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Le ciné de la rentrée : L’heure du crime

17 septembre 2010

Pour continuer sur ma lancée des films noirs, sombres et à se pendre et à défaut de voir l’Oncle Gloomee, j’ai découvert le dernier film de Giuseppe Capotondi, La Doppia Ora, soit en français : l’Heure du crime.

En une veille de rentrée je n’étais que moindrement motivé pour voir un film comme ça… Pourquoi me forcer me direz-vous ? Tout simplement parce que, par acte citoyen et de dévotion aveugle, et à l’occasion, je fais marcher les petits cinés associatifs / municipaux, etc, et que là, la programmation du Luxy (cinéma d’Ivry) tombait sur ce film… Ma motivation fut réduite à peau de chagrin lorsque je me suis rendu compte qu’au petit parc face au cinéma, tous les dimanches de 14h à 20h sont organisés des après-midi salsa. Mater des filles qui dansent la salsa, c’est quand même plus sympa que de se poser des questions sur l’heure d’un crime… M’enfin, je peux pas bousculer mon programme comme ça, ça déstabiliserait mon équilibre psychologique.

Faisant une croix sur un potentiel apero-mojito-salsa, je me suis dirigé vers une salle obscure du Luxy d’Ivry.

Ne connaissant pas Giuseppe Capotondi, et souhaitant vous en parler tout de même un petit peu, je me suis connecté à wikipedia-est-mon-ami-même-s’il-n’est-pas-exhaustif (et aussi sur allociné, ben ouai j’ai poussé mes recherches un peu plus loin quand même !), et quelle n’est pas ma surprise ! : Giuseppe n’a tourné à priori aucun film. En revanche, il a réalisé de nombreux clips vidéo pour de nombreux artistes (la seule que je connaisse étant Natalia Imbruglia).

La Doppia Ora est son premier film et un film qu’il réalise tardivement – en termes d’âge – puisqu’il a 42 ans. Et ce premier film a le mérite d’avoir été présenté à la 66e Mostra de Venise (2009). Ce film raconte l’histoire de Sonia (Kseniya Rappoport, une actrice chouchouté par Giuseppe Tornatore réalisateur à propos duquel j’avais parlé du film Baaria), femme de ménage dans un hôtel et de sa rencontre avec Guido (Filippo Timi, Benito Mussolini dans le film Vincere), ancien policier, alors que tous deux se rencontrent à un speed dating avec le but de trouver un partenaire avec qui construire une histoire stable, sereine et saine. Le film s’ouvre sur une scène où l’on voit Sonia entrer dans une chambre afin d’y faire le ménage. Cette chambre est occupée par une cliente qui accepte toutefois que Sonia entre. Alors que cette dernière commence le ménage de la salle de bain, un grand « BOUM » ! Sonia sort, la femme n’est plus là, la fenêtre est ouverte…

Que va-t-il advenir de Sonia ? Quelle va-être sa réaction ? Sera-t-elle accusée de meurtre ? Pourra-t-elle se relever d’un événement si traumatisant… C’est sur ces questions que s’engouffre le film et que le spectateur est embarqué. Dans une perspective plus globale, et je ne dévoile pas grand chose en disant cela, Giuseppe Capotondi décortique les nœuds complexes de ses personnages et analyse les aspects les plus sombres de leur personnalité : ainsi un nombre important de protagonistes apparait au cours du film, chacun complexifiant un peu plus l’intrigue. L’intrigue elle même connaît un rebondissement essentiel en son milieu alors même qu’il est vrai, d’après certains spectateurs, que l’histoire s’essouffle un peu à un moment. Ce rebondissement relance la machine infernale de l’histoire : ce rebondissement permet, d’après moi, une double lecture du film. Soit on y voit deux parties intrinsèquement liées, soit on peut voir à travers ce rebondissement, une division claire de l’histoire, en deux parties liées certes, mais tout de même indépendantes l’une de l’autre… Un peu compliqué à expliquer… Le jeu des acteurs (très abouti à mon sens) et l’ambiance élaborée par le réalisateur contribuent à entretenir le mystère relatif à l’ensemble de l’intrigue durant toute la durée du film. Les plans rapprochés, la lumière – basse et tamisée le plus souvent -, la bande son réduite à sa plus simple expression, créent une sorte d’intimité entre le spectateur et les acteurs. Le spectateur est tantôt témoin, tantôt complice des événements au cours de la fiction.

Le film, que je ne souhaite pas plus développer ici, est à vivre pour être compris ! En tout cas, j’attendrai impatiemment la sortie de nouveaux films de Giuseppe Capotondi.

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