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Aventures improbables de Français crétins en Corée du Sud

7 août 2010

Séoul, Palais Royal.

Bonjour à tous ! Comme je suis contente de vous retrouver ! Vous m’avez tellement manqué !
Vous l’aurez sans doute deviné (le titre sert à ça, et puis vous êtes forcément des gens brillants, sinon vous ne traîneriez pas ici – faut pas croire, on sélectionne nos lecteurs, au Culture’s Pub !), j’ai passé mes vacances en Corée du Sud… Étrange pays que celui du Matin Gris (et non pas Calme, comme on le lit partout, sans doute parce que c’est un peu plus poétique). En attendant un vrai article de fond sur la Corée, son peuple, sa culture, son histoire, je vous livre un petit méli-mélo de tous les trucs improbables qui nous sont arrivés, à Iwayado (je sais que c’est sans espoir, mais reviens !), Foudragon (fais pas ton fier et viens commenter au moins !) et moi-même.

Séoul (서울, parce que j’ai un Mac, que je suis snob et que j’assume) :

Oui, c'est censé être du caramel. Ou du nougat. En tout cas, on ne vous le recommande pas.

Ne pas s’attacher à l’arrière des voitures (de toute façon il n’y a pas de ceinture) et finir par ne plus avoir peur de mourir… encore que.
Se prendre la mousson sur la gueule et se voir proposer un parapluie par un commerçant qui préfère nous en prêter un sous prétexte que les siens sont trop chers ; acheter le parapluie quand même parce que c’est tellement agréable de ne pas être pris pour une porte-feuille ambulant.
Arriver dans les toilettes et se rendre compte que non, ce n’est pas un mythe, les Coréens jettent bien leur papier toilette dans la poubelle ; continuer à jeter le sien dans la cuvette avec un soupçon de mauvaise conscience, mais bon, c’est juste pas possible de s’adapter à ça.
Tenter de manger du nougat-caramel et se rendre à l’évidence : entre nos dents et lui, la bataille est perdue d’avance.
Chercher désespérément une poubelle et apprendre à garder ses déchets.
Sortir d’un lieu climatisé à 18°C pour atterrir dans une rue à 35°C – ressenti +5° (au moins !) à cause de l’humidité.
Se battre avec les différents systèmes de climatisation et des ventilos au fonctionnement incompréhensible.
Se faire offrir des bières et du poulpe séché par un Coréen qui partage notre dortoir et notre insomnie. Tenter de lui faire la conversation tandis que les deux autres s’étripent sur des questions politico-métaphysiques intraduisibles.

Le quartier de Jamsil (잠실동) : n'écoutez pas ceux qui vous disent de ne pas y aller.

Débarquer dans un quartier universellement décrit comme tout moisi et découvrir que c’est de loin le plus sympa de tout Séoul.
Goûter des fruits non-identifiés achetés au hasard sur un marché, dont la poire coréenne, qui ressemble quand même vachement à une grosse pomme… jusqu’à ce qu’on essaye de la manger.
Se balader au milieu des immenses tours d’habitation et se rendre compte que c’est plutôt joli, et carrément chicos.
Voir des Coréens marcher inlassablement autour d’un stade carré à la nuit tombée (existe aussi en version trottinette).
Voler la place des vieilles dames sur les machines d’exercice dans les jardins publics.

Sauf que leur baguette, ben, comment vous dire...?

Assister à un mariage où les photos semblent compter plus que la cérémonie même et où tout le monde rentre chez soi à 21h tapantes.
Rentrer dans un Paris Baguette en passant naïvement y trouver de la boulangerie française.

Quelque part dans les montagnes à l’est de Séoul

Débarquer dans le vestiaire des femmes à Ocean World et constater qu’elles sont toutes à poil, mais complètement, quoi.
Voir des danseurs coréens déguisés en Égyptiens nous faire une démonstration de hip-hop pseudo moyen-oriental.
Se prendre pour les globules de Il était une fois la vie avec nos bouées, passer pour les gens les plus crétins du monde et s’en foutre pas mal.

Mon amie la grenouille.

Se friter méchamment pour savoir si on va vraiment manger du bœuf américain.
Trouver une grenouille dans la cuisine du gîte.
Se faire offrir des alcools bizarroïdes (soju et makkolli) et des plats improbables (un genre de frichti fait de tapioca, ginseng et poulet… peut-être) par des Coréens beurrés comme des Petits Lus après une rando.

Gangneung (강릉시)

Débarquer à minuit sans savoir où on va passer la nuit et trouver en cinq minutes (avec séance de mime en option).
Entrer par erreur dans une cabane de recrutement de l’armée coréenne en cherchant l’office de tourisme.

Ok, techniquement, c'est le marché couvert d'Andong, mais on va pas chipoter, hein ?

Manger du poulpe et des huîtres cuites au barbecue, mais se défiler sous de faux prétextes (c’est bête, on n’a vraiment pas le temps !) quand il s’agit de tenter le poulpe vivant.
Se faire systématiquement découper sa viande quand on essaye d’en manger.
Arriver toutes contentes sur la plus belle plage de Corée et devoir renoncer à mettre son bikini quand on constate que tout le monde reste habillé, même dans l’eau.
Passer la nuit sur la plage avec un groupe irlando-coréen formé deux heures plus tôt et des étudiantes en littérature anglaise qui ne maîtrisent pas nécessairement la langue de Shakespeare.
Essayer de prendre un bain de minuit et se faire sortir fissa par des maîtres-nageurs apparemment persuadés que les Occidentaux non plus ne savent pas nager.
S’extasier sur le lever de soleil sur la Mer du Japon de l’Est.

Traverser en train les villes minières et se croire dans le nord de la France.

Ou comment optimiser l'espace dans une salle de bain étriquée.

Andong (안동시)

Dormir dans un hôtel de passe… peut-être ; s’y doucher au-dessus du lavabo et trouver des numéros de prostituées sur la boîte de mouchoirs.
Se faire aborder dans la rue par des gens obsédés par votre origine géographique.
Commander des plats à l’aveugle et s’arracher systématiquement la gueule sur des trucs hyper-épicés.

Gyeongju (경주)

Avoir l’impression de débarquer à Las Vegas alors qu’en fait, vraiment pas, et se balader dans le quartier déserté dès 22h.
Se taper un délire sur les grues-garous… et sentir ses derniers neurones agoniser.

Gyeongju by night.

Parler Catulle et bataille d’Azincourt sur le toit de l’hôtel avec Jason, un Américain qui s’y connaît mieux que nous. À 1h du mat’.
Se faire recruter par la secte christiano-féministe de la Heavenly Mother – après tout, nous sommes toutes sœurs. Certes.
Regarder Yamakasi 2 sous-titré en coréen tout en parlant politique et Trône de Fer avec un autre Américain et un ingénieur norvégien.
Se faire rembarrer par un chauffeur de bus / une serveuse mal lunée.

re-Séoul

Avoir fait une nuit de Starcraft II le jour même de la sortie dans PC-Bang (prononcez « pichi »).
Défier (et vaincre) les Coréens sur leur terrain dans un club de baduk (le go, quoi).
Manger un Double Bulgogi Burger au McDo et conjecturer sur la nature exacte de ce qui tient lieu de protéines (c’était du porc… il paraît).
Se galérer à trouver une place tout en haut d’une montagne pour admirer la vue de nuit… avec la moitié des amoureux de la capitale.
Saouler tout le monde avec « À la volette » – la problème avec cette chanson, c’est qu’elle reste – pendant quinze jours pour finalement se faire latter la face à grands coups de « C’est la Kro qui fait pousser la bedaine… »
Massacrer gaiement « Bad Romance » au karaoké et faire un score de 96% ; conclure à 100% sur « Quizás, quizás, quizás » alors qu’on ne connaît que le refrain.

Le retour

Ah que la montagne coréenne est belle...

Perdre sa carte d’embarquement une demi-heure avant le départ.
Faire alternativement des scores de 0 et un million à « Qui veut gagner…? » dans l’avion.
Démarrer la matinée au champagne en classe éco.
Être bien content de retrouver sa patrie pour se mettre à râler dès l’arrivée dans l’aéroport parce qu’il y a 45 minutes de queue à faire pour passer la douane.
Sauter de joie frénétiquement parce qu’on trouve tout de suite une poubelle.

Avoir globalement très très envie de revoir la Corée un jour… mais en automne !

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16 commentaires leave one →
  1. Iwayado permalink
    8 août 2010 10:15

    Je confirme le contenu exact de cette description (surtout de la perte de la carte d’embarquement à l’aéroport; ça c’est moi^^).

    Syracuse Cat a oublié de parler de Maechilsu, alcool de prune, ou vin de prune, j’ai pas trop bien compris… à ne pas consommer sur une plage à 3 heures du matin si vous êtes crevés. Conseil d’amie.

    Et pour compléter ce voyage au pays du matin gris (ça le fait moins hein!) :

  2. 10 août 2010 08:08

    C’est rigolo, ta façon un peu impressionniste de jeter tes souvenirs de voyage, j’aime bien !
    Vive l’interculturalité !

    • 10 août 2010 08:21

      En réalité, je ne sais pas trop comment l’idée nous est venue, mais c’est vraiment un article collectif, parce qu’on a tous jeté nos idées en vrac… mais ça nous a bien fait rire quand on l’a fait, et je me suis dit que ça ferait une bonne intro à un vrai article. Et que ça ferait un article de plus à mon compte aussi :p

      • Iwayado permalink
        10 août 2010 08:54

        Toujours vénale, Syracuse Cat!

      • 10 août 2010 10:37

        Vu l’activité débordante de Culture’s Pub en ce mois d’août, la vénalité est la bienvenue !!

      • 10 août 2010 13:18

        Voilà, c’est ce que je m’étais dit, aussi… Ou comment mettre mes défauts au service de la communauté^^

  3. Iwayado permalink
    10 août 2010 14:29

    En fait si je me rappelle bien, j’avais prévu de faire une liste de « ça, c’est fait », pour tous les trucs débiles qui nous étaient arrivés, et on a fusionné ça avec ton idée d’article, d’où le côté impressionniste (un terme pompeux pour: on a eu la flemme de rédiger et pis c’est plus marrant comme ça) :p

    • 10 août 2010 15:28

      En même temps, la liste on en aurait fait un quoi ? Une peinture murale ?^^
      Non, non, il était de notre de voir de l’imposer la faire partager à tous nos amis casse-couilles !

    • Jokester permalink
      13 août 2010 14:28

      Votre récit de voyage est bien sympa à lire, autant pour la forme que le contenu. Ca me donne envie d’aller faire un tour en Corée du Sud ^^ (c’est mon aprèm Corée, je viens de lire ca à l’instant [plus pour le côté nord de la péninsule…] : http://chinecoree.blog.lemonde.fr/2010/08/13/humour-et-derision-le-royaume-ermite-a-la-sauce-piquante/ )
      Au plaisir de vous lire, au cours d’une (éventuelle) future pérégrination de votre joyeuse compagnie !

      • 13 août 2010 15:43

        Merci, Jokester ! Pour les détails pratiques, un autre article arrive très bientôt : j’espère qu’il vous donnera encore plus envie de sauter dans le prochain avion pour découvrir ce beau pays !

  4. (Le papa de) Syracuse Cat (probablement) permalink
    15 août 2010 09:17

    Comment peut être français en Corée ?
    L’expérience semble mériter le pari du Pays des matins Gris.

    L’héritier de l’impressionnisme.

    • 15 août 2010 09:25

      Tu fais des haïkus?

      • 15 août 2010 16:10

        À vrai dire, non… Soit notre administrateur s’amuse, soit j’ai oublié de me déconnecter et un commentateur de ma famille en a profité pour s’exprimer. Vu le style, la première solution me paraît moins improbable, mais qui sait ?

      • 15 août 2010 23:11

        Quand même, ça m’énervait, ce mystère… Après étude approfondie des données à ma disposition (la blogosphère, c’est génial, mais niveau protection de la vie privée, c’est loin d’être top), j’ai identifié l’auteur ! Papa, si tu reviens, pardon de ne pas t’avoir reconnu et bisous !

        Oui, parce que contrairement à d’autres, je reconnais publiquement (et j’apprécie) que mes parents lisent mes articles. Mais je ne dénoncerai personne. Parce que j’ai peur je suis loyale.

      • 16 août 2010 07:16

        Bienvenue, Papa de Syracuse Cat !

Trackbacks

  1. La « vague coréenne , deux séries pour le prix d’une ! « Culture's Pub

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