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Le Théâtre 13 met à l’épreuve l’Epreuve de Marivaux

25 septembre 2010

Le Théâtre 13 a ouvert sa saison 2010-2010 sur L’Epreuve de Marivaux. Cette pièce est une comédie, plutôt courte, mais reflétant plusieurs travers de la société contemporaine à Marivaux. Ces travers restent d’une criante actualité. L’Epreuve est ici « customisée » : Au delà de la simple représentation, le metteur en scène, Sophie Lecarpentier et la Compagnie Eulalie, ont rajouté une originale première partie. Celle-ci cherche à montrer au spectateur – certes, de manière synthétique – comment une pièce de théâtre se monte.

On découvre donc le metteur en scène (Sophie Lecarpentier joue dans la pièce son propre rôle) rencontrer ses acteurs (Xavier Clion, Hélène Francisci, Vanessa Koutseff, Solveig Maupu, Emmanuel Noblet ou Stéphane Brel et Julien Saada), son scénariste, sa costumière, et son technicien et, peu à peu, tout ce petit monde se met au travail. Le travail théâtral recouvre une réalité complexe et variée qu’on tente de refléter dans la pièce dont je vous parle : présentation de la pièce et de sa symbolique aux acteurs, répartition des rôles et émergence des premiers conflits (heureusement, rapidement étouffés), description du projet de décors et de sa logique par rapport au thème de la pièce, premières répétitions (avec texte), répétitions sans textes et « couacs » des acteurs, répétitions « à l’italienne » (de manière très rythmée et saccadée), répétitions de la technique (on effectue les déplacements sur la scène sans forcément répéter le texte en même temps), débats entre les acteurs et le metteur en scène en ce qui concerne les choix de postures, d’intonations, etc. Au-delà de la dimension « laborieuse », le spectateur s’amuse à la vision de ces acteurs qui s’énervent, flirtent et tout simplement se respectent et éprouvent du plaisir et de la joie à travailler ensemble même si parfois c’est compliqué !… Le metteur en scène « fictif » se situe dans les gradins, comme durant de véritables répétitions, sauf que là, on est en représentation : il est donc au milieu du public et on le voit s’énerver contre ses acteurs, contre lui-même, ou bien saluer la performance de l’un ou de l’autre.

La transition vers la pièce à proprement parler se fait naturellement, sous la forme d’une ultime répétition qui se doit d’être la plus parfaite possible. L’histoire – au cas où, comme moi, vous ne la connaissiez pas – est celle d’un petit bourgeois parisien, passant quelques temps dans sa résidence de province, amouraché de la fille de la tavernière. Celui-ci se doute (à juste titre) que la jeune fille éprouve quelques sentiments en retour. Mais la situation est trop simple pour le satisfaire. Aussi, le bourgeois décide de mettre à l’épreuve les sentiments de la jeune fille en lui proposant d’épouser un autre que lui (son serviteur travesti en bourgeois pour l’occasion). A partir de là, plusieurs thématiques se mêlent et se démêlent : l’argent qui corrompt  les sentiments, le mariage d’intérêt, le serviteur à qui on veut faire croire, qu’à travers le rôle qu’on lui attribue, il peut devenir quelqu’un  mais qui finit tout de même seul et avec un statut social inchangé et même ridiculisé… Dans la première partie du spectacle (celle où l’on voit l’élaboration de la pièce) chaque acteur, durant de courts lapses de temps, prend la parole à la première personne afin d’expliquer directement aux spectateurs le regard critique sur son rôle et ses relations avec les autres protagonistes de l’intrigue. Ces interludes sont d’un intérêt certain car ils aident les spectateurs peu « expérimentés » à lire et à interpréter la pièce.

Le Théâtre 13 avait déjà expérimenté cette forme de mise en scène (montrer « l’avant-pièce ») dans Le Jour de l’italienne (que je n’avais malheureusement pas vu). Pourtant, avec Le Jour de l’italienne, certains spectateurs avaient eu un sentiment d’inachevé, et étaient restés sur leur fin en ce qui concerne la pièce. Les spectateurs avaient d’une part, salué l’originalité de la démarche (montrer le travail technique et humain : comment se monte une pièce, les coulisses, l’angoisse, les différentes formes de relations entre acteurs, etc.) et avaient critiqué, d’autre part, le fait de ne pas voir, « effectivement », l’aboutissement du travail scénique, sa concrétisation, c’est-à-dire la pièce en elle-même. Avec L’Epreuve, pièce relativement courte, la représentation a été montée différemment : Tout ce qui concerne l’élaboration de la pièce a été synthétisée, ce qui laisse le temps, sans que le spectateur trouve le temps trop long, d’enchaîner sur la pièce en elle-même et de faire que celle-ci puisse être appréciée à sa juste valeur.

L’Epreuve – Théâtre 13
du 7 septembre au 17 octobre 2010
les mardis, mercredis, vendredis à 20h30, les jeudis et samedis à 19h30, les dimanches à 15h30

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