Skip to content

Shakespeare sauce Western !

18 septembre 2010

Lib : Dis, dis, Syracuse Cat, Shakespeare au Far West mi-septembre, ça te dirait ?
Syracuse Cat, les yeux sur son tricot : Oui, oui, tiens… (À mi-voix) Maille à l’endroit, 1, 2, 3, maille à l’envers… (Plus haut) Pourquoi pas, hein ?
Lib, trois semaines plus tard : Tu te souviens qu’on va au théâtre jeudi ?
SC, le nez dans la pâte à crêpe pour son Papi et d’un ton hyper convaincu : Tu penses que je m’en souviens ! Hm… C’est quoi, déjà ?
Lib : Tu sais très bien, Beaucoup de bruit pour rien au théâtre du Ranelagh !

Commençons par le commencement, le Théâtre du Ranelagh, c’est vraiment à perpét’. En plus c’est même pas rue du Ranelagh, ce serait trop facile. C’est pas non plus à côté de la station de métro du même nom, non, non. Pour aller au 5 rue des Vignes, dans le 16e, il faut prendre le RER C (rendez-vous compte, le RER C !) et descendre à Maison de la Radio. Ou à Boulainvilliers, c’est kif kif. Toute une aventure.
Cela dit, une fois arrivé, ambiance néo-Renaissance qui fleure bon les années 1890. Exotique et tout à fait charmant… Mais question confort, c’est pas ça. C’est pas qu’on est mal assis, mais à l’orchestre, on ne voit pas grand chose, ce qui est d’autant plus dommage que les comédiens utilisent très intelligemment l’espace du théâtre entier, loges, allée centrale, et même les strapontins !

Alors moi, dans la vie, j’ai un Master d’anglais, parfaitement, et du coup, Shakespeare, je connais un peu (même si les deux séminaires de mon Master n’ont rien à voir avec Shakespeare…). Et Beaucoup de bruit pour rien, c’est la comédie que je préfère. Vous ne connaissez pas l’histoire ? Ah bon ? Petit cours de rattrapage pour ceux du fond près du radiateur qui n’auraient pas écouté, donc : à Messine, ces messieurs reviennent de guerroyer pour ripailler. Les hommes, ce sont Claudio, jeune lieutenant, jeune premier, beau et niais à souhait ; Don Pedro, le général, et Benedick, le spirituel de la bande, toujours partant pour une joute verbale. Et, dans l’ombre de ces fougueux soldats rôde Don John, le frère de Don Pedro, assoiffée de revanche… A Messine les attendent le gouverneur, Leonato, sa belle et charmante fille, Héro, et sa nièce, Béatrice, seule personne à avoir assez de répondant pour rentrer dans le lard de Benedick… Le reste, c’est sur Wikipedia les amis !

J’avoue que Shakespeare en mode Far West, ça m’intriguait. Parce que figurez-vous que les westerns, j’adore, j’ai même fait un mémoire là-dessus. Mais j’avais quand même une réserve… Les adaptations modernes, je n’ai rien contre, mais faire du western pour faire du western, ça ne sert à rien : il faut que ça se justifie. Et bien mes enfants…

L’ambiance western est très réussie : décor mobile, lumière, costumes, et surtout la musique tout à fait spaghetti qui accompagne une troupe qui y croit dur comme fer tout en incarnant parfaitement l’esprit du théâtre shakespearien, à la fois bouffon et poétique, parfois les deux à la fois (« Je t’aime le premier janvier… » Oh là là, je ne vais pas m’en remettre !). Les comédiens dansent le cancan et chantent « Cotton-Eyed Joe », crachent et pissent comme des cow-boys, parlent un peu anglais pour notre plus grand bonheur, et dans cette ambiance loufoque, le texte de Shakespeare, judicieusement traduit et adapté, résonne avec beaucoup de naturel.
De plus, comme je le disais, ça reste parfaitement dans l’esprit du Barde : les sept acteurs incarnent 19 personnages, se travestissent, font des jeux de mots, se battent à grands renforts de moulinets de bras et d’effets sonores, le public participe et rit à gorge déployée (surtout moi, hm hm)… et s’émeut dans les moments les plus forts, car chez le Grand Will, le drame n’est jamais loin de la comédie (et inversement : Shakespeare, c’est la fête !), et dans ce registre, les comédiens sont tout aussi bons.

Et la pièce fonctionne aussi bien au Far West qu’en Italie (ou en Espagne, la Sicile étant, à l’époque de Shakespeare, espagnole mais sous influence italienne, ce qui d’ailleurs… euh oui bon, d’accord, j’arrête d’étaler ma culture). Mais justement, c’est important que ça soit espagnol, parce que dans les westerns, il y a beaucoup de… mexicains. Et ce rapprochement permet de créer un lien entre les deux univers et de rendre plus aisée la transposition de l’armée de Don Pedro, Prince d’Aragon, à celle des troupes yankees. Avec un colonel confédéré dans le rôle du traître… Les codes du western sont utilisés à fond, du traître qui crache sa chique sur un air d’Ennio Morricone (Le Bon, la Brute et le Truand, pas tout à fait par hasard). L’ambiance western permet également de réintégrer à la comédie la trivialité qui était très présente au temps de Shakespeare, et que nous avons tendance à édulcorer sous prétexte de respecter l’œuvre… Conversations viriles entre soldats alignés à l’urinoir, blagues et jeux de mots salaces (Syracuse Cat ne se remet par du « cusurbitacée » je pense), scène de fête outrancière dans la joie et la bonne humeur… le tout fonctionne très bien, et l’essentiel est respecté : on assiste à une comédie, et on s’amuse. Un seul regret ? Pas assez de monde dans la salle. Cette troupe-là mérite qu’on se déplace pour elle…

Crédit photo : Florence Barnaud

Au Théâtre Le Ranelagh
du 4 septembre au 13 novembre 2010 à 19h (ça dure 1h30, ça vous laissera même le temps d’aller boire un verre après !)
location au 01 42 88 64 44 ou sur le site du théâtre : www.theatre-ranelagh.com

Advertisements
2 commentaires leave one →
  1. 25 octobre 2010 21:38

    http://www.theatre-ranelagh.com/fr/spectacles.html#br
    Descendez en bas de la page et vous verrez que le ‘Cluture’s Pub’ est présent !
    Bon ce qui est dommage, c’est que le lien mène vers un pdf de l’article et non direct vers le blog… mais bon, c’est plutôt sympa quand même ^^

    • Lien Rag permalink*
      26 octobre 2010 07:49

      Attaque-les pour violation du droit d’auteur ^^
      Sinon techniquement c’est CLUture’s pub qui est cité 🙂
      C’est le blog de nos concurrent dyslexiques !

      Ya aussi le blog « Enjoy the Theatre » qui est cité ; il est assez naze comme blog (et son auteur pue des pieds), mais c’est un de nos partenaires je crois 🙂

      Je suis déchaîné ce matin ^^

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :