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Breaking Bad: Talk about mid-life crisis…

1 novembre 2010

Dans la catégorie des séries que tout le monde encense ces derniers temps, personne sur ce blog (au demeurant de toute beauté et parfaitement luminescent) ne s’était encore donné la peine de se pencher sur Breaking Bad. Je me devais donc de relever le défi – quelle abnégation. N’est-ce pas.

Le pitch, vous en avez sans doute entendu parler, mais au cas où, et dans une coquille de noix, Walter White est professeur de chimie dans un lycée d’Albuquerque, Nouveau Mexique. Il vit avec sa femme, enceinte, et son fils de 16 ans atteint d’infirmité motrice cérébrale, une vie pas franchement exaltante mais toute pleine d’amour, tournent les violons. Et puis Walt apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable. Les retrouvailles avec un ancien élève lui donnent l’occasion de mettre à profit le temps qui lui reste pour constituer un petit pécule pour ceux qu’il aime : avec Jesse, ils vont préparer des amphétamines.

Un chef de famille responsable mais acculé qui se lance dans le trafic de drogue pour le bien de sa famille, ça vous rappelle peut-être quelque chose : en effet, on ne peut pas s’empêcher de penser à la veuve de Weeds qui se fait dealeuse de cannabis. Sauf qu’avec sa moustache à la Flanders, Walt ne dégage pas précisément le charme insupportable de Nancy-les-yeux-de-biche. Sa situation familiale n’est pas la même, le degré de criminalité est un cran au-dessus – cela dit, ça se passe sensiblement dans le même coin. Le format n’est pas le même non plus, 45 bonnes minutes chez AMC pour seulement 26 chez les petits joueurs de Showtimes.

Arrêtons la comparaison, peu productive, pour nous pencher sur ce qui fait la réussite de Breaking Bad : tout d’abord, il faut le dire, Brian Cranston est formidable dans le rôle principal – pour lequel il a remporté trois Emmys consécutifs, damant le pion à des gens comme Jon Hamm, Michael C. Hall ou Hugh Laurie, qui ne sont pas les derniers des ploucs. Ensuite, et malgré le pitch, Breaking Bad n’est pas tant une série sur la drogue qu’une analyse des relations familiales et de la nécessité de faire des choix. Et oui, quand on multiplie presque par deux la durée de l’épisode, ça laisse vraiment du temps au personnage d’être autre chose que des caricatures. (J’exagère un peu, mais elle a fini par me taper sur le système, la Nancy.)

Face à l’inéluctable, Walt se trouve confronté à la médiocrité de sa vie, la brillante carrière universitaire qu’il aurait pu avoir, la façon dont il a toujours fait passer les autres avant lui-même : comment penser à soi tout en ménageant ceux qu’on aime ? C’est une des interrogations les plus fondamentales, les plus essentielles qui soient. Une question que nous devrions tous nous poser de temps en temps. À cet égard, la scène de la réunion de famille, ou de l’intervention qui ne dit pas son nom (S01E05), est exemplaire : en mettant en avant la nécessité pour son mari de penser à sa famille, Skyler fait-elle preuve d’amour ou d’égoïsme ? Argumentez, vous avez quatre heures.

En dehors des relations familiales (y compris avec son beau-frère qui bosse à la brigade des Stup’), la série repose aussi sur la relation de Walt et Jesse, son ancien élève et nouveau partenaire : drogué mais pas junkie, dealer à la petite semaine, Jesse n’a d’autres atouts que son expérience du milieu… En travaillant avec Walt, il va en quelque sorte se refaire une éducation.

La force de Breaking Bad, ce qui en fait une grande série, c’est que jamais elle ne cède à la facilité : ce qui est le moteur d’une série, ce qui fait qu’on la suit chaque semaine (ou qu’on s’enfile les épisodes par dizaines pour rattraper), c’est qu’on s’attache aux personnages. Une fois que ce lien est créé, il n’en faut pas beaucoup pour rester scotché, vaille que vaille, pendant au moins trois saisons. Or ces personnages là ne sont finalement pas très attachants. Ils sont plutôt… fascinants. Hm. Bien sûr l’accumulation des fêlures des uns et des problèmes des autres frise un peu l’improbable, ça reste de la télé, mais le tout est traité avec finesse et justesse. Aucun d’eux n’est un héros, ni même vraiment quelqu’un de bien. Ils font de leur mieux, ils sont humains, tout simplement.

En conclusion, Breaking Bad fait honneur à sa réputation, et je vous le recommande.

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