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Splice, cauchemard génétique.

18 juillet 2010

Vague de chaleur et besoin de sociabilisation oblige, en plein milieu de Paris au mois de juillet les endroits climatisés sont rares et appréciables… Dimanche dernier je suis donc allée en bonne compagnie voir Splice au cinéma.

Pour ce que j’en avais pigé avant d’arriver, il y avait une bestiole bizarre sur l’affiche : vaguement humanoïde et avec une longue queue ; et ça parlait d’expériences bizarres. Moi qui suis très enthousiaste pour les histoires de monstres, je dois dire que je m’attendais à un truc rigolo… mais j’ai rapidement déchanté.

Un générique de film « à la Fight Club », on commence à être mis dans le bain : lumières vertes, formes indéfinies, on ne sait pas très bien ce qu’on regarde, mais ça l’air d’être de la science et d’être fort mystérieux.

Toujours sans spoil, les grandes lignes du scénar sont pas mal ficelées. On suit ainsi les aventures de deux scientifiques de haute volée un peu rock and roll qui combinent des gênes de différentes espèces pour fabriquer des bestioles capables de synthétiser certaines protéines, etc. Le tout pour le bien-être de l’humanité, of course.

On assiste donc à la naissance d’une espèce de grosse limace visqueuse couleur cervelle d’agneau, en constatant un peu avec dégoût que les deux héros s’émerveillent dessus comme devant le berceau d’un nouveau-né. Une autre bestiole gluante du genre ayant déjà été créée, c’est parti pour un joli ballet de langues roses, reproduction, tout ça.

Les choses se compliquent un peu quand le labo entre dans la phase II, plus de recherche, plus d’améliorations, on ne mélange plus les génomes humains et les autres pour guérir le cancer, on arrête les conneries et on synthétise des trucs pour faciliter l’élevage de porcs (je schématise un chouillat, quand même). Scientifiques rock and roll que sont nos héros, et passablement barrés, le mélange du génome humain avec le reste a quand même lieu. Quelques heures plus tard, l’incubateur explose, avec une sale bestiole moche dedans. Elle va grandir, mettre une robe, et s’appeler Dren (Nerd à l’envers, subtil, subtil). Je ne vous décris pas le reste du film, mais petit à petit, ça devient de plus en plus malsain. Et on finit un peu par se demander pourquoi on est allé voir ce truc.

Le scénariste a dû faire des études de psycho, parce que tout y passe… Œdipe, Électre, et ça se barre franchement en sucette. Je dois avouer que j’ai préféré le début du film, avant que ça ne bascule dans le côté franchement psycho de la relation entre le couple de scientifiques et Dren. Le côté scientifiques maudits et monstre de Frankenstein est plus rigolo. Au fur et à mesure que la bestiole grandit, le côté humain prend le dessus, et c’est peut être ça le plus flippant : violence, manipulations affectives, ça gratte là où il ne faut pas du côté de la psyché. J’ai trouvé la relation quasiment mère-fille particulièrement bien campée, pile le niveau de folie suffisant pour ne pas balancer dans la démesure ou le cliché, mais c’est essentiellement relié au jeu de l’actrice principale. En comparaison, l’Électre était un peu moins poignante, mais aussi parce que moins développée dans la durée.

Et évidemment, ça ne finit pas très bien non plus. Enfin pas de happy end où tout le monde est beau et gentil, ce qui est cohérent avec la progression du film, hein (le scénariste est peut-être tordu, mais pas complètement sous acide).

Je ne recommande donc pas spécialement Splice, que j’ai trouvé un tantinet glauque, et avec des messages un peu confus. Sans doute un peu trop d’évidences bibliques à mon goût. Par contre, la musique du film est chouette, et les effets spéciaux assez cool. Mention particulière aux décors quand même, j’ai beaucoup aimé la deuxième partie du film pour le décor de la ferme. Après, bof, bof. J’aurais préféré creuser un peu plus l’aspect scientifique que le cracra relationnel, mais c’est mon côté fan de NCIS qui ressort.

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2 commentaires leave one →
  1. G.frank permalink
    18 juillet 2010 08:56

    Ce film à été en prod durant un bon moment, les 1er images sont sorties en 2006, et ce que je craignais, c’est d’avoir déjà deviner l’évolution du scénar.

    Donc au final je rajouterais que Slide est dans son scénario hyper-prévisible, mais qu’en plus le rythme se traine et du coup c’est encore plus frustrant, car on te laisse bien le temps de voir et deviner ce qui va arriver.

    Les choses surprenantes sont la qualités de glauquitude de certaines scènes.

Trackbacks

  1. Playne’s mood of july « Culture's Pub

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