Skip to content

Lib in Theatreland (2)

17 août 2010

Ceci n'est pas un bunker, c'est le National Theatre

Les vacances, oui… mais pas sans théâtre ! Quelques jours à Londres fin juillet m’ont permis de voir encore et toujours plus de pièces ! Buchner, Bergman, Shakespeare et David Hirson pour les auteurs, Grandage, Attenborough, Mendes et Matthew Warchus pour les metteurs en scène, et enfin, sur scène, Toby Stephens, Mark Rylance, Joanna Lumley, David Hyde-Pierce, Ruth Wilson, Juliet Rylance, et le grand Stephen Dillane.   Vous avez déjà suivi mes aventures théâtresques à Londres (ou pas, voici donc l’occasion de vous rattraper), continuons avec 5 pièces (en 5 jours, c’est pas mal !).      

         

Danton’s Death, de Georg Büchner. Mise en scène de Michael Grandage. Au National Theatre.
Avec Toby Stephens, Elliot Levey…         

Une mise en scène de Michael Grandage, ça ne se rate pas. Le Golden Boy du théâtre anglais se frotte au National Theatre, qu’il finira probablement par diriger dans un futur pas si lointain… Cette mise en scène dans l’immense Olivier Theatre, c’était un peu un challenge pour voir si vraiment il avait l’étoffe d’un directeur artistique au NT. La réponse est… pas vraiment, sur cette production en tout cas. Une pièce sur Danton, sur la Révolution française, mettant en scène le peuple et les révolutionnaires… Sur le papier, ça a de la gueule, et on s’attend à quelque chose d’épique, de grandiose… Et ça bascule dans l’intime, le petit, le resserré. Ce qui, en soit, n’est pas un défaut. Mais sur la scène de l’Olivier Theatre, ça ne donne pas grand chose. Cette production-là était destinée à la scène, plus modeste, du Donmar Warehouse…  que dirige actuellement Grandage. Sans compter que Toby Stephens n’a ni le charisme, ni la carrure d’un Danton, et qu’Elliot Levey, dans le rôle de Robespierre, ne m’a pas convaincue : pas assez de coffre, une voix nasillarde… l’incarnation de la Terreur, ce n’est pas encore ça.         

Et puisqu’on parle du NT, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse sur la visite guidée du théâtre que j’ai faite avec une amie. Le groupe était assez petit, et l’intervention de grande qualité. Pénétrer dans les arcanes du National Theatre, passer sous les immenses portraits de Laurence Olivier qui surgissent ici et là, regarder les techniciens au travail pour les changements de décor (8 à 9 pièces jouées en même temps, sur 3 scènes différentes, faites le calcul, ça implique de l’activité tous les jours !), découvrir cette fourmilière… c’était passionnant. Et ça donne très envie de bosser au NT, tout ça…         

Passons à la suite :         

Through a Glass Darkly, une adaptation de Jenny Worton, d’après Ingmar Bergman. Mise en scène de Michael Attenborough. A l’Almeida Theatre.
Avec Ruth Wilson, Justin Salinger…         

En Suède, une famille passe ses vacances dans un petit chalet isolé au bord de la mer. Le père, la fille et son mari, le fils. Mais sous le vernis de la famille idéale, la fille, Karin, a hérité de la maladie mentale de sa mère. Le père, écrivain, est plus intéressé par l’étude littéraire de la maladie de sa fille que par son bien-être. Le mari, médecin, ne veut que le bien de sa femme, mais une certaine condescendance masculine habite chacun de ses gestes. Quant au jeune fils, 17 ans, il est terrassé par ses pulsions et ses hormones, et sa relation dysfonctionnelle avec son père ne l’aide guère…
La mise en scène d’Attenborough joue autant sur l’ambiance malsaine de cet huis clos que sur le jeu, superbe, de ses acteurs. Mais la sauce ne prend pas. L’ensemble est répétitif, sans véritable souffle. L’inéluctable se produit, la femme est destinée à finir à l’HP, et au fond, ce thème rabâché sur l’hystérie féminine ne semble plus très bien fonctionner – merci Michel Onfray. J’ai vu Ruth Wilson en septembre dernier dans Un Tramway nommé désir – si l’étude de la folie est parfaitement menée dans la pièce de Williams, elle semble stéréotypée et peu valorisante pour la femme dans cette interprétation de l’œuvre de Bergman. Dommage.     

La Bête, de David Hirson. Mise en scène de Matthew Warchus. Au Comedy Theatre.
Avec Mark Rylance, David Hyde-Pierce, Joanna Lumley…     

Alors là, il y a du lourd. Mark Rylance, qui vient de triompher dans Jerusalem, un des acteurs les plus doués de sa génération. David Hyde-Pierce, qui, apparemment, joue dans la série Frasier (que je ne regarde pas). Et Joanna Lumley, de la série Absolutely Fabulous – que je ne regarde pas non plus. La Bête est une pièce en costumes écrite en 1991 par un auteur américain. Tout en vers, elle raconte l’histoire d’un histrion de pacotille qui cherche à prendre la place de la troupe de théâtre officielle de la princesse, le tout sur fond de clin d’oeil à Molière. C’est outrancier, c’est déjanté – Mark Rylance, dans le rôle de Valère l’histrion, s’en donne à coeur joie, mais mon dieu, qu’est-ce qu’on se marre, à s’en faire les abdos. Rarement je me suis autant gondolée dans une salle de théâtre.      

The Tempest, de William Shakespeare. Mise en scène de Sam Mendes. A l’Old Vic.
Avec Stephen Dillane, Juliet Rylance, Christian Camargo…       

Voir là, sauf que cette fois-ci, je voyais beaucoup mieux…      

Stephen Dillance & Juliet Rylance

As You Like It, de William Shakespeare. Mise en scène de Sam Mendes. A l’Old Vic.
Avec Stephen Dillane, Juliet Rylance, Christian Camargo…       

Premier obstacle, je ne connaissais pas du tout l’intrigue de cette pièce, et j’ai beau me débrouiller en anglais, Shakespeare, ça n’est pas toujours évident à comprendre. Même si deux amies anglaises m’ont expliqué les principales ficelles de l’histoire une heure avant le lever du rideau, j’étais un peu perdue… Deuxième obstacle, c’est sacrément long. J’ai donc, je l’avoue, un peu décroché dans la seconde partie, après l’entracte. Mais je retiens de cette production, le décor, charmant et bucolique, magnifiquement servi par de superbes éclairages. Juliet Rylance, ravissante et si fraîche, déguisée en garçon (c’est une comédie du vieux Bill, donc forcément, il va y avoir des filles déguisés en garçon et vice-versa). Et surtout, Stephen Dillane dans le rôle de Jaques (prononcez Djéquisse, j’aurais au moins appris ça), superbe de cynisme et de détachement, inoubliable avec son nez rouge de clown et son harmonica pour imiter Bob Dylan. Je n’ai pas compris les moindes détails de l’intrigue – compliquée, au demeurant – mais j’ai savouré avec plaisir la langue de Shakespeare et le jeu des comédiens. Un bien joli moment pour conclure ces quelques jours londoniens, en attendant la suite (à Noël, très probablement !).

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :