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Deux cordes pour le prix d’une !

8 novembre 2010

Le week end, vendredi soir, avait pourtant sympathiquement débuté… Un week end à base d’ambiance et de saveurs ensoleillées : pizzas, cacahuètes, pistaches, porto… Et tout ça dans un des fameux lofts parisiens où Culture’s Pub a ses entrées ! Et tout s’est dégradé… Samedi matin : pluie, samedi après-midi : pluie, dimanche matin : pluie… Dimanche après-midi : re-pluie… Bien entendu, avec un temps comme ça, on n’écoute pas du Lady Caca mais plutot du Jacques Brel… Au cinéma, on ne va pas voir Il reste du Jambon ? ni même Jackass 3D mais plutôt Biutiful ou Buried histoire de bien s’achever ! Au passage… On se demandera pourquoi ces derniers temps les latinos, le plus souvent connus comme des joyeux et chaleureux lurons, s’évertuent à nous proposer des films de suicidés ?

Introduction, ambiance… :

Biutiful

Dans une Barcelone éloignée de l’image de carte postale largement répandue, Alejandro Gonzalez Inarritu nous raconte dans son film Biutiful les tristes déboires d’Uxbal, un homme écartelé entre sa conscience et les difficultés de son quotidien.

Les amoureux de Barcelone trouveront dans ce film une photographie de la ville infiniment plus objective (mais également plus sombre) que celle de L’auberge Espagnole, de Vicky-Cristina Barcelona, ou encore du très récent (et chaud bouillant) dernier clip de la chanteuse Shakira. Dans Biutiful, point de plage de sable blanc, point de bars à tapas à l’ambiance enflammée, point de jeunes gens beaux et dynamiques… Au contraire, on découvre une ville poisseuse, lugubre et qui ressemble presque à ce qu’on peut imaginer des villes du tiers-monde ! Les immeubles sont sales et délabrés, les rues ? De véritables coupes-gorges mal éclairés. Les hommes et les femmes ? Désespérés, livrés à eux-mêmes et vivant de petits trafics… Voilà l’image de Barcelone que Biutiful nous propose.

J’ai trouvé particulièrement honnête et réaliste la manière dont Inarritu évoque la situation de précarité, de risque, d’exploitation dans laquelle vivent les immigrants d’origine africaine mais aussi les nouveaux immigrants d’origine asiatique (principalement chinois). Le réalisateur montre notamment les africains en train de vendre de petits objets à la sauvette, en étalant de grands draps sur les trottoirs, et qui restent en permanence sur leur garde. En effet, en raison de l’irrégularité de leur situation et de leur activité, ces hommes risquent à tout moment d’être arrêtés par la police et doivent donc rester prêts à fuir dès que la police approche… Cette police, corrompue, profite de la situation en empochant de généreuses liasses de billets pour fermer les yeux (ou non) sur l’activité en question.

Autre réalité évoqué dans le film : la situation de chinois, immigrés d’un même village, et qui travaillant dans un atelier clandestin pour un salaire de misère alors que leurs chefs (chinois du même village) entretiennent des relations de mafieux avec les clients et s’enrichissent sur le dos de leurs compagnons.

Le héros du film, Uxbal (interprété par Javier Bardem), est au coeur de l’ensemble de ces magouilles et essaie, tant bien que mal (plutôt mal…) de s’en dépettrer… Il compose aussi avec ses ennuis familiaux (élever deux enfants sans pouvoir compter sur une ex’ complètement frappée, et encore moins sur un frère véreux), de santé (ça commence direct là dessus donc je ne dévoile pas grand chose…) et « professionnels »…

Je m’attendais avec Biutiful à voir un film dur et proposant une image non-conventionnelle de Barcelone. Le film a été au delà de toutes mes espérances… Trop ? Il apparait parfois caricatural de voir le sort s’acharner sur le pauvre Uxbal. L’histoire n’est une final qu’une succession de malheurs. En revanche, le personnage d’Uxbal à proprement parler est éminemment intéressant : sombre par les magouilles dans lesquelles il est impliqué, et lumineux par la haute conscience qu’il a de son misérabilisme et lumineux par le rôle étonnant qu’il tient : il sait entendre les morts et les apaiser dans les minutes suivant leur dernier souffle… Je n’en dirai pas plus… Mais la symbolique est là…

Buried

(… tien… le titre commence par un « b » aussi… un signe ?)

Buried est l’histoire d’un routier américain, envoyé travailler en Irak. Le convoi de ce conducteur de poids-lourd tombe dans une embuscade et l’homme perd, un moment connaissance. Il se réveille enfermé dans un cercueil, à priori enterré sous terre. Il n’a, à sa disposition, pour se sauver, qu’un zippo et un portable.

Je n’étais pas super chaud pour aller voir ce film. Sans être claustro, je ne suis pas super à l’aise avec les ambiance oppressante et avec l’idée du manque d’air. Et puis franchement, au delà de l’appréhension en question, voir un mec enfermé dans un cercueil pendant 1h40 un samedi soir je me disais que c’était un peu du gâchis quand même… En fait, le spectateur est pris par le suspens ! Que va-t-il arriver à Paul Conroy le camionneur ? Sera-t-il sauvé ? Mourra-t-il ? Est-il victime d’insurgés irakiens ou tout simplement d’un complot machiavélique de l’infernale machine américaine ? Je ne peux au final rien vous dire de plus au risque de dévoiler une partie de ce qui fait l’intérêt de ce film : le suspens et tous ces petits rebondissements qui tiennent les spectateurs en haleine ! Mon camarade de cinéma et moi-même pensions, qu’à certains moments, le film montrerait des images de flashback (comment Paul Conroy est-il arrivé là ? Que se passe-t-il en dehors de sa prison ? A quoi rêve-t-il ?). Il n’est est rien, l’intrigue se passe véritablement et uniquement dans ce cercueil !

Saluons au passage l’inventivité et l’imagination du réalisateur car je pense qu’on est là en présence d’un concept comparable à la surprise qu’avait pu susciter le premier Cube (pour moi en tout cas). De même il est intéressant d’imaginer la manière dont ce film a pu être – « concrètement » – tourné. Comment la sensation d’enfermement a-t-elle été reproduite sachant que tout tournage implique la mise en place de matériel volumineux et nécessitant un espace suffisant ?

Ryan Reynold s’était dit, sur TV5 Monde, avoir été « émotionnellement et physiquement épuisé » par le tournage de Buried dernier film de Rodrigo Cortés. Le spectateur ne l’est pas moins en sortant de la salle de cinéma…

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5 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    8 novembre 2010 09:18

    Mmm, sympa ton ambiance, ça c’est de la déprime de qualité (pour ceux qui suivent ce blog ^^)

    Ce que j’avais vu de la ville correspond plus à ta description de Barcelone (et donc celle de Biutiful) que celle des autres films cités et de ce que tous les jeunes teufeurs de disent.
    C’est marrant de voir cette mode qui pousse les jeunes à aller et s’extasier devant cette ville qui objectivement est crade, oppressante, et absolument pas sécurisante.
    Perso j’ai largement préféré Valence.

    Pour Buried, j’avoue que j’étais perplexe. Vu ta critique et ta comparaison avec Cube, j’envisage d’aller le voir, car comme tu dis : comment réussir à faire un bon film avec 1h40 dans une boîte 🙂
    Ya pas de juste milieu : si tu confirmes que c’est pas une bouse, ça doit être un film unique.

  2. 10 novembre 2010 15:43

    Grand week- end devant nous je vais donc me laisser tentée par Buried!Bon je suis un peu beaucoup claustro mais je vais me cramponner.Si je m’en sors je te dirai si j’ai aimé…

  3. stef808 permalink
    16 novembre 2010 17:02

    Alors ?? vous vous êtes laissés tenter par un de ces films ce week end ?? vous en avez pensé quoi ?

  4. 19 novembre 2010 09:17

    C’est vrai qu’au début on étouffe! La trouvaille c’est d’arriver à ne pas s’identifier de trop au personnage , après on peu le voir sans trop souffrir. C’est vrai que c’est fabuleux d’avoir réussi à tourner un film avec un seul personnage, une boite , quelques accessoires et…c’est tout.Chapeau à l’acteur et bravo pour la

  5. 19 novembre 2010 09:21

    (suite)
    fin car on y croit jusqu’au bout!Nous étions quand même content à la fin du film de sortir à l’air libre et de RESPIRER!!!!

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