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Un clown venu du froid…

28 décembre 2010


Un petit clown jaune perdu dans un monde onirique, entre banquise et nuage, où trains et bateaux offrent des promesses de voyage et d’horizons jamais atteints… Six grands clowns verts aux chapkas en forme de grandes oreilles un peu niaises, grands échalas qui peuplent cet univers étrange et inspirent le rire aussi bien qu’un peu de frayeur. Féerique et insolent, grandiose et poétique, le Slava’s Snowshow, qui tourne dans le monde entier depuis 15 ans, débarque à la Ferme du Buisson, dans le cadre du festival Dépayz’arts, organisé par le Conseil général de Seine-et-Marne. Un bien joli moment qui ravit petits et grands.

Slava Polunin, père du Slava’s Snowshow, est russe, et c’est un univers venu froid qu’il installe sur le plateau. Alors que le public entre dans la salle, le sol est jonché de flocons de neige, la scène est entourée d’un décor bleu nuit où percent les étoiles. Les spots éclairent la salle d’une lumière bleu orangé, une musique d’ambiance crée déjà l’atmosphère du spectacle tandis que les spectateurs s’installent dans le monde de Slava alors qu’ils prennent place. Les lumières s’éteignent, le plateau s’éclaire – tout peut commencer.

Le héros du Slava’s Snowshow, c’est Slava lui-même, le petit clown jaune aux pantoufles rouges. Arrivé sur scène, il fait un noeud au bout d’une corde, créant immédiatement l’ambiguïté entre son statut de clown et l’état d’esprit du spectacle. Alors qu’il tire sur la corde pour en attraper l’autre bout, il tombe sur un clown vert, qui a lui aussi noué son bout de corde. Oreilles démesurées, accordéons surréalistes qui rapetissent sur eux-mêmes pour mieux toucher terre, avant de s’étirer pour atteindre les étoiles – ces clowns verts sont six, encadrant le petit clown jaune de leurs silhouettes dégingandées. Pas de dialogues, pas de paroles : tout est sur le mode du mime, de la pantomime, en digne héritier du mime Marceau et des clowns de cirque. Ces clowns-là font rire, bien sûr, mais ils sont avant tout là pour faire rêver, alors qu’ils évoluent dans un monde digne des plus beaux rêves d’enfants, faits de gros flocons de neige et d’immenses ballons colorés.

Les tableaux s’enchaînent et installent le rêve de Slava, si bien que finalement, ce ne sont pas les passages de pure comédie qui paraissent le mieux réussis : s’ils amusent la salle – comme cet extraordinaire entracte où les clowns verts envahissent les gradins, escaladant le public pour lui piquer des bouteilles d’eau dont ils déversent le contenu un peu partout, allant jusqu’à kidnapper certains spectateurs et les poursuivre jusque dans les coulisses – ce sont surtout les moments de poésie qui restent dans les mémoires. Magnifique scène où Slava, valise bouclée, appelé par le sifflet d’un train, entame une danse mélancolique avec un porte-manteau habillé d’un pardessus et d’un chapeau : image émouvante d’une séparation pleine de retenue et de tristesse.

Si la construction dramaturgique qui mène de cette scène si touchante à la tempête de neige finale, remarquable par sa puissance et par la beauté des effets spéciaux, l’ensemble semble cependant manquer de cohérence et d’un véritable fil conducteur qui lierait véritablement les tableaux entre eux. Comme si, voulant toucher à l’universalité, Slava avait privilégié les grosses ficelles pour négliger une approche plus fine de son histoire de clowns. De même, le choix de la bande sonore, s’il permet aux spectateurs de s’y retrouver, semble parfois un peu facile : de la sonate « Clairde Lune » de Beethoven aux choeurs de Carmina Burana, en passant par  le Concerto de Aranjuez, de Rodrigo, ou encore un peu de Vangelis. (BO complète ici, pour ceux que ça intéresse).

Le spectacle se finit par un lâcher d’immenses ballons colorés dans le public, alors que les flocons de la tempête de neige ne sont pas encore retombés. L’ambiance tourne au jeu, tandis que les adultes s’amusent autant que les enfants. Un bien joli moment de magie – d’autant plus savoureux que les représentations du 27 au 31 décembre à la Ferme du Buisson sont offertes par le Conseil Général de Seine-et-Marne. Pourquoi s’en priver ??

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One Comment leave one →
  1. stef808 permalink
    31 décembre 2010 11:57

    Pour les flemmards et les papis qui vivent dans des cavernes, diffusion du spectacle (il me semble) ce soir 31/12 sur Arte 🙂 Bon réveillon à tous !

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