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Lester Young Pres and Teddy

15 novembre 2010

Comment évoquer quelque chose d’aussi intangible que le « génie ». Terme dont notre époque use et abuse sans discernement. Ne comptez pas sur moi pour une définition d’un terme autant galvaudé et aussi « casse couille » ! Par contre la sensibilité et l’universalité de certains musiciens permettent quand même à l’auditeur attentif de trier comme on dit, le grain de l’ivraie. Et pas besoin d’être un mélomane averti pour cela. Curiosité, ouverture d’esprit et exigence devraient suffire !  Mais trêve de bavardage, il est grand temps d’entrer dans le vif du sujet !

Lester Young, qui fut le compagnon de route et d’infortune de la chanteuse Billie Holliday, a su, comme elle, transformer son mal être, son désespoir, en swing : elle avec sa voix, lui avec son saxophone. Alchimie magique qui renforce  l’émotion délivrée par leur musique. (Ecoutez « Strange fruits » de Billie Holliday, une des plus belles chansons de tous les temps! )

 

Mais revenons à nos moutons avec ce disque enregistré par Lester Young en 1956, soit trois ans avant sa mort. Les puristes vous diront que techniquement le « Prez » (« Prez » pour président, surnom que lui avait donné d’autres musiciens, usage fréquent dans les milieux du jazz et du blues), n’est plus ce qu’il a été. Et même si la boisson et ses tendances dépressives de plus en plus envahissantes ne lui permettent plus une maîtrise technique parfaite, il compensera cet état par une inspiration, une sonorité sans équivalent 

Les  interventions « classiques » du pianiste Teddy Wilson et des autres musiciens, tout en finesse et en swing, permettent au Prez d’exprimer son jeu aérien, voilé, empreint de légèreté, de fragilité et de gravité, loin de toute vélocité gratuite.

Musicalité de tout instant qui transfigure l’ensemble des standards de ce disque et les rendent si poignants. 

Musicien d’une extrême sensibilité à l’influence considérable, Lester Young s’éteindra en 1959 à l’âge de 49 ans. Quelques mois plus tard, à 44 ans Billie Holliday, elle aussi, disparaîtra. Il est des signes du destin qui ne trompent pas !

Pour conclure je dirais que la beauté d’une telle musique devrait pouvoir émouvoir tout être humain en possession d’un cerveau et de deux oreilles !!! A bon entendeur, salut !

Musiciens :

Lester Young: Saxophone
Teddy Wilson: Piano
Gene Raney: Contrebasse
Phily Jo Jones : Batterie

Morceaux:

1 All of me (5’06) – 2 Prisoner of love (7’35) – 3 Louise (5’13) – 4 Pres return(6’17) – 5 Love me or leave me (6’46) – 6 Taking a chance on love (5’06)_7 Love is here to stay (6’26)

Méritent le détour:

The Kansas City Sessions (1938) / The Complete Lester Young on Keynote (1943-1944) / The Complete Aladdin Recordings of Lester Young (1942-1947) / With the Oscar Peterson Trio (1952) / Lester Young in Washington D.C. (1956) / Jazz in Paris: Le Dernier Message De Lester Young (1959)

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2 commentaires leave one →
  1. 15 novembre 2010 07:30

    Pour ton retour ,tu signes là un bien agréable article auditif!Les extraits sont magnifiques et la voix de Billy Holiday ne peut laisser indifférent.Quant à Lestyer young….on a le frisson en l’écoutant.Il mérite bien son surnom; c’est le roi du saxo!

  2. 15 novembre 2010 22:33

    Je reconnais préférer Ella Fitzgerald à Billie Holiday… mais quand même

    wow

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