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Michel Leeb revisite la philharmonie

31 décembre 2010

La tradition familiale veut que, chaque année, mes proches et moi-même assistions à un spectacle – plutôt joyeux, sinon ça serait un peu raide pour la fin d’année… – . Cette année le spectacle choisi fut l’Hilarmonic Show de Michel Leeb au Théâtre Marigny. C’est donc par le soir glacé du 25 décembre que je me suis rendu dans ce charmant et chaleureux quartier du 8eme arrondissement.

Une chose qui reste un mystère pour moi dans les quartiers, genre 7ème, 8ème arrondissement & Cie : Pourquoi, en dehors des Champs Elysées, indécemment décorés, les autres rues sont d’une tristesseeeee sans nom ! On dirait qu’elles sont laissées à l’abandon ! Peut-être ce quartier, qui doit disposer de moyens correspondant au PIB de tous les pays en voie de développement du monde réunis, considère-t-il l’Avenue Marigny – longeant tout de même l’Elysée – comme une allée secondaire ? A défaut de décorer l’Avenue, on pourrait quand même l’éclairer, non ?…

Bref… Après cet intermède de parisien râleur et revendicateur, revenons à nos moutons et installons-nous dans les fauteuils du Théâtre Marigny à propos desquels j’aurais beaucoup à dire aussi (« Outch ! Mon dos ! » « Eeeeh c’est normal que je m’enfonce dans des sables mouvants ?? » « Nan nan c’est juste ton fauteuil qui est défoncé… »)…

Le rideau se lève et le spectacle s’ouvre sur un orchestre philarmonique en pleine représentation de La Chauve Souris de Johann Strauss. Bizarrement, pas de Michel Leeb à l’horizon… Pourtant, un instant plus tard, un guignol de violoniste en retard, coiffé d’un bonnet de Noël de circonstances, se précipite sur scène et gagne gauchement sa place. Michel Leeb est en scène ; il s’installe bruyamment, se mouche, dérange ses voisins musiciens et se fait réprimander par le chef d’orchestre – Cyril Diederich – qui, excédé, sort de scène.

A partir de là, l’Hilarmonic show commence véritablement. On sent que Michel Leeb s’éclate à jouer avec cette formation musicale.

Le spectacle se divise en plusieurs parties. Il débute avec la découverte du pouvoir de la fameuse baguette de chef d’orchestre. Cette baguette accorde un pouvoir quasi mégalomaniaque au chef, face à un orchestre qui, pour assurer sa cohésion, suit les directives – parfois absurdes quand elles sont de Michel Leeb – du chef d’orchestre.

Pourquoi une seule baguette et pas plusieurs baguettes ? Essayer d’imaginer, d’un point de vue interculturel, les différentes manières de diriger un orchestre. L’exemple du chef d’orchestre japonais est assez hilarant, avec Michel Leeb qui se met à pousser des cris de samouraïs, à prendre des poses de ninja, à beugler sur ses musiciens (tel le patron d’Amelie dans Stupeur et tremblement) et aussi à jouer du fait d’avoir deux baguettes (bah oui… En Asie, on a deux baguettes…) et de diriger l’orchestre de deux manières différentes en même temps.

Bien entendu, une partie du spectacle est centré sur ceux qui amènent les sous… Le public ! Ben oui, nous aussi on veut notre heure de gloire. Michel Leeb, nous enseigne quelques bases (vraiment des bases, ça va pas bien loin…) musicales en demandant aux différentes parties de la salle de reprendre des tons indiqués par le premier violon. Ensuite, Michel fait monter sur scène trois personnes du public : je m’attendais à ce qu’il leur demande quelque chose d’originale. En fait, ils ont tout simplement dû reprendre individuellement l’exercice que la salle avait fait de manière collective juste auparavant.

Une des dernières parties du spectacle est assez drôle, et c’est là que les talents – notamment de mime et d’imitateur – de Michel Leeb se révèlent le plus évidents : il parodie de manière à la fois imagée et réaliste différents types de chefs d’orchestre imaginaire : le chef d’orchestre imbu de lui-même (il ne regarde pas l’orchestre, mais se tord le cou pour afficher un sourire niais et « colgatien » au public), le chef d’orchestre timide (tout courbé, qui tourne la tête pour ne surtout jamais voir le public), le chef d’orchestre autoritaire (à peine les musiciens donnent-ils la première note que le chef d’orchestre les interrompt, les fait reprendre, et ce de manière maladive et répétée !), le chef d’orchestre efféminé (à la Chouchou…), le chef d’orchestre centenairequidevraitprendresaretraite (Leeb fait le papi au dos tout courbé, qui ne voit ni la scène ni les musiciens et qui peine à marcher !).

L’hilarmonique show de Michel Leeb nous fait passer un agréable moment ! Monter un spectacle avec un orchestre philarmonique apparait comme une gageure, une expérience originale et plutôt réussie notamment par le fait que l’humoriste accorde la part de gloire qui lui revient à l’orchestre ! Hommage est rendu aux grands noms de la musique : Mozart, Beethoven, Schubert et beaucoup d’autres ! On regrettera, comme souvent, que le public parisien soit aussi coinços et prout-prout-je-rigole-surtout-pas… Je sais pas ; ça me désespère ça, on passe une bonne soirée, on se marre, et on dirait que le public assiste à un enterrement… Une critique cependant et spécifiquement sur le spectacle : Une grande partie des blagues, tours, mimes de Michel Leeb et présentés dans ce spectacle sont en fait déjà connus… Il s’agit ici d’une compilation de certains sketchs de M. Leeb qui ont été incorporés à ce spectacle. La dimension « création originale » dans l’humour est relativement limitée et les amateurs de Michel Leeb s’en verront désappointés…

Théâtre Marigny :
jusqu’au 2 janvier
Tournée en France :
Janvier – Février
Théâtre Comédia – 75010 :
A partir du 8 mars 2011 pour 20 réprésentations
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3 commentaires leave one →
  1. 31 décembre 2010 11:05

    C’était dans laquelle des deux salles du Marigny ? La grande ? Parce que je me souviens avoir assisté à la Tempête de Shakespeare dans cette salle au printemps dernier, pour la modique somme de 50 boules quand même, et j’étais placée de telle manière qu’un tiers de la scène était planqué derrière la rambarde du balcon. Un peu raide, ouais…

    Mais râlerie à part, chouette article, Stef, ça a l’air très sympa (même si un peu réchauffé d’après toi 😉 )

    • stef808 permalink
      31 décembre 2010 15:52

      Voilaaaa « réchauffé » – pour certaines facettes du spectacle – est le bon terme ! A que serais-je sans toi Lib ? 😉
      Euh quelle salle de Marigny ? Ben je sais pas… Celle du bas, donc je suppose la grande ? Effectivement c’est cher, mais là on voyait bien…

  2. 4 avril 2011 16:13

    Vu, finalement, au Théâtre Comédia, boulevard de Strasbourg (point de tristesse dans ce quartier parisien), et je rejoins ta critique, Stef ! C’est marrant, mais rien de bien nouveau. J’ai bien aimé La Truite de Schubert, à la fin (mais d’après ce que je lis dans ta critique et ce que j’ai vu, j’ai l’impression que le spectacle change aussi au gré des humeurs de Michel Leeb !!).

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