une chanson, jouer des maracas, poignarder un photographe (pour de faux, hein …), se faire décapiter (pour de faux aussi …), valser avec une poupée de femme, faire un tango avec la poupée, embrasser la poupée, faire des mouvements de bassin interdits aux moins de 18 ans avec la poupée, taper la tête de ses gratteux avec la poupée, revêtir une blouse blanche un tantinet ensanglantée et des gants mapa rouges, … et changer au bas mot une dizaine de fois de veste en cuir !
Tout un poème d’ailleurs, ces vestes… cloutées, avec des patches, surcloutées, taillées comme des costards, taillées comme des queues-de-pie, avec des fanfreluches, argentées, noires, rouges…et j’en passe ! De quoi faire rêver beaucoup de gens d’horizons différents. Ma préférée restera celle avec un énorme « NEW SONG » brodé dans le dos. Si mes calculs sont bons, trois galurins ont aussi fait partie de la tenue de lumière du môsieur.

Sur scène, c’est un show millimétré au dixième près qui se déroule tranquillement : les gratteux évoluent sur scène deux par deux comme des patineurs artistiques, et enchaînent les poses « photo de famille », un pied sur le machin prévu à cet effet sur le devant de la scène – mais au milieu pour que tout le monde puisse voir, tout de même. Les rares moments où j’ai eu l’impression qu’ils s’amusaient, c’était -paradoxalement, en théorie- quand ils ont eu chacun leur moment de gloire, et où ils ont tapé un petit solo / petit bout de solo pour certains.

Dans la salle, ça bougeait, mais pas tant que ça. Des bras qui bougent quand il faut, de vagues agitations par ci par là, je crois que le grand moment d’activité intense s’est résumé à renvoyer les ballons géants remplis de paillettes vers la scène sur « School’s Out » pour que le sieur Cooper puisse les éclater avec son épée. Dans les gradins, on s’approchait par endroits du stoïcisme – et c’est avec regret que je vous annonce que mes cervicales n’ont pas énormément gigoté ce soir.

Alice Cooper, c’était totalement un amour de jeunesse. Mes 14 ans, pour être précise. Je me souviens avoir écouté en boucle des trucs bien obscurs du monsieur (genre Welcome to Dragontown ou Dirty Diamonds un peu plus tard), et à l’époque ça me remuait la tripaille. En live ce soir, j’avais un peu perdu la flamme. L’âge sans doute. C’est surtout la pâteuse et désagréable impression d’avoir affaire non pas à un type là pour partager un truc, mais pour délivrer un show et s’amuser. Sauf erreur de ma part, à aucun moment il ne s’est adressé à la salle pour demander comment ça allait, gueuler des blagues ou autre.

Au demeurant, je n’ai rien contre les shows, mais je n’ai pas retrouvé un truc qui pour moi fait la différence entre un bon et un moyen concert (toute musique égale par ailleurs, là il n’y avait pas grand chose à en dire, puisque tout était réglé au poil de derrière du malin, et qui RIEN n’avait été laissé au hasard, jusqu’aux samples d’intro …) : l’osmose entre le public et le groupe. Dans le cas présent, parler de groupe ne me paraît pas spécialement approprié, au sens où tout est fait / présenté de telle façon à ce que les musiciens soient relégués au rang d’instruments 3.0 (ils marchent et ils font les back-up vocals, yay !). Mais au delà de ça, que je trouve un peu nouille (surtout que les soli de tout le monde m’ont confortée dans l’idée que non seulement ils étaient techniquement irréprochables, mais qu’en plus si on leur laissaient un peu de marge interprétative ils seraient foncièrement excellents. Je me dois de préciser qu’en général, les soli de batterie – ça me rase, et que là je suis restée scotchée par la dextérité du dude) j’ai été un peu déçue du manque d’envie que j’ai ressenti en regardant le concert ce soir.

J’avais peut-être des attentes un peu faussées par mes souvenirs enthousiastes de jeunesse, mais je suis sortie du Zénith à 22h36 pétantes avec un petit pincement au coeur, en me disant que non, c’était sympa (parce que oui, voir Alice Cooper faire le clown, c’est divertissant et bien ficelé, et oui, la musique était chouette – mais sans prise de risques terribles non plus) mais sans plus. Un concert sympathique, que je suis contente d’avoir fait avant que le monsieur ne passe l’arme à gauche (reste à déterminer si ça sera une épée ou une canne ou un fouet …), mais sans le petit plus qui me rend bondissante et euphorique au 300e degré.

Et voilà la setlist :

1. The Black Widow
2. Brutal Planet
3. I’m Eighteen
4. Under my Wheels
5. Billion Dollar Babies
6. No More Mr Nice Guy
7. Hey Stoopid
8. It’s My Body (en duo avec le serpent …)
9. Halo Of Flies
10. I’ll Bite Your Face Off
11. Muscle Of Love
12. Only Women Bleed
13. Cold Ethyl
14. Feed My Frankenstein
15. Clones (We’re all)
16. Poison
17. Wicked Young Man
18. I Love The Dead
19. School’s Out
Rappel : Elected (avec un très beau drapeau français…)

Publicités
One Comment leave one →
  1. 11 novembre 2011 16:22

    Je viens de le voir hier a Rennes , fabuleux là aussi !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :