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Exposer Murakami à Versailles, une gageure…

18 octobre 2010

L’art contemporain peut-il et doit-il s’inviter dans des monuments historiques? Telle est la question que soulève Jean-Jacques Aillagon en ayant choisi d’exposer Takashi Murakami dans le château de Versailles. Mais la question n’est pas nouvelle: le plafond de Chagall au Palais Garnier, le plafond de Masson au Théâtre de l’Odéon, les colonnes de Buren au Palais Royal, Jeff Koons ou encore Xavier Veilhan à Versailles ont été autant d’occasions de se poser cette question, qu’un colloque organisé par le Centre de recherche du Château de Versailles et l’Institut National du Patrimoine a d’ailleurs choisi d’étudier.

Exposer Murakami à Versailles…

L’exposition Murakami s’ouvre avec Tongari Kun (Mister Pointy) dans le salon d’Hercule. Ce personnage,  fondé sur une iconographie religieuse alliant la culture Maya et le Bouddhisme Tibétain mesure environ 8 mètres de haut et repose sur une base constituée de fleurs de Lotus et d’une grenouille. Des milliers de couleurs sont utilisées et un soin extrême est apporté aux détails.

« Comment ne pas y voir un rapport avec l’extraordinaire peinture du plafond, peinte par François Le Moine, qui surplombe cette sculpture ? Dans ce dialogue entre l’œuvre de Murakami et cet ensemble de l’art classique français du XVIIIème siècle, est dit un peu de l’esprit de cette nouvelle aventure de l’art contemporain à Versailles », Laurent Le Bon, Commissaire de l’exposition.

Deux pièces plus loin, le visiteur se trouve nez à nez avec Kaikai et Kiki, gardiens spirituels de la statue de Louis XIV qu’ils encadrent, dans le salon de Vénus. Ces deux personnages semblent rappeler la paix et l’amour auxquels est dédié ce salon.

Mais les oeuvres murakamiennes ne représentent pas uniquement des personnages issus de l’imaginaire Superflat. La salle des gardes du Roi est consacrée à une oeuvre d’art multiforme, qui s’apparente à un décor. Kawaii est une peinture de très grande taille, constituée de feuilles d’or, à laquelle font écho la moquette et deux lustres créés par Murakami, qui reprennent le motif floral cher à l’artiste.

Ce sont toujours les fleurs qui sont à l’honneur dans la Galerie des Glaces avec Flower Matango, grand personnage très coloré, qui semble s’insérer naturellement dans le raffinement de cette pièce exceptionnelle.

… Ou du défi d’attirer de nouveaux publics

Les expositions d’art contemporain dans des monuments historiques rencontrent un grand succès auprès d’un public curieux et sont de plus en plus nombreuses. A l’heure où les musées développent des activités pédagogiques innovantes, où les établissements de lecture publique (bibliothèques et médiathèques) s’adaptent aux attentes des jeunes publics en développant leur offre numérique,  les monuments historiques ont sans doute eux aussi leur carte à jouer pour renouveler leur public. L’art contemporain en est une. L’exposition Murakami à Versailles ne plaît pas à tous, mais elle a le mérite d’attiser la curiosité des plus grands comme des plus jeunes, si l’on en croit le profil des visiteurs, qui se déplacent largement en famille.

Exposition de Takashi Murakami au château de Versailles. Du 14 septembre au 12 décembre 2010, Grands Appartements et Galerie des Glaces, inclus dans le parcours de visite.

Vous pouvez également retrouver cet article sur Terrains de culture.

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5 commentaires leave one →
  1. 18 octobre 2010 09:23

    Très intéressant : je sais que Vuuv l’avait vue aussi, je vais peut-être faire le déplacement, du coup…

    • 18 octobre 2010 10:51

      et c’est gratuit pour les moins de 26 ans (entrée + audioguide), qui n’ont du coup même pas à faire la queue!

      • 18 octobre 2010 15:12

        Je savais bien que j’aurais dû refuser d’avoir 26 ans, c’est juste pas intéressant…

      • 18 octobre 2010 21:08

        Je valide. Ça sert vraiment à rien.

      • Lien Rag permalink*
        19 octobre 2010 12:44

        La directive européenne arrive en effet un tout petit peu trop tard. J’en aurai un peu profité, mais pas assez…

        Ça manque de photos cet article 🙂

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