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Willy Ronis à la Monnaie de Paris

20 août 2010

Amis de la photo, bonjour !

Si je passe certes la majorité de mon temps derrière un pc, il arrive parfois que des amis bien intentionnés me traînent manu militari dehors – surtout pour voir des expos ! J’aime bien qu’on me sorte dans des trucs arty, et j’aime la photo au sens large – comprendre : j’y connais rien, je suis incapable de régler correctement mon appareil, mais ça m’éclate et j’aime bien regarder les jolies images. Et évidemment j’exagère – mais le langage technocratique des photographes ça a vite tendance à me lourder inutilement. Je me suis mise il y a quelques temps à l’argentique, et plus particulièrement au noir et blanc … comme notre ami Willy Ronis !
Malheureusement, il n’aura pas pu fêter son centenaire en faisant une super grosse exposition, mais parfois les autorités culturelles (sic) de ce pays ne font pas n’importe quoi et l’expo à la Monnaie de Paris reprend pas mal de clichés de l’artiste – avec un découpage plutôt pertinent.
Si vous ne savez pas quoi glandouiller à Paris ce week end, profitez des derniers jours pour courir à l’expo Willy Ronis !

Un truc que vous ne savez peut être pas, c’est que je déteste attendre. Donc évidemment, aller à la dernière nocturne de l’expo – c’était pas franchement malin, arriver en retard, encore moins. Après une bonne heure d’attente, alléluia ! Je rentre enfin. Pour être accueillie par une nana qui aurait mérité qu’on sabre son chignon au katana pour faire chier les jeunes sur des histoires de cartes d’étudiants, et un videur qui te regarde mal (conseil d’ami : ne sortez jamais vos amis capillairement développés avec vos New Rocks, ça génère des emmerdes).

Bref, la beuglante : c’est fait ! Passons à l’expo…
Je dois dire que pour une fois, avant de débarquer comme une fleur, je m’étais quand même vaguement renseignée sur le personnage, et ce que j’avais lu de l’expo me paraissait pas mal ficelé. Plusieurs époques, plusieurs salles…
Après, je pense que le fait que l’expo soit blindée a un peu joué dans mon appréciation de la chose. Quand il s’agit de regarder des photos, mourir de chaud, et se sentir entourée de gens – c’est pas très pratique. Je dois dire que le souffle chaud dans le cou, j’apprécie moyennement.

Vous avez forcément vu une photo de Ronis quelque part, pensez à ce petit gamin qui court avec sa baguette.
Il y a un certain nombre de portraits dans l’expo – la majorité des photos, en fait. Ce que j’aime bien dans les photos de Ronis, c’est qu’on a l’impression qu’elles ont été prises sur le vif – surtout parce que personne ne regarde l’objectif. Quand on lit les petites notices, on déchante un peu, puisque beaucoup des photos ont été « prévisualisées ». On se doute donc un peu que tout le monde pose, à de très rares exceptions près (dont une où on peut voir le reflet du photographe dans une glace).
L’exposition est progressive, et on commence avec des clichés connus, pour aller vers le plus confidentiel – notamment les nus qui n’occupent qu’un petit bout de mur sur lequel personne ne s’attarde de peur de passer pour un pervers. Les légendes des photos sont anecdotiques – un lieu, une date.
Il est donc parfois un peu plus compliqué d’interpréter la photo, quand on a qu’une date et un lieu : on se demande parfois comment Ronis a réussi à penser telle ou telle photo. Mais parfois, et là, c’est cool (même si on partage la découverte des explications du monsieur lui même avec une dizaine de gluons autour) parce qu’on peut imaginer un peu l’état d’esprit dans lequel a été prise la photo. Une jolie mise en contexte qui permet en douceur de rentrer dans le monde de Ronis.

Ma section préférée est certainement celle qui regroupe un petit paquet de photos de rues, de bâtiments et surtout des usines. Je suis assez partielle sur ce type de clichés, et j’aime beaucoup les cadrages choisis. On se retrouve happé dans une ambiance, à mi chemin entre le reportage et la flânerie. Certaines photos m’ont particulièrement plu : un portrait de vieille dame qui attend son bus à New York, la série sur l’usine textile, et la série sur les coins de Paris. On croise au détour d’un pilier des photos inattendues, avec parfois une touche d’humour comme la photo aux Puces avec un demi mannequin (que les jambes) auquel est accroché un panneau « A louer » !
J’ai trouvé que le découpage de l’expo en thématique : la rue,  ses travaux de reporter pour Vogue ou autre, les corps, ses amis et sa famille. Et on progresse dans cet univers là, avec seulement un léger regret : zéro utilisation d’éclairages (à part une photo rétro-éclairée en grand format planquée dans un coin), ce qui fait qu’on doit un peu batailler pour pouvoir regarder une photo sans reflet. Mais c’était peut être dû à la concentration d’humains au mètre carré, aussi.
Je ne connaissais pas spécialement Ronis avant d’aller à l’expo, mais si cette exposition en son honneur va bientôt se terminer (il fallait pas faire comme moi et être plus rapide mes petits lapins), il existe toujours une séance de rattrapage en quelque sorte : la maison d’art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne expose dès septembre 80 clichés de l’artiste ! Tout n’est pas perdu !

En bref, une exposition bien ficelée, malgré un aménagement de l’espace que j’ai trouvé un peu compliqué à naviguer (surtout la grande première salle où on passe beaucoup de temps à tourner autour du pot des poteaux).
Pour les détails pratiques : ça se passe à la Monnaie de Paris – 11 quai Conti dans le 6e arrondissement, et si vous n’oubliez pas de bien coller l’autocollant de votre carte d’étudiant vous êtes étudiant, vous bénéficiez du tarif réduit à 5 euros. Pour les sexagénaires, les ancêtres et les croulants les autres,  je crois que ça tourne autour des 10 euros.
Vous savez maintenant que faire : cours Forest, et va à l’expo le matin !

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2 commentaires leave one →
  1. Dêz permalink
    20 août 2010 09:57

    Et étant le chevelu sus-cité, je ne peut que confirmer que si l’expo étais très chouette, j’aurais volontiers exprimer mes remerciements a l’organisateur (Mention spéciale a la nana de l’accueil) a grand coup de pied de biche dans les mollets.

    Mais quand même. Ronis c’est super kewl. Particulièrement aimé le nu « La chevelure », la scène d’usine avec ce jeu d’ombre complètement fou et cette photo dans le Bar dont j’ai oublié le nom – La troisième salle je crois ? – ou il prend ses clichés depuis une cage d’escalier visiblement et ou il a réussi a saisir la photo parfaite avec la serveuse comme nimbée de lumière dans une salle de bar triste et sombre, j’aime beaucoup sa manière de traiter la lumière (Quand il décide de le faire, il y’avais en effet quelque cliché qui étaient sans doute plus « Alimentaire ») et son sens du « Mouvement », avec beaucoup de photo qui semble vraiment capter un moment de vie (Beaucoup aimer celle du papa qui envoie son gosse en l’air).

    (Ah, et sinon voir la photo de la mamie que tu décris accolée a la photo d’une prostituée sur les grand boulevard, c’était rigolo aussi.)

    Bref, a voir si on as pas – trop – peur de se taper une queu looooongue. (Mais en même temps, si on y vas en journée – Et à l’heure x) – ca doit pas être trop infâme)

  2. Camcam permalink
    20 août 2010 10:13

    Je dis BRAVO pour cet article qui donne envie de braver les « une heure d’attente » somme toute quasi-obligatoire puisque comme la plupart des gens je courre voir l’expo quelques jours avant sa fin.
    Alors pas besoin de faire quelques recherches, me voilà en condition pour arpenter des yeux les séries de photos!

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