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Le presque grand Amour

11 décembre 2010

Il faut que je vous avoue un truc. J’ai un très gros a priori contre le théâtre. D’après ce que j’en vois à la télé, les comiques sont assez pourris sur scène, quant aux pièces, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Et pourtant, là, alors qu’on nous avait offert deux places pour aller voir Le presque grand amour, eh bien je me suis bien marré. Voire, je vous invite à y aller !

Le pitch : Rémi et Nathalie sont deux célibataires irrécupérables, jusqu’à ce que Cupidon et Valentin s’occupent de leur cas pour leur envoyer le partenaire idéal. Évidemment, l’idéal, ça ne convient à personne. Oui c’est simple et court, mais la pièce ne dure qu’une heure et demi alors je ne vais pas tout vous révéler.

Chacun des deux acteurs, Foudil Kaibou, aussi vu dans Couscous au lardons (un Il reste du jambon?, mais réussi), et Sandra Gabriel,  qu’il me semblait bien avoir vu quelque part, chacun des deux acteurs donc va interpréter plusieurs rôles, un célibataire, un génie et un partenaire idéal.

Si le spectacle commence gentiment (et finit gentiment, aussi, la chute n’est pas exceptionnelle) – caricature de mec qui aime le foot et qui ne pense qu’à baiser, puis caricature de fille idéale, nécessairement conne dans l’esprit d’un gars – on s’éloigne très vite pour rentrer dans la subtilité et le rire franc, même pour un gros sceptique comme moi. Déjà, ici et là, des blagues sur le pouvoir sont saupoudrées l’air de rien. Vous pouvez penser que c’est facile parce que tout le monde le déteste, mais mine de rien c’est souvent subtil et ça rend la pièce un peu plus intéressante qu’un simple « ils s’aiment ».

Ensuite, le personnage de Tristan est juste génial. Dans ce rôle, Foudil est un Jean Dujardin : séducteur à l’eccès, incapable de mener une discussion sérieuse, juste hilarant. Lorsque Nathalie l’appelle pour avoir une discussion sérieuse et qu’il arrive en moonwalk « regarde chérie, je peux le faire dans l’autre sens aussi », toute la salle est pliée : c’est déjà drôle, mais on a tous connu des gens avec qui il était impossible de parler à cause de pitreries. C’est d’ailleurs dans ces scènes que Sandra peut se lâcher avec des répliques bien cinglantes.

Enfin, une fois la pièce lancée, l’interaction avec le public, les improvisations, la complicité des comédiens sont autant de coulis de cerises sur le gâteau. N’attendez pas d’aide en cas d’oubli de texte d’un des comédiens, mais des vannes biens senties. Les fous-rires des comédiens sont nombreux, et c’est agréable car on sent que la pièce vit.

Après, ça reste 25€ pour 1h30 de spectacle, avec les transports pour les banlieusards : ma critique principale contre le théâtre tient toujours. Mais bon parfois ça peut valoir le coup.

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3 commentaires leave one →
  1. 11 décembre 2010 13:10

    « Après, ça reste 25€ pour 1h30 de spectacle, avec les transports pour les banlieusards »

    Je suis d’accord, le théâtre, ça n’est pas facilement accessible (je suis allée voir une pièce hier, ma place coûtait 109€, sans invitation je ne pourrais pas me le permettre, c’est sûr).

    Mais c’est un serpent qui se mord la queue : chaque fois, je me souviens qu’il y des vrais gens sur la scène (et la majorité ne demande pas le cachet de Patrick Bruel ou de Johnny), dans les coulisses, au dessus et en dessous du plateau pour que tout cela fonctionne, et ce à chaque représentation pendant 1, 2 mois, voire plus, et la main d’œuvre, qu’elle soit artistique ou technique, coûte toujours cher.
    Il faut quand même garder une chose à l’esprit : quoiqu’il arrive, les places sont vendues à perte, ce sont les subventions (même pour le privé, hein, faut pas croire), les mécènes et les partenariats publicitaires qui permettent au théâtre de garder la tête hors de l’eau.

    C’est un vrai problème (pour ceux que ça intéresse, bien sûr), et il est loin d’être résolu.

  2. Lien Rag permalink*
    15 décembre 2010 10:31

    Ah, oui, c’est un point intéressant que tu soulèves là.

    • 15 décembre 2010 14:32

      Cela dit, si ça t’intéresse de voir des spectacles de qualité et gratuitement, il y a le festival Dépayz’art, financé par le Conseil Général de Seine-et-Marne, pour les fêtes de fin d’années : http://www.depayzarts.com/
      C’est payé par nos impôts, faut pas leurrer, mais je trouve que c’est une excellente initiative pour permettre à tous de faire des choses sympas pendant les vacances, même si le budget est un peu serré.

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