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Une histoire de chiffres

1 avril 2011

Ouais, pas top, hein ? Mais c'est tout ce qu'on nous a donné…

Ce qui est bien, avec Culture’s Pub, c’est qu’on reçoit des invitations pour des avant-premières et des projections presse (et oui, vos humbles serviteurs en ont bien de la chance !). Pas toujours évident de s’y rendre, encore moins de s’y rendre à plusieurs, d’une part parce qu’on est un peu occupés avec nos vies, les enfants, mais surtout parce qu’il est rare que les attachés de presse lâchent deux places. Mais là, grâce à nos fantastiques talents de persuasion (a) – ou parce que le film est vraiment dur à vendre (b)… nous avons réussi, Syracuse Cat et moi-même, comparses de toujours, à nous procurer deux places. Pour la bande-annonce, nous avons eu beau demander (on était prêtes à montrer nos seins, hein, mais l’attachée de presse n’avait pas l’air très intéressée), elle n’est pas encore disponible. Ce qui me fait penser que c’est peut-être grâce à l’option (b) qu’on a pu voir le film à deux… enfin, arrivons-en à l’objet de ce billet, au centre de nos attentions…

Bon alors c’est l’histoire de Derek Goodyear : Derek Goodyear a une vie sans histoire, c’est l’homme invisible du quotidien. Il est comptable. Et pas comptable Harry-Kennedy-oh-my-God-Richard-Armitage-épousez-moi, non (si vous ne comprenez pas cette phrase de Syracuse, c’est que vous n’avez pas vu le final de The Vicar of Dibley. Et ça, c’est grave – enfin surtout pour vous, parce que vous ratez une bonne tranche de rire. Lib, tu ne dis pas les choses clairement, aussi. Voilà ce dont je voulais parler. De rien, Mesdemoiselles, et Messieurs que ça intéressent. Petite joueuse.). Un complet gris, une grande conscience professionnelle, une femme à qui il a trop souvent oublié de dire « Je t’aime », pas d’enfants… Mais voilà, un jour, ou plutôt une nuit, Derek fait un rêve étrange, un rêve qui va changer sa vie. Et bientôt ce n’est plus seulement en rêve que les chiffres prennent vie : quel message recèlent-ils ?

La passion des chiffres jusqu’à la folie, ça vous dit quelque chose ? On pense d’abord à Un homme d’exception, bien sûr, même s’il s’agissait là d’un biopic sur la schizophrénie d’un Nobel d’économie. Non, finalement, on pense plutôt à Black Swan et à sa description hallucinée de la passion qui se change en descente aux enfers, au plus profond de la folie d’une étoile. D’ailleurs Hector Palanski, qui réalise-là son long-métrage pour le grand écran cite Aronofsky au nombre de ceux qui ont inspiré son cinéma, cinéma pour le moins… déconcertant. Parfois troublant, dérangeant, il frôle aussi le ridicule malgré une interprétation bouleversante de Rupert Graves dans le rôle principal (à la question : « Mais où diable ai-je bien pu voir cette tête ? » , ne cherchez pas la réponse c’est « Partout » pour peu que vous regardiez un minimum la télé britannique, Sherlock, Wallander, Ashes to Ashes, mais aussi V pour Vendetta.)

C’est clair que Rupert Graves, c’est quand même la plus belle réussite de ce film. Et ça n’était pas gagné d’avance : même si le personnage de Goodyear est attachant dans sa maladresse, dans son rapport au monde biaisé par ces chiffres qui envahissent son esprit, il est bourré, que dis-je, perclus de clichés, à un tel point que ça en devient risible, par moment… sauf qu’on est plus touchés qu’amusés, grâce à la subtilité, la finesse du jeu de Graves, qui apporte humanité à un personnage qui aurait vite pu sombrer dans le cliché de l’homme-robot. La scène où, dans un cauchemar effréné, il se retrouve candidat à l’équivalent anglais de l’émission Des Chiffres et des Lettres, désespéré parce qu’il résout toutes les équations avec brio, il perd la partie à cause des épreuves de lettres, est particulièrement réussie – contrairement à ce qu’on pourrait penser à la lecture de ce descriptif, je sais bien… Tout le talent de Graves éclate alors que son front perle de sueur, que ses mains se crispent et ses yeux s’affolent.

Si l’univers ne vise pas la fantaisie colorée mais la terrifiante banalité du quotidien qui se retourne comme l’archétype du citoyen lambda, les effets spécieux sont très réussis. Longtemps discrets, réduits au minimum, ils prennent toute leur dimension dans une séquence finale terrifiante où les chiffres s’agitent dans un tourbillon vertigineux qui va prendre la forme de ce père trop distant, trop dur et tant aimé malgré tout, pour enfin ouvrir les yeux de cet homme, si petit, qui a sacrifié sa vie sur l’autel rassurant des chiffres. (On dirait un gros spoil, mais je vous assure que ce n’est pas ça qui fait le film).

En revanche, un certain agacement m’a saisie à la fin du film, et je crois que Syracuse Cat partage mon avis : messieurs les réalisateurs, cessez de prendre vos films pour un divan de psy. Vos problèmes avec votre papa ne se résoudront pas parce que vous assommez vos spectateurs avec. Et même si c’est Michael Gambon (vous savez, Dumbledore) qui joue le papa dans les flashback qui hantent l’esprit dérangé de Derek, trop, c’est trop. En effet, n’est pas Tim Burton qui veut, et puis même dans Big Fish et Charlie…, c’était déjà limite. Bon, l’art ça sert d’abord à parler de soi, à faire le point… et à mettre des mots ou des images sur ce qui nous hantent tous. Mais la subtilité n’a jamais nuit à personne, mes petits cocos. Et puis moi je l’ai toujours dit, Tim Burton, so over rated.

Pour résumer, un premier film étonnant, entre absurde et sincérité. Un début certes prometteur mais pas indispensable.

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4 commentaires leave one →
  1. 4 avril 2011 08:34

    Soyez honnête : quelqu’un a lu cet article ???

    • 4 avril 2011 15:53

      Parce que bon, hein, on s’est donné la peine de se déplacer, de voir le film jusqu’au bout et en plus de vous faire une critique bicolore, ce qui n’est jamais facile parce que les couleurs sautent, et après il faut tout reprendre en html et tout…

      • 4 avril 2011 16:02

        Bande d’ingrats !

        (insulter son lecteur est productif, tout à fait…)

  2. Flora Lipo permalink
    4 avril 2011 17:43

    My friend April and I have also seen this film. I’l be the first, of April and me, to comment. We found it a little foolish.

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