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Berlin Trip avec John le Carré

13 septembre 2010

Le Resto à currywurste classique de Berlin

Entre les petites femmes de Paris et les petites Currywurste de Berlin, mon cœur balance !

Du 22 au 28 août j’ai découvert les délices subtils et raffinés de la capitale germanique ainsi que ses merveilles culturelles.

Le désir de découvrir cette ville a lentement grandi en moi et s’est affirmé à travers la lecture d’Une amitiée absolue de John Le Carré. Ce roman débute au lendemain de la seconde guerre mondiale, alors que l’Inde gagne son indépendance. Des personnages de cultures différentes (indo-pakistanaise, britannique, française, allemande ou encore américaine) nous font voyager à travers une Europe où les blocs occidentaux et soviétiques se confrontent. Le roman traverse cinq décennies pour nous conduire au monde actuel dans lequel les media et personnalités politiques martellent des expressions telles que guerre totale, guerre contre le terrorisme, ou encore d’axe du bien contre axe du mal…

La complexité et les paradoxes de notre monde évoqués dans le roman se retrouvent tous dans cette ville qu’est Berlin et qui a traversé les moments les plus sombres de l’Histoire européenne : nazisme, guerre froide et construction du mur, complexe réunification, etc. Le fait que l’on « sente » littéralement l’Histoire dans cette ville m’a agréablement frappé et troublé. Ce sentiment a été certainement d’autant plus prégnant que j’avais lu peu de temps avant de débuter ce voyage berlinois le roman de John Le Carré.

La Postdamer station

Au delà du fait de revisiter les temps les plus forts de l’histoire européenne des cinquante dernières années, Le Carré prend plaisir à nous faire visiter « son » Berlin, « son » Europe tout en y instillant une délicieuse touche de subversion et d’esprit critique. Pour simplifier, le lecteur moyen dira que l’auteur est de gauche ; la réalité est, d’après moi bien plus complexe, puisque John Le Carré critique tous les bords et interroge tous les systèmes connus en occident. Aussi, lorsque nous, touriste, visitons la Postdamer platz, l’Alexander platz ou encore quelques vestiges du mur, de nombreux passages et images du roman retraversent délicieusement l’esprit et nous avons l’impression, de faire, à notre tour, partie tant de l’Histoire que du roman.

l'Alexander Platz ou le soviétisme triomphant !

Au delà des échos en termes de lieux, l’intrigue d’Une amitié absolue m’a elle-même transporté puisque je me rêverais parfaitement dans l’incarnation des deux protagonistes principaux, l’un étudiant gaucho britannique de bonne famille – même si ce n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît à la première lecture – (Ted), et l’autre philosophe nanar berlinois (Sasha) qui vivent ensemble les premières années du mur, puis que la vie sépare, pour ensuite se retrouver agents sous l’influence de grands pouvoirs transnationaux (Etats, lobbies, groupes religieux ?).

Berlin est une ville qui m’a paru vibrer, vivre, d’une énergie sans nom et indescriptible mais que je sentais partout… Cette énergie est celle-là même qui fut à l’origine des plus grands penseurs de ce pays (Marx, Engels, Nietzsche, etc.). La même énergie permit à des milliers d’Allemands de vivre sous le nazisme, sous le diktat du mur puis un jour de le faire tomber, cette énergie coule dans les veines des Allemands prêts à occuper des squats et à s’exprimer sur des banderoles ou à travers différentes formes d’art comme on peut le voir au Tacheles. Le Tacheles est un squat occupé depuis une vingtaine d’années par des artistes qui depuis peu paient une contribution symbolique afin d’être « tolérés » entre ses murs. Ce lieu emblématique attire chaque jour des centaines de visiteurs et pourtant, la banque, propriétaire du bâtiment, sous la pression spéculative actuelle dans l’immobilier, souhaite vendre le lieu et les artistes risquent d’être expulsés. Dans Une amitié absolue nos héros sont animés de cette énergie si particulière et occupent eux-aussi un squat et la règle est stricte : si au cours d’une manifestation anarchiste un squatteur se fait arrêter, il ne doit sous aucun prétexte dévoiler son lieu de résidence au risque de mettre en péril l’ensemble de la communauté… Les années passent et les pratiques ne varient, au final, guère… A part ces formes d’expression « alternative », Berlin met aussi à l’honneur des formes d’art plus classique et dont on peut profiter pleinement, notamment sur l' »île au Musée » (Museuminsel) avec ses somptueux et étonnants Altes Museum, Neues Museum ou encore Pergamonmuseum.

Les artistes s'expriment avec des torchons bleus !

Au final, je suis rentré enchanté de ce voyage à Berlin ! Je vous conseille d’ailleurs la solution du train de nuit pour vous rendre à Berlin (la DB est vraiment efficace vindioux !) : en 12-13h vous passez du cœur de Paris au cœur de Berlin (la Hauptbahnhof vaut, à elle seule, le détour tant elle est impressionnante !). En plus vous arrivez prêt à visiter la ville sans perdre de demie-journée comme c’est malheureusement souvent le cas lorsqu’on prend l’avion.

Pour poursuivre cet envoutant voyage germanique j’ai l’intention d’assister à la représentation d’Une femme à Berlin au Théâtre du Rond-Point. A l’origine, Une femme à Berlin est un essai autobiographique relatant le vécu d’une femme vivant l’arrivée des troupes soviétiques à Berlin. Cet ouvrage est entouré d’un ensemble de polémiques quant à sa validité historique. Affaire à suivre donc, peut-être dans un prochain article 😉

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One Comment leave one →
  1. 13 septembre 2010 19:19

    J’avais beaucoup aimé Berlin, que j’avais trouvé très dépaysante, comme ville.
    Sinon, en roman de John Le Carré, il faut lire La Constance du Jardinier !

    Et il faudra que tu me dises si tu as déjà pris tes places pour Une Femme à Berlin : si ça n’est pas le cas, il faut qu’on se parle !

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