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Le ciné du samedi soir : La Conquête

28 mai 2011

Il y a une semaine, le festival de Cannes s’achevait… déjà… Pour mon plus grand désarroi, n’ayant pas eu le sentiment d’en profiter pleinement. Je crois que ce que je préfère avec le festival de Cannes c’est qu’on nous fasse rêver avec des films qui, le plus souvent, ne sont pas encore sortis en salle (excepté les trucs monstrueusement énormes du type Midnight in Paris  ou encore The Tree of Life). Moi aussi, j’ai décidé, à mon échelle, de fêter le cinéma en allant dépenser 5€ dans mon cinéma préféré. Je n’ai pas fait le choix d’un grand film (d’ailleurs ce n’est pas moi qui ait fait le choix… je suis trop fatigué pour prendre la moindre décision), c’est mon pote qui m’a dit un truc qui se raproche de près ou de loin à « allez zouh ! on va voir La Conquête ». N’étant pas contrariant et ne me fiant absolument pas à tout ce que peuvent dire les critiques, je suis parti plutôt confiant !

Dès la première minute du film j’ai éclaté de rire parce que le ton est tout de suite donné : un petit bonhomme, filmé de dos, monte des escaliers d’un pas boitillant et en roulant nerveusement des épaules. Rien d’extraordinaire dans cette scène soit, mais tout de même, le spectateur comprend qu’il va assister à une performance d’un point de vue du jeu d’acteur.

Denis Podalydès s’est investi entièrement, de tout son corps, de toute son âme dans ce personnage grotesque qu’est le Président Sarkozy. Les autres acteurs ne sont pas en reste : Samuel Labarthe nous joue un formidable et machiavélique Dominique De Villepin. Le couple Chirac apparaît tout aussi attachant et caricatural que dans les guignols de l’info grâce à Bernard Le Coq et à Michèle Moretti. J’aimerais détailler et vous dépeindre les petites caractéristiques de chacun mais ce film est véritablement riche et explique comment, durant le quinquennat de Chirac, Sarkozy s’est fait sa place, à tout prix, au Ministère des Finances, au Ministère de l’Intérieur ainsi qu’à l’UMP. Bien entendu, dans cette, conquête, on retrouve tous les personnages de nos petits écrans (anciennement hertziens…) : Cécilia Sarkozy (Florence Pernel), Claude Guéant (Hippolyte Girardot), Frédéric Lefebvre (Pierre Cassignard), Rachida Dati (Saida Jawad), Pierre Charon (Dominique Besnehard qui, on le sait largement, a soutenu et conseillé régulièrement Ségolène Royal. Il est donc cocasse de le retrouver dans ce rôle qui lui est, idéologiquement, opposé), Henri Guaino (Michel Bompoil), Jean-Louis Debré (Gérard Chaillou), ainsi que de nombreuses autres personnalités.

Au-delà du plaisir ou des lamentations qu’on peut avoir en revoyant, de manière scénarisée et jouée par des acteurs, des scènes tout aussi jouée par le personnage bien réel Sarkozy, il est intéressant de découvrir comment Xavier Durringer a pu imaginer les scènes d’intimités. En effet, ces scènes sont largement imaginées et ne retracent que partiellement la réalité on peut l’imaginer. Il semblerait toutefois que Sarkozy n’ait pas souhaité se confronter à cette fiction. A l’occasion du festival de Cannes Denis Podalydès racontait au fameux journaliste de France 2 qu’il avait eu l’occasion de rencontrer le Président. Ce dernier avait saisi l’occasion de demander à l’acteur s’ « il s’était amusé » (réponse : oui beaucoup), « quelle scène l’avait le plus marqué » et « quelle scène lui avait donné le plus de difficultés » (réponse : les scènes d’intimité). Au cours de l’entretien Sarkozy avait précisé à l’acteur qu’il ne préférait pas voir le film…

La Conquête est un film distrayant qui, comme Dans la peau de Jacques Chirac ou encore W., n’est pas un grand film et ne restera probablement pas dans les annales du cinéma. Ce film vaut le coup pour le jeu des acteurs. Les pro-Sarkozy découvriront un homme qui, comme tous les hommes, a ses faiblesses. Les anti-sarkozy seront confortés dans leur opinion face à cet homme impulsif, caractériel, ridicule.

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2 commentaires leave one →
  1. 28 mai 2011 08:26

    Je n’irai pas voir ce film parce que j’ai déjà assez de mal à supporter le vrai donc même si la performance des acteurs est à souligner , même si le film le film est distrayant je ne PEUX pas m’en rajouter une couche!!
    Maintenant , je dois dire que je suis contente de pouvoir enfin lire un nouvel article dans cuture’spub ..Chroniqueurs vos articles me manquent

  2. 28 mai 2011 17:44

    Je suis allée le voir dimanche soir, et je suis globalement d’accord avec toi, Stef ! Bravo à Denis Podalydès, excellent comédien (comme toujours, hein, j’ai pas attendu La Conquête pour le découvrir !), c’est la plus grande réussite du film.

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