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Kramer contre Kramer, du ciné au théâtre…

9 octobre 2010

S’attaquer à ce chef-d’oeuvre récompensé aux Oscars (dont Meilleur Film), lui-même adapté d’un roman d’Avery Corman, il fallait le faire… Didier Caron et Stéphane Boutet s’y frottent pourtant, avec Frédéric Diefenthal et Gwendoline Hamon dans les rôles titres. Une adaptation sensible, à la fois fidèle au film et marquée de sa propre identité. Une bien jolie réussite.

La force de cette adaptation tient à deux raisons majeures : d’une part, le talent des comédiens, qui investissent leurs rôles au point que toute comparaison avec Dustin Hoffman et Meryl Streep sort bien rapidement des esprits. L’autre, c’est une mise en scène intelligente, tout droit sortie d’un coffre à jouets dont le contenu se serait inspiré de la période arts déco : les décors sont composés de six éléments en forme de lettres, composant le mode KRAMER. Déplacés par les comédiens ou des techniciens, ils se transforment en table, chaise, canapé, porte… Ce procédé permet de dynamiser le rythme alors que les saynètes, plus ou moins longues, s’enchaînent pour raconter cette histoire de divorce et de lutte pour la garde de l’enfant.

Ce mode de narration soutenu permet presque immédiatement à la pièce de mettre en place son identité : en très peu de temps, avec des scènes très courtes, sont racontés la rencontre, le mariage, la naissance de Billy, les premiers anniversaires, les premières disputes, les frustrations et les refus de se comprendre… Raconter 7 ans de vie en quelques minutes, d’une façon remarquable, cela rappelle le début de Là-Haut, film d’animation de Pixar sorti en 2009, et cela crée une belle connivence entre théâtre et cinéma, au delà de la simple adaptation.

Si certaines réflexions nous rappellent que l’histoire se passe à la fin des années 1970 – lorsque Ted rappelle que le travail des femmes nuit au développement de leurs enfants, par exemple…), ce déchirement entre un homme et une femme qui se sont aimés est bel et bien d’actualité en cette année 2010. Que l’on se réjouisse de ne pas avoir subi cela, ou bien qu’on l’ait réellement vécu, on ne peut s’empêcher de le vivre avec les personnages – et de penser que l’intelligence de Ted et de Johanna, condition du dénouement heureux de cette pièce, n’est hélas pas partagée par tous… Cet angélisme peut faire sourire, bien sûr, mais il rappelle que nous sommes au théâtre, qu’il ne s’agit pas d’une tragédie mais d’un drame familial, où chacun se révèle à soi-même et se découvre dans une adversité qui rapproche les membres de cette famille déchirée.

Un très beau moment, où certains ne pourront s’empêcher de verser quelques larmes… et un pari relevé par toute l’équipe de cette adaptation. Kramer contre Kramer, interprété par des comédiens convaincants, dans une mise en scène inventive et efficace, a su séduire un public touché par l’émotion de ce conte universel.

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One Comment leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    13 octobre 2010 12:39

    Avec Frédéric Diefenthal ! Ça a l’air sympa.
    Mais c’est toujours hors de prix le théâtre (20 à 50€ là), et la réduction à 10€ ne m’est plus valable 😦

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