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Indémodables mousquetaires

8 avril 2011

En préparant un autre article pour le blog, je suis tombée sur une perle qui m’a rappelé toute ma jeunesse, et plutôt que de démonter la bande-annonce (c’est prévu, mais je garde le meilleur pour la fin, eh, pas folle la guêpe !), je me suis dit que c’était l’occasion de parler un peu du roman d’Alexandre Dumas et de ces différentes adaptations – celles qui m’ont marquées, en tout cas, car il y en a à la pelle et je ne les connais pas toutes…
Il faut le dire, Les trois mousquetaires, c’est une des principales références de mon imaginaire : un des livres que j’ai lus le plus souvent dans mes années de collège, et de nombreux films… plus ou moins réussis. Et visiblement je ne suis pas toute seule : depuis 1844, le succès des quatre aventuriers ne se dément pas, c’est fou. J’ai pensé à dire Cocorico ?

Les dessins animés

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’imagine, j’ai découvert Les trois mousquetaires à la télévision, probablement dans la version nippo-espagnole, celle avec les chiens. Mais si, vous savez. Celle-ci, là :

Rien que d’entendre le générique, je me sens toute guillerette. Honnêtement, je ne me rappelle pas très bien les détails, mais il y avait des animaux, des combats et de bons sentiments, et j’aimais bien. Oh, ça va, hein : on avait quoi ? Cinq ans ? (La page Wikipédia est indigente, mais bon…)

Mais il y avait aussi Sous le signe des mousquetaires, et là on entre déjà dans du bon délire (j’ai l’impression de parler comme Captain Sports Extrêmes, je vous prie de m’excuser). Je n’ai pas suivi très régulièrement, ma télé captait mal La Cinq à l’époque (c’était en 1989-90, je le sais parce que je me souviens avoir regardé dans la salle d’attente de l’hôpital à la naissance de ma sœur. J’étais en dernière année de maternelle. Voilà, comme ça vous savez tout). Je me souviens de mon désarroi : j’avais beau savoir que c’était du grand n’importe quoi, ça me plaisait beaucoup, et puis je ne supportais pas de n’avoir que des fragments de l’histoire.
Comment savais-je que c’était n’importe quoi ? Bonne question. Probablement à cause de l’autre, déjà. Et puis peut-être qu’un adulte me l’avait dit. J’avoue qu’à part le nom des personnages, ça n’avait pas grand chose à voir avec Dumas : le jeune d’Artagnan cherche un éléphant, histoire de prouver à tous ceux de son village qu’il n’est pas le dernier des blaireaux. True story. Aussi, Aramis est une fille qui veut venger sa famille, et il me semble qu’elle a une histoire avec Athos. Du grand, grand n’importe quoi, je vous dis. (Le générique et la page Wikipédia, pour les nostalgiques et les curieux.)

Comme c’était il y a longtemps et que je n’ai pas tout vu, je vais me garder d’émettre un jugement hâtif sur la qualité intrinsèque de cette version. J’en garde un bon souvenir, mais ça ne veut rien dire : une redécouverte tardive m’a remis les idées en place : Princesse Sarah, c’était vraiment tout pourri. Je pense surtout que son principal mérite fut de m’avoir donné envie de savoir de quoi il était question, en vrai, et donc de lire l’original.

Le roman

Je ne tenais pas encore la liste des livres que je lisais, à l’époque, je ne suis donc pas certaine de la date, mais je crois que j’étais en sixième quand j’ai lu Les trois mousquetaires pour la première fois. Mon premier livre d’aventure ? En tout cas mon premier roman de cape et d’épée, le premier d’une longue série, et sans doute l’un des tout meilleurs. Et mon tout premier Grand Amour Littéraire. Oh Athos… Un dépressif alcoolique qui a tué sa femme, j’ai fini par m’en rendre compte – ça m’a pris des années.
Parce que j’ai relu le roman il y a peu, et je me suis marrée du début à la fin : le tourbillon d’aventures, les héros héroïques de ma jeunesse, tout ça s’est effondré comme un château de cartes. Je me suis rendue compte que Dumas ne prenait pas tellement son intrigue au sérieux, qu’un héros de dix-huit ans n’est jamais qu’un autre grand couillon. Par ailleurs la chronologie n’a aucun sens, Constance rajeunit, devient blonde sans avoir recours à l’eau oxygénée. Bref, c’est n’importe quoi, ce qui ne diminue en rien l’incroyable souffle romanesque qui vous fait frénétiquement tourner les pages. Et qui continue visiblement d’inspirer le cinéma…

Les films

La première adaptation cinématographique date de 1912, et depuis, ça n’arrête pas. J’avoue un gros faible pour la version avec Gene Kelly (George Sydney, 1948) ou celle d’André Hunebelle où Bourvil incarne un Planchet très inspiré (1953). Pour la fidélité, si je me souviens bien, un bon point à Bernard Borderie (1961). Et si on ajoute les parodies, les suites, et tout, on ne s’en sort plus… Ah, Le masque de fer de sinistre mémoire (inspiré du dernier volume de la trilogie, Le vicomte de Bragelonne, déjà délicieusement tire-larmes sur le papier). Mouarf.

Et enfin, la dernière en date, prochainement sur nos écrans, que les dieux et les petits poissons nous aient en leur sainte garde. Le casting, déjà :
– Logan « J’ai volé la foudre de Zeus » Lerman dans le rôle de d’Artagnan ;
– Matthew « J’aurais mieux fait de rester au MI5 » Macfadyen : Athos ;
– Ray « Titus Pullo » Stevenson : Porthos ;
– Luke « Tout le monde me confond avec Orlando Bloom dans la bande-annonce » Evans : Aramis ;
– Milla « Je suis mariée au réalisateur et on en a eu marre de faire des Resident Evil » Jovovich : Milady de Winter.
– Orlando « Ils ne voulaient plus de moi dans Pirates des Caraïbes mais j’avais vraiment trop envie de me faire repousser la barbichette » Bloom : Buckingham ;
– Christoph « après m’avoir ignoré pendant 30 ans, il semblerait qu’Hollywood ne puisse plus se passer de moi et j’en profite » Waltz : Richelieu.
La bande-annonce, tout un poème :

À vrai dire, je n’arrive pas à me débarrasser d’un soupçon qui me fiche un peu la chair de poule : je ne crois qu’Alexandre Dumas aurait désapprouvé. Le film lui-même, ça reste à voir, mais en tout cas la bande-annonce traduit un certain sens de la démesure, qui était un peu la marque de fabrique du romancier. En tout cas, ça promet d’être au moins la bouse de l’année, un film tellement mauvais qu’il en devient énorme, et je crois que je ne vais pas pouvoir résister à cette tranche de rire !

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3 commentaires leave one →
  1. 8 avril 2011 07:48

    Ma Syracuse Cat d’amour, merci de me faire rire en arrivant au bureau, alors que je suis de mauvaise humeur : tu es la meilleure. Et Gene Kelly FTW.
    Cela dit, tu n’as pas cité Albert, le 5e mousquetaire, et ça, c’est mal.

    • 8 avril 2011 08:09

      Ah oui, tiens, c’est vrai : je voulais le faire, en plus. Je sais pas, ça m’est sorti de l’esprit en cours de route. Pour me faire pardonner (Désolée, la qualité est immonde, mais j’ai pas trouvé mieux.)

      • Iwayado permalink
        12 avril 2011 17:31

        Je t’avais dit!!! Albert aussi est une valeur sûre (même si je dois avouer que je préférais les chiens aux spaghettis…). On va aller le voir ce film, il le faut!

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