Skip to content

Tribulations d’un électricien au Kirghizstan

25 février 2011

Dans la catégorie « Et si on visitait… une destination improbable », je me surpasse, je crois, en vous présentant aujourd’hui un film kirghize. Vous avez bien lu. Ouais, à Culture’s Pub, on n’a peur de rien.

« Monsieur Lumière » (Svet-ake, c’est le titre original) est électricien dans un village du Kirghizstan, et il n’hésite pas à trafiquer les compteurs de ceux qui ne pourraient pas payer. Mais M. Lumière a un rêve : il voudrait installer des éoliennes pour fournir en électricité son village et toute la vallée. Un politicien va lui proposer son aide, mais notre héros va découvrir que tous les hommes ne sont pas aussi désintéressés et généreux que lui.

Soyons clair, le principal intérêt du film, a priori, c’est son étrangeté totale. Le Kirghizstan, sans rire… Et vous savez quoi ? Ça laisse rêveur. Bien sûr, la population vit dans la misère, mais dans ce pays niché au milieu des montagnes, l’eau est claire et le ciel d’un bleu limpide, les gens sont simples et beaux – enfin, pas tous. Naturellement, Aktan Arym Kuba nous livre sa vision du monde, mais si elle est franchement teintée d’optimiste, elle ne baigne dans une béatitude niaiseuse : tendres, généreux et pleins d’humour, ses personnages se révèlent aussi parfois pathétiques, veules, désenchantés.
Le paysage naturel est magnifique, certes, et la simplicité des habitations est mise en valeur, mais cela ne prétend pas cacher la misère de ce peuple qui a perdu l’essentiel de son revenu quand l’URSS s’est effondré. Néanmoins, ils n’ont pas renoncé à se battre pour leur dignité et pour la démocratie (même si aux dernières nouvelles, c’est pas super bien parti).

Il faut le dire, la langue kirghize et ses intonations plus proches des langues asiatiques que du russe (enfin, moi je trouve) n’aident pas à entrer dans le film. Et pourtant, ça marche. Parce que cette histoire d’un homme qui veut aider les autres ne s’applique pas qu’aux anciennes républiques soviétiques. Et aussi parce que, dans la cour de la maison, les petites filles kirghizes jouent à la marelle, et que les petits garçons ne savent pas descendre d’un arbre quand ils ont voulu voir de l’autre côté de la montagne.
Le voleur de lumière est un film délicat et profondément humaniste, souvent drôle. La mélancolie y est légère, jamais désabusée. La musique est magnifique, elle porte le film comme le vent qui souffle des montagnes et donne à tous les enfants du pays le désir de s’envoler. Elle contribue à donner au film cette force fraîche et simple qui fait son charme.

Un film à voir, et pas seulement pour l’exotisme.

Le voleur de lumière, un film d’Aktan Arym Kubat, Quinzaine des Réalisateurs – Cannes 2010, sortie le 2 mars.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :