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Episodes, ou la genèse de la médiocrité.

1 mars 2011

Ah une nouvelle petite série de derrière les fagots, ça commençait à faire longtemps, non ? J’ai trouvé les nouveautés de la saison 2010-2011 bien peu inspirantes, pas vous ? Si vraiment j’avais été consciencieuse, j’aurais jeté un coup d’œil à Boardwalk Empire qui a l’air d’être le seul truc qui vaille vaguement le coup. En tout cas la seule nouveauté récompensée aux Golden Globes (Meilleure Série Dramatique parce que, bon, récompenser Mad Men ça va bien une fois, deux fois, trois fois, mais au bout d’un moment, ça fait pas sérieux : on pourrait soupçonner les journalistes d’être un peu partiaux, et tout le monde sait que c’est pourtant pas le genre de la maison).

À vrai dire, je ne sais même plus comment j’ai entendu parler d’Episodes – croyez-le, croyez-le pas, je ne suis pas pendue à la fiche IMDb de Matt LeBlanc. Mais une collaboration BBC-câble américain, c’est souvent prometteur. En l’occurrence, avec HBO ils nous ont quand même sorti Rome et Les Tudors (dont Lien Rag a discuté les mérites respectifs, ou pas, d’ailleurs – je vous refais pas le topo) en attendant leur version du Trône de Fer de George « Not Your Bitch » Martin, très attendue par les fans du monde entier (ce serait pour avril, mes choupitous). Encore une fois, je m’égare. En plus on m’attend pour dîner et je suis en retard, là…

Hm, la bonne soupe. Miam miam. J’en étais où ? Ah oui. Episodes, c’est l’histoire d’un couple de scénaristes britanniques qui se font débaucher par un producteur américain pour refaire leur série de l’autre côté de l’Atlantique. On refait tout pareil, pas de souci, il s’agit juste d’aller passer six semaines sous le soleil de Californie tous frais payés : qu’est-ce qu’ils ont à perdre ? Episodes est à la télé ce qu’Entourage a pu être au cinéma, ou à la sitcom ce que 30 Rock est au show genre Saturday Night Live, c’est-à-dire un aperçu peu reluisant de ce qui se passe en coulisses. Ou comment la machine hollywoodienne transforme un projet tout à fait valable en brouet infâme.

En arrivant dans la Cité des Anges, Sean et Beverly Lincoln (Stephen Mangan et Tamsin Greig) déchantent très vite : en réalité, Merc, le producteur, n’a pas vu leur série, ne sait pas à quoi elle ressemble et il a une vision très relative et toute personnelle de ce qu’est l’engagement. D’ailleurs, il n’est jamais là, gère plusieurs projets concurrents et passe d’une lubie à l’autre avec un enthousiasme jamais démenti… ni sincère. L’équipe de production a plus à cœur de faire plaisir à leur patron pour garder leur job qu’à produire une série digne de ce nom. Et c’est ainsi qu’à la place de leur star britannique (Richard Griffith, aka l’Oncle Vernon – un acteur tout à fait sérieux qui a fait plein de choses éminemment respectables sur les planches, mais ça ne vous avance pas beaucoup), on leur impose… Matt LeBlanc, lui aussi déterminé à tout faire pour servir ses propres intérêts, à savoir se faire suffisamment d’argent pour ouvrir une chaîne de restaurant. Au milieu de ce petit monde obnubilé par leur nombril, leur quart d’heure de célébrité, leur poids et leur chèque, l’intégrité du couple d’auteurs va prendre un sacré coup dans l’aile.

Malgré quelques très bons moments de comédie, on ne peut pas dire qu’Episodes soit à se tordre. Cela dit la confrontation de l’intégrité coincée des Britanniques face à l’égoïsme décomplexé des Américains, sans être franchement nouvelle, reste assez jubilatoire, d’autant qu’elle n’est pas exempte d’auto-dérision. Par ailleurs, Matt Leblanc s’amuse comme un fou dans cette version fantasmée de sa propre vie.

Sans atteindre ni le sens de l’absurde, ni le sens critique de Tina Fey dans 30 Rock, cette série nous montre comment l’ambition intellectuelle et l’intégrité n’ont pas leur place à Hollywood : par peur d’avoir une opinion tranchée ou une idée nouvelle qui ne serait ni comprise ni acceptée, chacun pousse vers le milieu commun, c’est-à-dire la médiocrité la plus crasse. Une façon aussi pour la chaîne du câble de tirer à vue sur les networks ?^^ (Pour rappel, l’article de Toyboy sur ce sujet passionnant.) Autre avantage qui vous convaincra peut-être d’aller jeter un coup d’œil, le format : sept épisodes de 30 mn, une autre façon de clamer « Nous on dit ce qu’on a dire et quand on a fini, on se tait. Au diable les conventions et les formats imposés, nananère ! »

Bref une petite série amusante qui occupera un peu de votre temps libre en cette période de giboulées.

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One Comment leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    1 mars 2011 08:48

    Trollin en disait aussi du bien dans l’épisode 4 de Bazingcast. Si tu cherches des reviews de séries récentes, dans cet épisode 4 et le premier épisode, Trollin et Piouf font les review des nouvelles séries de fin2010 et début 2011.

    Comment ça pub honteuse ?
    En tous cas c’est cool de croiser les sources, c’est la prochaine série que je té.. attendrai avec impatience ^^ .

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