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Expo photo : Harry Callahan à la fondation Cartier-Bresson

7 octobre 2010

Oh ! Une femme toute nue dans de l’eau !
Bon, je l’avoue…j’aurais pu choisir une autre image pour commencer à illustrer mon propos, mais voyez-vous je le trouve particulièrement chouette ce portrait d’Elianor Callahan.

Récemment, une personne toujours bien inspirée m’a proposé d’aller voir l’exposition Harry Callahan (le mari d’Elianor, vous avez tout suivi, bravo !)  à la fondation Cartier-Bresson, et comme je suis sensible aux argumentaires complexes du type « il y a des images, tu vas aimer » – j’ai docilement suivi.
Comme d’habitude, j’ai débarqué les mains dans les poches (bon, c’est pas très vrai car ma robe n’a pas de poches) et sans rien connaître à l’œuvre du photographe exposé.
J’apprécie toujours autant les bonnes surprises …

Un petit mot de la fondation Cartier-Bresson, quand même (!). C’était la première fois que j’y mettais un doigt de pied – et l’endroit est tout à fait charmant ! Trois étages, des jolis murs blancs, ça sent le miel et la cire d’abeille, et tout en haut : des canapés perchés dans un loft. C’est somme toute assez mignon, et surtout : calme. Pas un bruit, une lumière superbe. Vraiment chouette comme lieu d’exposition (même si c’est un peu dans le genre pour vivre heureux vivons cachés).

Je me suis quand même nettement plus extasiée sur l’expo.
En montant les escaliers, un texte bien fichu explique la construction de l’exposition : deux salles qui retracent le parcours de Callahan, dans un ordre à peu près chronologique. Une biographie complète de l’artiste est planquée dans un coin de la deuxième salle, et permet de boucler l’exposition de manière très simple et efficace.

La photographie est une aventure, tout comme la vie est une aventure.
Si une personne veut s’exprimer photographiquement, elle doit absolument comprendre sa propre relation à la vie

La première salle nous emmène sur les premiers temps  de rupture dans le parcours de Callahan : des herbes, des arbres, des objets sur la neige, des fils électriques sur fond de ciel blanc… On est ici dans de la photo quasi abstraite, et ce que j’ai trouvé très amusant c’est que les trois quarts du temps, j’avais presque le sentiment d’être face à des trompes-l’œil. Pour beaucoup des photos de nature, le cadrage, l’angle de vue , la lumière … font que devant une bête photo d’herbes ou de roseaux on reste complètement scotché. En tout cas, je suis bien restée 10 minutes devant une photo de roseaux. No kidding.


La deuxième moitié de la salle démarre une autre partie de l’œuvre de Callahan : la nuit et la ville. Les cadrages sont inattendus, et le noir et blanc donne une dimension supplémentaire aux photos (pas comme beaucoup de photographes pour lesquels c’est justement l’utilisation du noir et blanc qui fait la photo…). J’ai toujours eu un faible pour les photos urbaines, alors là…
La moindre petite lucarne devient un monde enchanté, et les gares prennent des airs de film. On ressent étrangement bien l’ambiance du moment, aussi étonnant que ça puisse paraître. Ou alors mon imagination est très très très fertile, mais j’imaginais bien le cadrage plus large de chaque photo.

On grimpe un étage et on atterrit dans une autre époque de la photographie de Callahan : la ville, toujours – mais moins, les portraits volés de femmes marchant dans la rue, Elianor, les collages et la mer (je ne m’attendais pas à des photos de vacances !). Je crois que mes photos préférées de cette deuxième partie ce sont les portraits d’Elianor, complètement sublimée par l’objectif de son mari, et puis les Ivy tentacles on glass, et puis les collages.

Ivy tentacles on glass, Chicago, vers 1952

Si Callahan a commencé comme amateur, il a quand même enseigné la photographie pendant une bonne partie de sa vie, mais j’ai plus eu l’impression de m’immiscer dans l’univers de quelqu’un. Impression sans doute renforcée par les thèmes principaux de son œuvre. Je n’aime pas toujours les portraits – mais en sortant de l’exposition et en y réfléchissant en relisant pour la troisième fois le bouquin de l’exposition (que j’ai acheté, c’est dire si l’expo m’a plu !) – qu’il y avait une grande tendresse dans les portraits d’Elianor, complètement omniprésente et de sa fille. Qu’on peut en quelque sorte voir naître au cours de l’exposition puisqu’y figurent plusieurs portraits d’Elianor enceinte.

Une exposition bien ficelée, qui permet de découvrir l’œuvre de Callahan sans sortir complètement assommé et piétiné par la foule (c’est peut être lié au fait que j’y sois allée un dimanche après midi, certes).
J’ai particulièrement aimé la mise en scène de l’exposition (je dois avouer que n’y connaissant rien à la chose, je suis certaine qu’il y a un nom approprié qui m’échappe…) avec les titres des photos collés en blanc à même le mur, une lumière douce et un arrangement particulièrement heureux des tirages.
Donc, si vous avez besoin d’un peu de douceur, d’une bulle d’air, allez faire un tour à la Fondation Henri Cartier Bresson – vous ne serez pas déçus !

Pour vous y rendre, toutes les informations pratique sont ici (et il y a un vrai tarif -26 ans !).

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One Comment leave one →
  1. retailleau permalink
    8 octobre 2010 12:49

    Merci pour ce joli moment.
    La Fondation HCB.

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