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The Empty Tree

7 juin 2011

Ô, sainte Palme d’Or ! Ô, récompense suprême ! Quel film as-Tu sacré, que dis-je, sanctifié, par Ton jugement divin, pour le festival de Cannes 2011 ? Bon, ce n’est pas un scoop, vous savez déjà que l’heureux élu est The Tree of Life, de Terrence Malick. Poussé par la curiosité, et par le verdict de ce grand rendez-vous du cinéma, je me suis donc engouffré dans une salle obscure pour aller voir de quoi il retourne.

La scène d’ouverture nous annonce tout de suite la couleur : on ne va pas rigoler. Un facteur apporte une lettre à une femme qui tombe en larmes en la lisant. Son mari, lorsqu’elle le prévient, se décompose. Rapidement, on va apprendre que ce couple vient de perdre un de leurs enfants. A partir de là, on va vivre la tristesse de cette famille qui fait son deuil, à coup de plans sublimes et de phrases philosophiques. Petit à petit, ces paroles se font de moins en moins présentes, ce ne sont plus des personnages qui parlent, mais une simple voix-off sur des images qui défilent devant nos yeux ébahis (quoique déjà un peu perplexes). Au bout d’un moment, la voix s’efface, et nous laisse devant une succession d’images aussi belles qu’incompréhensibles, accompagnées simplement de musique. Au bout d’un moment je ne tenais plus, j’ai commencé à partir dans un fou rire et croyez-moi, je n’étais pas le seul ! Les rires se répondaient dans la salle, et quand est arrivée la scène avec les dinosaures (oui oui, vous avez bien lu, des dinosaures !), je pleurais, mais de rire. Comme quoi, lors de la scène d’ouverture, je me suis trompé.

Heureusement, après une dizaine de minutes (à vue de nez) du même acabit, le film repart. On revoit enfin des humains qui parlent (ouf !). Bon. On sèche les larmes et on essaye de rentrer dans le film. L’histoire reprend avant le décès de l’enfant, et raconte la vie de cette petite famille avant le drame. Un père extrêmement autoritaire, une mère douce et effacée, et trois garnements opprimés. Personnellement, j’ai trouvé le personnage de la mère pas crédible du tout : une mère de famille qui passe le plus clair de son temps pieds nus dans le jardin à jouer avec l’arrosage automatique, ou à caresser des papillons. Mouais. Bon. Mais à part ça, cette histoire intimiste est quand même touchante et, il faut le dire, les acteurs très très bons !

En parallèle, on suit par intermittence Sean Penn incarnant un des deux frères survivants, adulte. Globalement, son rôle se limite à se balader en costard dans le désert. Soit.

Mais l’histoire, je disais, est prenante, on se prend d’amitié pour ces trois garçons soumis à une éducation extrêmement dure. L’un d’eux est particulièrement mis en avant, on imagine que c’est lui qui va mourir. On commence à se demander ce qui a bien pu lui arriver. Mais, alors que le film touche à sa fin, ça repart comme au début. Une succession de scènes contemplatives et déconnectées du scénario. Et vlan, générique de fin.

Ah. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. A vrai dire, on n’est pas vraiment sûr non plus duquel des trois garçons il s’agit (et j’ai entendu des gens dans la salle demander « c’est lequel qui est mort ? » après le film). Et à supposer que ce soit celui qu’on a vu le plus à l’écran, Sean Penn, c’est lequel des deux autres ? Là encore, une question sans réponse.

The Tree of Life est donc un film extrêmement contemplatif (et pourtant ça ne me dérange pas forcément), qui m’a donné l’impression d’un film qui se filme le nombril. Les images sont très belles, OK. Mais quand on a l’impression de regarder un économiseur d’écran pendant dix minutes, c’est trop ! Dommage, le milieu du film était intéressant, et prenait la forme d’un film intimiste assez touchant. Mais malheureusement, c’est un film sans début ni fin. Je suis sorti en me demandant comment la palme d’or avait pu être décernée à ce film. Finalement, c’est ça la plus grande question sans réponse.

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2 commentaires leave one →
  1. 7 juin 2011 21:08

    « Mais quand on a l’impression de regarder un économiseur d’écran pendant dix minutes, c’est trop ! »

    lol :p

    J’adore quand les casse-couilles publient des articles sur des films que je n’ai pas vus, mais qui confirment tellement le préjugé que j’en ai, que je me dis, waouh, j’ai bien fait de pas y aller :p
    Merci Ofboir !

  2. vince permalink
    5 juillet 2011 22:46

    Ahahah ! Super chronique Ofboir.

    Bon ben je suis allé le voir aussi et je me suis dis grosso modo la meme chose que toi. Bien pénible quand meme. Pourtant j’aime bien les films chiants d’habitude, mais la non. Grosse déception, surtout que le dernier de Malick, la ligne rouge, m’avait vraiment retourné.

    Un truc dont tu as peu parlé c’est l’aspect religieux de la chose, qui est quand meme bien appuyé. Le concept ne me rebute pas par essence, mais pour le coup j’ai trouvé ca bien lourdingue (surtout a la fin quand ils marchent dans le sable, avec les especes d’anges, « Je te donne mon fils » etc… zzz)

    Enfin bref, je comprends pas trop ce que le jury lui a trouvé non plus…

    PS : Et puis oui, le personnage de la mere qui s’en lave les pieds est peu crédible, voire meme passablement agacant. J’en venais presque a encourager Brad Pitt intérieurement quand il a faillit lui en mettre une. Mais la encore déception 🙂

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