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Lennon, enfant de nulle part

15 décembre 2010

Je vais commencer par un petit blasphème, ça fait toujours chic : je ne suis pas fan des Beatles. Je n’ai pas reçu leurs chansons en héritage : j’en connais quelques unes, forcément, mais je ne leur attribue pas toujours ce qui leur est dû, je ne connais pas les paroles à part les refrains les plus fameux. Bien sûr, je vois à peu près leur tête, ce qu’ils ont fait et je reconnais la place incontestable que leur musique occupe dans la culture contemporaine internationale. Et puis y a pas à dire, c’est tout à fait plaisant à écouter. Mais j’ignore à peu près tout de leur histoire, de leur univers. Comme je regarde pas mal la télé, je suis au courant qu’on a fêté les trente ans de la mort de Lennon il n’y a pas longtemps. Lennon, un chevelu à lunettes qui aimait bien rester au lit avec sa femme japonaise que tout le monde déteste…
Bref, tout ça pour dire que je suis allée voir Nowhere Boy pour des raisons uniquement cinématographiques – et aussi pour entendre un peu d’accent anglais, en ce moment je ne vois que des films français, c’est fou (cocorico !).

Liverpool, swinging sixties : John vit chez sa tante Mimi, il va au lycée, chambre ses potes et drague les filles avec finesse et poésie… not. Mais à l’enterrement de son oncle, il revoit sa mère pour la première fois depuis des années : il va reprendre contact, apprendre à la connaître ; elle va lui apprendre les joies du rock’n’roll… Ce qui n’est pas du goût de la tante Mimi. Mais John va monter un groupe, puis un autre, puis rencontrer Paul, et George.
Que son nom de famille soit Lennon n’est qu’un vernis charmant mais accessoire, ce n’est que la promesse d’ambitions atteintes, la confirmation que oui, John est bien un génie qui va laisser une empreinte durable dans la société. Mais ce n’est vraiment pas l’objet du film.
Nowhere Boy, c’est surtout l’histoire d’un garçon un peu perdu entre deux figures maternelles qui font de leur mieux pour l’aimer, chacune à sa manière et sans que l’une soit forcément meilleure que l’autre. Mimi (Kristin Scott Thomas, excellente, comme d’hab’) est aussi froide et raisonnable que Julia (Anne-Marie Duff, Mrs James McAvoy – je la déteste un peu) est chaleureuse et fantasque… mais on peut compter sur Mimi. Paumé, à vif, John est un ado que l’art (dessin, poésie, musique) va aider à grandir, à trouver sa place dans le monde. L’importance de cette place n’est qu’anecdotique en comparaison de ce que ce message a d’universel : l’art nous offre la possibilité d’être meilleur.

Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas un grand film. Mais c’est plutôt sympa, surtout si on a faible pour l’accent du nord de l’Angleterre : l’ambiance est chouette (on pense un peu à Une Éducation mais en plus populaire, plus rock), les acteurs sont très bons. John est joué par Aaron Johnson, vu dans Kickass, méconnaissable : ce film n’est pas un biopic, et on ne peut pas dire que Johnson est John Lennon, parce que ce n’est pas le propos. En revanche, il incarne parfaitement cet ado insolent, à la fois tourmenté et sûr de lui. Et Thomas Sangster (Love Actually) est tout choupi dans le rôle de Paul. (En revanche, fans de George, soyez prévenus, on le voit à peine.)
De l’humour, de la tendresse, de la musique, bref, pas besoin d’être un inconditionnel de Lennon pour apprécier Nowhere Boy. À voir si l’occasion se présente.

Nowhere Boy, un film de Sam Taylor-Wood, avec Aaron Johnson, Kristin Scott Thomas.

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One Comment leave one →
  1. Iwayado permalink
    16 décembre 2010 20:50

    Je proteste! A cause de toi J’ai Nowhere Man dans la tête maintenant^^

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