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Festival Report : Paul Kalkbrenner special edito

3 mai 2011
Portrait de Paul Kalkbrenner

Paul Kalkbrenner – que j’appellerai simplement Paul par la suite – est un musicien issu du milieu électro Berlinois, et s’il est archi-connu outre Rhin, il tend à le devenir largement dans nos contrés. Il y a quelques mois c’était encore un parfait inconnu pour moi, avant qu’un pote vienne me dire « tiens faut que tu regardes ce film : Berlin Calling ». Bien m’en a pris de suivre ce conseil, car ce film fut pour moi une révélation, tant musicale que cinématographique… Et c’est un peu ce qui m’a poussé à venir au Printemps de Bourges cette année !

Le titre Berlin Calling est – vous l’aurez déviné – inspiré de l’album bien connu des Clash, London Calling. Sans certitude, j’imagine que c’est pour transposer l’image punk rock avant-gardiste des Clash à Londres, vers celle tout aussi novatrice de la techno de Kalkbrenner à Berlin. Passons au synopsis en quelques mots :
Ce film relate la vie de Martin, un artiste reconnu internationalement sous le nom de DJ Ickarus. Compositeur de musique électro, il enchaîne les « live » entre deux avions, et est accessoirement toxicomane à la dérive. Sa maison de disque refuse de publier son dernier album, elle attend mieux, sans compter qu’il est devenu de plus en plus difficile de travailler avec l’artiste. Ickarus se ferme socialement, rattrapé par des mésaventures de toxicomane, une longue descente à laquelle même la musique ne peut plus s’opposer.

Extrait d'une scène de Berlin Calling

L’acteur principal de ce film, c’est Paul, dans le rôle d’Ickarus. Très touchant, il joue avec une grande sincérité. Berlin Calling est une fiction, mais il faut dire que Paul y met tellement de sa personne que c’est plutôt une auto-fiction… Le réalisateur de la bande sonore, c’est aussi Paul ! Et c’est peut-être ce qui donne le plus d’âme à ce film, tant elle est touchante, profonde, dépressive par moments, explosive à d’autres.
Voici quelques extraits pour vous inviter à en découvrir plus :

J’aimais déjà beaucoup les films allemands (je pense surtout à die Welle/la Vague en écrivant cela), pour leur approche très concrète, modeste et réaliste des sujets abordés, et avec celui-ci je ne suis pas en reste. Ickarus nous montre son profond attachement avec la musique, sa symbiose que ce soit sur scène ou devant son PC pour composer. L’incompréhension de son art fait aussi sourire, on en a un exemple au cours du film avec le Docteur Petra Paul, qui en tant que Psychiatre est intimement persuadée qu’écouter une telle musique (titre : Castenets) est symptomatique d’un dérèglement psychique.
Paul n’en est pas à son premier coup d’essai lorsqu’il participe à l’élaboration de Berlin Calling, entre 2001 à 2006 il a sorti 6 albums : Zeit, Superimpose, Self, Maximalive, Reworks et Keule… Sans compter les EP ! A noter qu’il a aussi participé en 2010 au tournage de « A live documentary », un documentaire qui retrace ses pérégrinations sur scène, sa petite vie quoi.

© P.Bourges, Herve

Après vous avoir bien introduit le personnage, revenons-en à notre Printemps de Bourges ! Paul nous fait une entrée en matière grandiose, le rideau s’ouvre sur un véritable piédestal vidéo-éclairé, il salue son public avec un large sourire, le teint toujours aussi pâle, la mine fatiguée mais chaleureuse. Il a sur les épaules un t-shirt de l’équipe allemande de football, c’est son dada d’en porter de toutes les équipes du monde, sa marque de fabrique en somme.
Je crois qu’il a commencé son set par Absyinthe, et d’emblée ce que l’on constate, c’est que tous ses titres sont réadaptés, préparés pour le live. PK ne s’embarrasse pas de grand chose sur scène, des bouteilles d’eau, une petite table de mix, un PC (pardon, Mac, mais maintenant c’est pareil). Il utilise le logiciel Ableton pour composer (cf Berlin Calling), et ça s’entend quand il termine brutalement ses tracks, avec l’écho caractéristique qui persiste quelques secondes.

© P.Bourges, Herve

Le public acclame chaleureusement les titres les plus connus (Aaron, Azure, Sky and Sand) et on fait le plein de Watts. L’homme sur scène nous jette régulièrement des sourires, mais il est plutôt concentré sur ce qu’il fait, l’esprit perdu sur une autre planète en fait. Un instant il regarde derrière lui les effets vidéos (superbes), comme pour s’en inspirer, en pleine hallucination. Ouais, notre homme a l’air bien fébrile, et l’auto-fiction dont nous parlions plus haut n’est pas si loin de la réalité. En quittant la scène il se penche sur sa table pour saluer ses fans, le visage figé d’un sourire énigmatique.

Je regrette qu’il n’ait pas joué Gebrünn Gebrünn, ma préférée, mais j’espère me rattraper lors du festival Exit qui aura lieu prochainement à Novi Sad en Serbie, où il se produira au Danse Arena. Je vous tiendrai au courant de ça 😉

L’événement à ne pas manquer c’est la sortie de son prochain album ICKE WIEDER le 3 juin prochain, dont voici un aperçu très succinct. Je ne suis pour l’instant pas très convaincu mais ça donne une vague idée :

Après une soirée complètement folle, à s’être agités dans tous les sens, parachevée par le très bon son de notre ami Paul, il est temps d’aller reprendre des forces pour la looongue soirée du lendemain. On n’écoutera donc pas Agoria se produire au Phénix jusqu’à 5h du matin.

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2 commentaires leave one →
  1. Ofboir permalink
    7 mai 2011 14:36

    Tiens c’est marrant, la double révélation que tu as eu avec Berlin Calling et Paul Kalkbrenner, j’ai eu exactement la même avec Dancer in the Dark et Björk ! Du coup, même si c’est moins ma tasse de thé comme musique, il faudra quand même que je voie le film.

    Et en parlant de concert, tu vas pouvoir me donner ton avis (qui a l’air éclairé) sur une question que je me pose depuis un moment : pendant les concerts d’électro, ils font quoi les mecs sur leurs PC ? Je me demande ça chaque fois que je vois un concert comme ça. C’est marrant, j’ai beau apprécier la musique, j’ai toujours eu du mal à apprécier son interprétation en live en tant que telle, quand il n’y a pas de « vrai instrument ». Parce qu’un mec penché sur son PC, on voit pas ce qu’il fait. Il pourrait tout aussi bien refaire tout de A à Z en direct, ou alors juste cliquer sur play et attendre que le morceau soit fini. Je me doute bien que dans la pratique c’est quelque part entre ces deux extrêmes, mais justement, je ne sais pas où.
    Quitte à faire tout le concert penché sur un PC, ils pourraient au moins nous montrer ce qu’ils font sur un écran géant. En plus un truc comme Ableton Live c’est joli, ya plein de couleurs et de petits vu-mètres qui bougent dans tous les sens !
    Enfin, toi qui as l’air plus adepte que moi d’électro et de DJs, t’en penses quoi ?

  2. jokester permalink
    30 juin 2011 12:32

    Hey !
    Par curiosité je me suis regardé Dancing in the Dark, j’ai beaucoup aimé, merci ! Je connaissais déjà Björk, et si la chanteuse n’a pas été une révélation, l’actrice en revanche si ! Je me suis pris au jeu d’en visionner d’autres, dont Drawing Restraint 9, qui vaut son pesant de cacahuètes tellement il est étrange (j’ai même compris le japonais muet :p).

    Pour revenir au sujet et à ta question, ca dépend des artistes, certains vont prendre des risques en mixant en live, d’autres vont balancer leurs tubes en secouant la tête et bidouiller vaguement leur potentiomètres. Il y a une telle variété dans le domaine, qu’il n’y a pas de règle pour embrasser tous les usages.
    Je suis un peu comme toi, j’aime bien que la prouesse sonore vienne d’une prouesse scénique, et en électro on est parfois déçu :-/
    Avec Birdy nam nam par exemple, pas de risques de s’ennuyer, ils font du scratch et du mix en live, ils sont 4 à se renvoyer la balle, c’est donc sympa à voir.
    Avec les compositeurs d’électro qui jouent seuls, c’est plus délicat. Ils ont un peu le rôle du chef d’orchestre qui après avoir passé des nuits à composer, se retrouverait seul avec sa baguette face au public. Il y a des groupes qui sont meilleurs que d’autres là-dessus, je pense par exemple à Ez3kiel, ils instrumenalisent énormément leur musique, ils fouillent l’interprétation (ça peut même donner ça en orchestre : http://www.youtube.com/watch?v=VDa4G-vS4Tw) et j’apprécie infiniment plus l’effort. D’autant plus que leurs effets visuels sont bien plus esthétiques et au point que ceux de P.K. je trouve…
    Il faut sans doute encore un peu de temps pour avoir de la techno avec une bonne interprétation. Technologiquement il y a énormément de possibilités, il faut juste que des gens s’y penchent. J’imagine bien dans quelques années, qu’un mec réalise à lui seul le travail de tout un orchestre, en bougeant ses membres truffés de capteurs ! (spoil : article à venir peut-être). Et t’as raison, mettre en lumière le travail réalisé avec des vumètres ça serait déjà pas mal.
    Je suis pas fan de DJ’s, j’irai pas en voir un explicitement, à moins qu’il fasse du stratch, ou de la musique…

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