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Les petits mouchoirs – entre kleenex et soie brodée

25 octobre 2010

Vous ne pouvez pas ne pas en avoir entendu parler¹. La promo a commencé il y a un an déjà, les ennuis de santé de Guillaume à Envoyé Spécial, le « Film de sa vie » dans Studio Live Première, puis la machine à promo pour vieux (Vivement Dimanche) et la machine à promo pour jeunes (Le Grand Journal), sans doute les JTs (mais je ne les regarde pas parce que je m’intéresse à l’information et qu’elle n’est pas là), et surtout un superbe contournement de la loi qui interdit de faire de la pub pour les films à la télé², etc. Est-ce parce que Ne le dis à personne a si bien marché, que Europa Corp veut maxirentabiliser son poulain ?
En tous cas vous saviez que Les petits mouchoirs, le chef-d’œuvre de Canet, était sorti la semaine dernière.
Cela valait-il tout ce foin ?

L’histoire des Petits mouchoirs, c’est une bande de potes qui vieillit. Déjà, là, je résume parfaitement bien les 2h30 de film. Mais pour ceux qui voudraient plus de détails : ils vieillissent, leurs défauts ressortent plus, leur patience s’étiole, les agacements provoquent plus facilement des orages… Vous voulez encore plus de détails ? Il y a deux événements au début du film qui vont encore plus bouleverser ces deux semaines entre potes.
Les petits mouchoirs, ce sont juste une douzaine d’acteurs qu’on aime parfois beaucoup, qui ont des vacances ensemble, qui s’aiment, qui s’agacent, qui ont un lourd passif ensemble, dans le bon et le mauvais sens. Presque un huis-clos, finalement, sauf que cela se passe au Cap-Ferret.

Les petits mouchoirs, c’est comme votre film de vacances, sauf qu’il serait réalisé par Canet.

Les petits mouchoirs, c’est amusant sans être hilarant.
Les petits mouchoirs, c’est touchant sans être émouvant.
Les petits mouchoirs, c’est divertissant sans être surprenant.

Les petits mouchoirs, c’est un bon film sans être un chef d’œuvre.

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Il y a une chose dont on ne peut douter : la sincérité de Canet. Additionné à l’attention qu’il porte au choix des acteurs, l’alchimie prend et on est inévitablement touché : au bout d’une heure et demi, on se rend compte qu’on a du chagrin, de l’espoir pour ces personnages, et finalement, les émotions, c’est la came, c’est pour ça qu’on paie… Et on a l’impression de reconnaître ces acteurs qu’on aime et qu’on a déjà vu sincères (en tout cas on aime l’imaginer) : la Marion Cotillard de Ma vie en l’air, le François Cluzet de Ne le dis à personne, le Gilles Lellouche de ces deux films, le Jean Dujardin de Mariages
Mais on ne peut s’empêcher de se demander si ce n’est pas _facile_ : les situations ne peuvent pas laisser indifférent, tous ces acteurs qu’on aime retrouver nous donnent déjà un préjugé sympathique, toute cette sincérité, tous ces évènements pour nous toucher sont facile à feindre. Et dans cet ordre d’idée, la dernière demi-heure était de trop pour moi. Trop facile, trop évident, trop gros, trop de pathos, trop de larmes faciles… trop naze.
Au bout d’un moment, je refuse de m’émouvoir quand Cookie, le petit cocker du gamin tétraplégique et leucémique à qui il a redonné goût à la vie, se fait écraser par un scooter sous ses yeux. Pour moi c’est blocage complet. Sincèrement, mettez un timer et partez 1/2h avant la fin.

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Canet a fait le film de sa vie. Il voulait toucher les gens comme l’a fait Amélie Poulain³, il voulait arriver à la qualité de Ne le dis à personne ; au final il nous donne un film de la qualité de Mariages ou Ma vie en l’air : des films qu’on chérit, mais pas le chef d’oeuvre qu’il prétendait faire.
Et pour répondre à la question de l’intro, NON ça ne valait pas tout ce foin.

Deux notes :

1. Le placement de produit ça commence à bien faire. Je me doute bien que Europa Corp veut surrentabiliser son poulain, mais ça devient un peu chiant. Audi, Bio!, Winamax, Acer, Apple sont les grands gagnants de ce film. Mais alors là, le plus beau que j’ai vu : on va créer un rôle qui va durer ¼ d’heure dont un dialogue, le rôle va être joué par Maxim Nucci/Yodélice, qui va jouer un pote chanteur qui ne serait pas Maxim Nucci, et qui va nous chanter une chanson de Maxim Nucci. Son seul intérêt dans le film : placer sa propre chanson. La grande classe.

2. Je ne comprends pas que les personnages soient choqués d’apprendre l’homosexualité de Benoît Magimel : quiconque a vu la petite moustache qu’il avait dans Les chevaliers du ciel n’a aucun doute là dessus 😉

1. Ya que moi qui pense à Antigone d’Anouilh en voyant une double négation ?
2. Ils ont fait de la pub pour lespetitsmouchoirs-lefilm.com, pas pour le film en lui même…
3. Je parle de l’effet immédiat, pas de la gueule de bois qui a suivi, et du rejet global quand on s’est rendu compte que tout le monde avait aimé, et qu’il fallait se différencier de la masse.

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10 commentaires leave one →
  1. Ofboir permalink
    25 octobre 2010 09:26

    J’en avais pas entendu parler.
    En tout cas merci, ton article m’a totalement convaincu : je n’irai pas le voir.

  2. 25 octobre 2010 21:23

    Je me posais la question, tu as achevé de me convaincre avec le coup du cocker : typiquement l’effet je-te-tirai-les-larmes-au-forceps-s’il-le-faut qui me met hors de moi. Tu viens de sauver 2h30 de ma vie, merci shérif.

    • Lien Rag permalink*
      26 octobre 2010 07:46

      Je tiens à préciser que Cookie sort de mon imagination ; je voulais pas spoiler, mais _l’évènement_ en question est du même acabit que cookie…

      (Là d’un coup j’ai un peu peur qu’on ne retienne que les côtés négatifs. Je tiens à préciser que j’ai été moins déçu que par les derniers Jeunets, hein 🙂 )

      • 26 octobre 2010 09:21

        Ça me paraissait un peu gros aussi, surtout à cause du combo tétraplégie-leucémie^^ (Mais toutes mes condoléances aux malheureux qui en souffrent, bien sûr – on n’est jamais trop prudent, sur internet.)
        Cela dit, si c’est du même acabit, ça ne change rien à mon envie de ne pas y aller.

  3. 26 octobre 2010 09:08

    Je suis d’accord avec toi, la dernière 1/2 h c’est too much.Mais dans l’ensemble on passe quand même 2 bonnes heures et n’est ce pas ce que l’on recherche en allant au ciné? Oui on aime les acteurs ,oui on rit, oui on pleure ,oui la situation nous rappelle peut-être des moments vécus+ou- bons….alors allez-y vous ne le regretterez pas!Aller Ofboir,relis l’article de Lien Rag et tu verras qu’il n’est pas si négatif.Tu peut sans crainte y aller car même si ce n’est pas génial pas 1 fois on ne regarde sa montre!

    • Lien Rag permalink*
      26 octobre 2010 09:54

      mouairf, pas une fois on ne regarde sa montre, mais j’ai quand même eu le temps d’écrire la moitié de l’article dans ma tête pendant le film ^^

      • 27 octobre 2010 19:10

        Je sais , tu as 2 cerveaux …N’empêche qu’on ne s’ennuie pas!

    • Ofboir permalink
      26 octobre 2010 21:39

      L’article n’est pas si négatif, on est d’accord, seulement les points négatifs dont parlent Lien Rag sont typiquement les trucs qui m’énervent dans les films. Bref, j’attendrai qu’il passe à la télé pour me faire un avis.

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