Skip to content

Transe forme : expo Moebius à la Fondation Cartier

6 janvier 2011

Il y a des expos, parfois, qu’il ne faut pas trop avoir loupé. Pas tellement parce que tout le monde l’a vue, donc instinct grégaire social oblige on s’y met aussi; mais parce que c’est Moebius. Je m’explique …
Les expos de Moebius, il y en a, il y en a eu, et en général, c’est cool !
Il y a quelques années, une expo réunissait les dessins de Moebius et ceux de Miyazaki, et c’est avec cette dernière que j’ai vraiment découvert Moebius.
La fondation Cartier a bon goût en matière d’artistes, et après l’expo Takeshi Kitano, c’est une autre pointure qui s’installe dans les murs de verre du boulevard Raspail.

Pour ceux qui comme moi il y a quelques années ne connaissaient Moebius que de nom, en quelques lignes, il a fait :
-Blueberry : le célèbre cowboy est le fruit de la collaboration entre Jean Giraud (a.k.a. Moebius) et Jean-Michel Charlier.
Dans cette série, on est plongés au pays des cowboys, ça sent l’alcool, le colt chaud, les bottes, les chevaux et le sexe (qui était un peu original pour l’époque aux débuts de Blueberry). Le dessin est détaillé, précis, et avec des planches qui s’approchent presque de la photo.
Je dois avouer que je n’ai pas dû la lire en entier, ou alors tellement dans le désordre que je ne me souviens plus de l’histoire, mais pour avoir un article complet – c’est auprès de Makuchu qu’il faut couiner ! 😉
-L’Incal : Des tomes produits par Moebius et scénarisés par Alexandro Jodorowsky, qui suivent les aventures du détective privé John Difool (JDF) et de l’incal (via ses deux éléments : l’incal noir et l’incal lumière). Pour ce qui est de l’univers, on est dans un futur imaginaire un chouillat moisi – une sorte de contre-utopie. Pour le dessin, on est loin de Blueberry : des couleurs moins vives, des traits plus épurés.
-Cinéma : Alien, Tron, Willow (!), le 5e élément… Dans la partie créa, devinez qui il y a ? 🙂
-Autres : Arzach, couvertures de bouquins, gravures, jeux vidéos, expos… Moebius ne chôme pas, et sa production est quand même franchement imposante.

Pour en finir avec cette intro, un peu longuette, certes, venons-en à l’expo.
Je ne sais pas si vous avez déjà mis un doigt de pied à la Fondation Cartier, mais il s’agit d’un sacré espace ! Non seulement, c’est grand, mais les énormes vitres en font un espace très lumineux, même quand il fait gris (comme quand j’y suis allée…;) ).
Avant même d’entrer dans la Fondation, on est déjà dans le thème de l’expo : la métamorphose. Une image énorme recouvre les gigantesques vitres et emmène déjà le visiteur dans l’univers de Moebius.
Dans la première salle, on retrouve une flopée de dessins, judicieusement alignés dans un chemin blanc, qui permet d’évoluer dans un bon carré qui passe d’une série d’autoportraits à Blueberry, en passant par Arzach, le major Gruber, à l’Incal. On peut donc découvrir tranquillement ces dessins, peintures, et autres courts métrages ! Ce que j’ai beaucoup apprécié dans cette première partie de l’exposition, c’est qu’au delà du côté purement virtuel, c’est que des petits hauts parleurs sont suspendus au quatre coins du chemin visuel. Et s’en dégage non pas de la musique, mais la douce voix de Moebius ! Ce dernier explique un peu plus en détail le concept de l’Incal, la figure de l’oiseau…etc.
Quand j’ai vu cette expo, c’était il y a déjà quelques mois, et c’était bien rempli. Donc avec le petit bruit de fond ambiant, on apprécie certainement un peu moins (ou on entend pas grand chose, au choix). Ceci dit, j’ai bien aimé la complémentarité des médias utilisés.


Les médias, parlons-en. Toutes les demi-heures, un film en 3D qui dure une dizaine de minutes environ démarre. La planète encore.
C’est avec les lunettes appropriées, un coussin humain confortable, et une trentaine d’autres personnes qu’on entre dans un monde de textures, de plantes, d’humanoides dissociés et de poésie. Chouettos, donc. Deuxième étape de la visite : check !

Au sous-sol, deux salles distinctes :

Dans la première, le retour de l’écran avec un documentaire sur Moebius et son travail. Assez marrant, bien construit, et qui permet de mieux cerner l’homme derrière les images. On revient un peu sur l’idée du titre de l’expo : transe forme. Même si je ne crois pas qu’on en cause dans ledit documentaire, vous aviez compris depuis longtemps que le jeu de mots n’est pas anodin. Après, je ne sais pas trop avec quelles drogues le monsieur expérimente.

Une autre grande salle présente une autre facette de l’œuvre de Moebius : au fond de la salle à droite, un bestiaire monstrueux et imaginaire; des images rétro-éclairées présentées presque comme un amas de cristaux habillent un centre de salle, sur le mur de gauche – d’immenses dessins, au fond – des images utilisées pour des films, un œuf en cristal, des paysages de l’Incal, un autre pan de mur est habillé par une série de dessins qui représentent un peu l’essence de la transe formation chez Moebius (l’éclosion !). Une salle bien remplie donc, qui met en perspective plusieurs facettes du travail de Moebius : les paysages se répondent, les personnages aussi et on appréhende mieux le changement et le concept de transe formation inhérente à l’œuvre du monsieur.

Pour terminer la visite, un petit tour à l’espace cadeaux ! Euh, pardon, la boutique. Si vous voulez vous le procurer, le bouquin de l’expo coûte la modique somme de 50 euros. Après, si vous êtes étudiants, ou que vous avez des enfants, ou que vous aimez juste le coloriage, un truc particulièrement chouette c’est le cahier de coloriages Moebius 😀
Il est particulièrement chouette, et ça fait très sérieux quand vous avez dépassé les 5 ans d’age physique. Dans la série des joies du merchandising, il y a aussi des magnets, des tee shirt, des crayons de couleur tout petits avec le dessin-phare de l’expo, etc.
Je dois avouer que je connaissais certes Moebius avant d’aller à l’exposition, mais pas sur le bout des doigts. J’ai visité l’exposition avec un connaisseur de la chose, qui a aussi apprécié l’expo (si je ne m’abuse !).

Pour les informations pratiques :
La fondation Cartier est installée au 261 Boulevard Raspail dans le 14e arrondissement à Paris.
Le tarif standard est à 8,5 euros; et le tarif réduit (étudiants et -25 ans !) à 5,5 euros.
Et l’expo dure jusqu’en mars 2011.
Par contre, l’inconvénient de la Fondation Cartier est qu’il n’y a pas de vestiaire. Donc ne prenez pas votre gros manteau de ski, ou alors amenez le sac à dos approprié pour la visite.

Publicités
10 commentaires leave one →
  1. 6 janvier 2011 13:25

    Comme souvent, les personnes qui lisent les articles ne vont pas jusqu’à laisser de commentaires sur le blog, voilà une réaction d’un individu calé sur le sujet ^^

    « Juste pour info, le film 3d, Planète encore, est une adaptation de la nouvelle graphique du même nom, et qui fait intervenir Stel et Atan, 2 personnages récurrents pendant une période de Moebius, et protagonistes principaux du Monde d’Edena, qui est en fait une série de bouquins, quoique plus courte, plus importante et représentative de son boulot que l’Incal, sans doute un des meilleurs travaux de Moebius d’ailleurs.
    Les grandes fresques qui étaient affichées au sous-sol sont tirés des rêves imbriqués du Major Gruber dans un des derniers albums (que j’ai acheté à l’expo 😛 ), et en fait une bonne partie de ce qu’il y avait au sous-sol est en rapport avec Gruber, qui est un peu l’exutoire de Moebius, puisque l’action se déroule dans les univers emboîtés du garage hermétique, où toutes ses folies sont permises, puisque centralisées autour du Major.
    et sinon, presque plus important que l’Incal, est pourtant terriblement restreinte, c’est la série d’Arzak, comme la Planète Encore, c’était avant tout une aventure graphique, sans dialogues
    Ah oui et aussi Moebius a été un des piliers de Metal Hurlant lors de la belle époque de cette revue. »

    Je me devais de vous faire partager ça 😉

  2. Zorro permalink
    6 janvier 2011 13:27

    C’est absolument faux, je n’ai jamais dit tout ça.
    Je m’insurge.

    • Lien Rag permalink*
      6 janvier 2011 14:08

      >ladygaga@bougetonboule.bitch
      être admin offre des joies insoupçonnées 😉

    • 6 janvier 2011 17:26

      Ben au moins, t’as commenté ^^

      • 6 janvier 2011 17:53

        Tu as vu cette stratégie de folie pour faire commenter nos lecteurs ? :p
        Je pense que la prochaine fois, si personne ne commente, je vais devoir me résigner à manger un chaton.

  3. Makuchu permalink
    7 janvier 2011 14:24

    Un article sur Blueberry ? ok, c’est noté :p
    (Mais vous avez le droit de me taper dessus pour le faire que dans, disons, 3 mois !)

  4. 10 janvier 2011 18:21

    C’est noté !
    J’ai visité l’expo, et je dois bien avoué que j’ai aimé… mais sans plus. C’est toujours le problème quand on s’attend à quelque chose de vraiment bien, et que c’est juste… bien.

    • 11 janvier 2011 09:46

      Ah ! Enfin 😉
      Pourquoi « sans plus » ? Tu n’as pas aimé le cahier de coloriages ?

  5. Makuchu permalink
    12 janvier 2011 08:25

    Je crois qu’en fait j’apprécie plus son style  » Blueberry » que « Moebius ». (Et pas de chance, l’expo est plus centrée sur Moebius, comme son nom l’indique…). J’aurais préféré colorié un western, en fait …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :