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Un Roman français

25 août 2010

C’est bientôt la rentrée littéraire, et des nouveautés vont bientôt envahir les tables des libraires, tandis que tous les journaux vont se gausser de dénicher le nouveau jeune talent ou bien encenser le dernier Houellebecq.
Parce que sur Culture’s Pub, nous sommes toujours à la pointe de la nouveauté, je vais vous parler d’un roman sorti… lors de la rentrée littéraire 2009. Comme dirait l’adage, mieux vaut tard que jamais, et puis bon, je n’ai eu l’occasion de le lire que la semaine dernière, alors je suis pardonnée. En fait, ma mère me l’a offert pour ma fête, et ma fête, c’est en juin, vous comprendrez la contrainte. Je vais donc vous parler, un peu plus d’un an après sa parution, d’Un Roman français, petit dernier de Frédéric Beigbeder.

Ah, Beigbeder… réputation sulfureuse, personnalité pas toujours très sympathique – et je l’avoue, je ne suis pas la première à nourrir de nombreux préjugés sur le bonhomme alors que jusqu’ici, je n’avais rien lu de lui, me contentant de voir 99 francs, le film avec Jean Dujardin. Que je n’ai pas trouvé extraordinaire, soit dit en passant, malgré quelques scènes très pertinentes.

Pourquoi Un Roman français, me direz-vous ? Parce qu’il ressortait des critiques de professionnels et d’amis que ça n’était pas un Beigbeder comme les autres, que c’était même vachement bon, et qu’il fallait quand même que j’essaie. Et puis, le concept du roman écrit au lendemain d’une cuite, en forme de remède contre la gueule de bois, c’était séduisant…

Toute l’histoire part d’un fait divers qui est réellement arrivé à notre cher Frédéric : surpris par la maréchaussée en train de sniffer de la coke sur le capot d’une voiture, il se retrouve deux nuits au trou. Et ça lui laisse le temps de gamberger, de se replonger dans ses souvenirs d’enfance, de faire le point sur lui-même. Avec une franchise et une candeur déconcertantes. Il part du triste constat qu’il n’a plus aucun souvenir de son enfance, pour dérouler peu à peu le fil de la mémoire, se raccrochant à des images fugaces de celui qu’il était à 6 ans afin de remonter peu à peu la pente de sa jeunesse. C’est là qu’est toute la nouveauté de ce roman autobiographique : plutôt que de partir de la naissance et de dérouler les événements dans l’ordre chronologique, il les raconte dans un ordre plus ou moins respecté, mais surtout dans un ordre qui fait sens pour lui, qui permet d’expliquer comment l’adulte qu’il est devenu ne peut que décevoir le garçon qu’il a été. Crise d’adolescence ou de la quarantaine, Beigbeder mêle les deux, passant ainsi, enfin, à l’âge d’homme.

C’est drôle aussi, finalement, parce que Frédéric Beigbeder, derrière le souci de se raconter, raconte également les travers de sa classe sociale, le ridicule d’être un nanti et pourtant de revendiquer un mal être intrinsèque. Il est né avec une cuiller d’argent dans la bouche, il le sait, et c’est sans fard, avec une bonne dose d’ironie, qu’il décrit la société aristo-bourgeoise neuilléenne dans laquelle il a grandi, et qui l’a marqué autant que le divorce de ses parents.

Ce livre est bouleversant d’honnêteté, tant dans l’aveu d’une enfance sans problèmes que dans l’ironie de soi, mais finalement, ce n’est pas ça qui m’a le plus parlé. Non, ce qui fait la qualité de ce livre, c’est l’écriture. Parce qu’elle reflète le cheminement de la pensée d’un prisonnier, elle n’est pas toujours très ordonnée, et parfois même un peu brouillonne, on le sent dans l’utilisation de certains clichés littéraires. Mais cela ne saurait cacher la parfaite maîtrise de l’écriture, ce qui, mes enfants, n’est pas le cas de tous les auteurs publiés, quand on voit le Top 10 des meilleures ventes de l’été, on a presque envie de pleurer… Non, Beigbeder sait écrire, et même s’il se rend coupable de nombrilisme, même s’il est parfois un peu pompeux, il aime la langue française, et ça se sent. Un roman français, oui, parce qu’un roman qui aime le français – rien que l’usage de mots comme « chandail » ou « soulier », çe me fait sourire.

Je ne sais pas si je lirai d’autres romans de l’enfant terrible de la littérature contemporaine française. Parce que si Un Roman français est si différent qu’on le dit du reste de se production, je serai sûrement déçue…

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