Skip to content

Le papa et les deux mamans

21 octobre 2010

Dimanche soir, après un dîner au Chinois Canonique¹, Toyboy veut me traîner au cinéma. Je fais ma difficile, j’ai oublié ma carte d’abonnée, j’ai pas envie de courir pour choper la séance, je ne veux pas prendre le risque de rater le dernier bus pour rentrer dans ma banlieue. Il y a une seule séance gérable, point de vue horaires, un film dont je n’ai même pas entendu parler : Tout va bien (The Kids Are Allright). Hm. En général, au cinéma, j’évite les films-surprises – on se retrouve à voir Le déshonneur d’Elizabeth Campbell, merci bien, j’ai déjà donné. Tant bien que mal, Toyboy finit par me convaincre avec un argument massue.

Et puis bon, un film avec Julianne Moore, qu’est-ce que je risque, hein ? Conclusion, merci Toyboy pour cette excellente surprise !

Jules et Nic sont ensemble, « mariées » , depuis presque 20 ans. Elles ont deux enfants, Joni et Laser. Elles ont aussi une belle maison, une vie bien réglée. Tout va bien, quoi. Mais aux dix-huit ans de Joni, Laser demande à sa sœur d’entrer en contact avec le donneur qui a permis leur naissance. Et c’est ainsi qu’ils font la connaissance de Paul, plutôt content de se trouver une famille… Une famille où sa présence va provoquer pas mal de remises en question.

Cette histoire est traitée avec finesse, naturel et une sacrée dose d’humour – on rit vraiment beaucoup. Les acteurs sont formidables, notamment Julianne Moore, hippie godiche et adultère émouvante. Le personnage de Nic (Annette Bening) est peut-être le plus intéressant : c’est elle le chef de famille. C’est à elle que s’oppose les trois autres membres de la famille, et c’est elle qui souffre le plus de la présence de Paul. Je sais que Toyboy accorde plus d’importance au personnage de Joni (Mia Wasikowska, l’Alice de Burton, excellente), il faudrait qu’il vous dise pourquoi dans les commentaires, je ne vais pas le faire à sa place, hm ?

Je ne voudrais pas trop en dire, mais l’essentiel est dans la bande-annonce, et au fond, ce n’est vraiment pas ça le principal.

Encore un petit mot pour vous préciser que l’homosexualité féminine n’est pas le sujet de film, mais un prétexte à une exploration des liens familiaux et des relations amoureuses. Sans cette situation de départ, il n’y aurait pas d’histoire, et puis c’est tout. Jules et Nic s’aiment, se disputent, élèvent leurs enfants. Une famille ordinaire, quoi, vue sans tabous ni voyeurisme – ce qui a déjà quelque chose de très rafraîchissant au cinéma. Le véritable sujet du film, c’est la complexité des relations familiales, avec peut-être deux questions essentielles : comment grandir et comment vivre ensemble ?
Des questions auxquelles il n’existe pas de réponses toutes faites. Celles que proposent le film ne se prétendent pas universelles, loin de là. Elle sont amenées avec élégance et simplicité. Avec modestie, aussi.

Bref, allez voir ce film, ça vous fera un bien fou !

Notes

1. La Muraille du Phénix, 179 rue Saint Jacques, Paris 5 (RER Luxembourg) : pour ceux qui ne connaîtraient pas, ce n’est pas la fine fleur de la gastronomie orientale, mais c’est bon, copieux et pas cher du tout.

Advertisements
3 commentaires leave one →
  1. Toyboy permalink
    21 octobre 2010 23:37

    « Je sais que Toyboy accorde plus d’importance au personnage de Joni (Mia Wasikowska, l’Alice de Burton, excellente), il faudrait qu’il vous dise pourquoi dans les commentaires, je ne vais pas le faire à sa place, hm ? »

    Bah, tout simplement, c’est elle qui, par son changement, cristallise les changements de TOUS les autres personnages. C’est principalement à ça qu’on reconnait le personnage central de la plupart des histoire.

    C’est d’ailleurs pas un hasard si le film débute lorsqu’elle contacte le père, et s’achève lorsqu’elle part à la fac. La période durant laquelle le film se déroule est complètement conditionnée par le compte à rebours que représente les quelques jours qui lui reste avant de quitter le domicile familial ;-).

    • 24 octobre 2010 08:01

      Oui, c’est vrai tiens. Je n’avais pas vu ça comme ça, mais ça se tient. C’est la question du fil conducteur par rapport à celle du pivot dont on parlait un peu hier (mais elle se pose différemment dans Mad Men, pas la peine d’y revenir ici) : pour moi tous ces personnages se définissent en fonction de Nic, surtout en s’opposant à elle. Et c’est finalement Laser, celui qui a voulu contacter son père, celui qui est un peu plus de fils de Jules, qui se montre le plus compréhensif, à défaut d’un terme plus approprié qui ne me revient pas là tout de suite parce qu’il est un peu tôt, là^^

  2. Lien Rag permalink*
    22 octobre 2010 08:40

    Ça a l’air très sympa, j’espère qu’il passera dans mon cinéma.
    C’est marrant, ce matin à la matinale ils parlaient du débat du don de sperme qui ne sera plus anonyme : la difficulté d’un côté des enfants qui ne peuvent pas trouver leurs racines si ils en ont besoin, et de l’autre côté les donneurs qui voulaient faire un don, mais pas forcément se retrouver papa.

    @Toyboy : merci pour le spoil de la fin 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :