Skip to content

Fuck the wild !

21 janvier 2011

Photo : Sabine Delcour

A l’origine, il y a un conte médiéval, l’histoire des jumeaux Valentin et Orson : l’un a grandi à la cour du roi, l’autre, enlevé par une ourse, a grandi dans la forêt. De ce conte, il ne reste plus grand chose dans Mister Monster, qu’une atmosphère onirique et surtout, le thème omniprésent du rapport entre la civilisation et la nature qui s’exprime dans un rapport presque bestial des comédiens avec le plateau, et fait de cette pièce un pur moment de poésie fantastique.

La relation entre le civilisé et le sauvage, entre la ville et la forêt, sous-tend toute l’oeuvre. Après un prologue en forme de conte de fées déformé, où tout n’est qu’exagération dans les costumes et les mimiques des comédies, le plateau se scinde en deux espaces distincts : le devant de la scène est recouvert d’un sol blanc, la lumière est forte, les personnages évoluent les uns à côté des autres dans le respect de conventions chuchotées, murmurées – très peu de mots dans l’univers de Mister Monster. L’arrière de la scène est l’espace dédié à la forêt : sombre, parcouru d’ombres frémissantes, le spectateur le devine plus qu’il ne le voit – jusqu’à ce que la forêt envahisse la ville, attire les personnages comme un irrésistible aimant.

Photo : Sabine Delcour

L’atmosphère est celle du conte de fées dans ses moments les plus sombres. Des bruitages, des éclats de rire, un lancinant air de violoncelle accompagnent le déroulement de la pièce en permanence, alors que la noirceur de la forêt est omniprésente, ne se fait jamais oublier. Au fond de ces ténèbres vit la bête, représentée par un homme gros et grand, à la crinière féline et aux grognements plus vrais que nature. Comme pour nous rappeler que les contes de fées ne sont pas seulement là pour rassurer les enfants, mais surtout pour leur faire prendre conscience des dangers de la vie – des dangers qu’ils portent en eux, car si la forêt ne disparaît jamais, c’est surtout l’attirance que les personnages ont pour elle qui les mène à leur perte.

Théâtre inspiré de contes, donc, mais surtout, théâtre physique, qui mêle danse et acrobatie, dans une chorégraphie qui rappelle l’improvisation, alors que la petite troupe sombre peu à peu dans la folie bestiale. Cela grogne, cela se trémousse, cela saute dans tous les sens pour rappeler aux spectateurs que l’énergie primaire, animale de l’homme, n’est jamais bien loin derrière les artifices polis des conventions.

Un curieux moment de théâtre, donc, qui nécessite que l’on s’y perde, pour être mieux entraîné dans cette forêt où se perdent les esprits. Grâce à une mise en scène à la fois irrévérencieuse et bondissante, jamais la sauvagerie ne devient obscène – au contraire, passée par le prisme de la représentation, la laideur elle-même devient beauté.

Renseignements pratiques :

Anomalie & Les Witotos
Écriture et mise en scène : Philippe Eustachon / Idée originale : Philippe Eustachon et Jean-Benoît Mollet / Créé et interprété par : Olivier Gauducheau, Cille Lansade, Chiharu Mamiya, Jambenoix Mollet, Jörg Müller, Pierre Palmi

Vendredi 21 et samedi 22 janvier à 20h45
Dimanche à 17h

Tarifs : tarif 20 ans ! : 5 € / tarif buissonnier : 8 € / tarif étudiant : 10 € / tarif réduit : 13 € / tarif plein : 20 €
Réservations au 01 64 62 77 77 ou sur le site du théâtre

La Ferme du Buisson
Scène nationale de Marne-la-Vallée
Allée de la Ferme – Noisiel
77448 Marne-la-Vallée Cedex 2
Accès : Noisiel, RER A, à 20 mn de Nation, dir. Marne-la-Vallée Chessy

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :