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True Blood : et si on visitait la Louisiane ?

2 juillet 2010

Salut, les jeunes ! Après le bilan thématique et affectif de l’année, abordons enfin la question qui taraude (sans doute) depuis le début du mois de juin ceux d’entre vous qui ont suivi régulièrement leurs séries préférées, épisode par épisode, de l’automne au printemps, et qui se retrouvent fort dépourvus maintenant que les vacances sont venues. Pas de panique, on est là !
Le grosse reprise de l’été, à mon avis, c’est True Blood. En tout cas, c’est celle que j’ai attendue avec le plus d’impatience : je me suis jetée dessus voracement, et je n’ai pas été déçue.

La troisième saison a commencé le 13 juin dernier. Lib l’a déjà rapidement évoquée à la rentrée, mais cette série mérite qu’on en parle un peu bien, quand même. Lien Rag, pour répondre à ta question, « True Blood ça parle de quoi, à part raconter l’histoire de vampires intégrés à la société ? »

Pour commencer, bon résumé, shérif. Pour ceux qui ne connaissent pas, je développe un peu le concept de la série, tirée des romans de Charlaine Harris, Southern Vampire Mysteries / La communauté du Sud (J’ai Lu) : les Japonais ont développé un sang de synthèse pour les transfusions, mais les vampires ont découvert que ce produit satisfaisait également leurs besoins nutritifs. Après maint débats, ils ont décidé de révéler leur existence au monde entier et de se faire une place au clair de lune. Laissez-moi vous dire que chez les humains comme chez les vampires, cette décision n’a pas fait que des heureux.

Tru Blood, disponible dans toute bonne épicerie ou bar qui se respecte.

Après des réactions proches du pogrom dans de nombreux pays du monde, beaucoup de vampires se sont réfugiés aux États-Unis, pays de toutes les libertés, bla bla bla… où ils tentent de s’intégrer tant bien que mal. Ils travaillent, payent leurs impôts et militent pour faire reconnaître leurs droits de citoyens. Ils sont par ailleurs confrontés au trafic de V – le sang de vampire est la nouvelle drogue à la mode, et les prédateurs d’antan sont désormais aussi la proie d’aujourd’hui.

Ça, c’est le concept fondateur, mais ça ne vous dit pas de quoi ça parle : l’histoire est centrée sur le personnage de Sookie Stackhouse, une serveuse télépathe qui vit à Bon Temps, un bled paumé de la Louisiane post-Katrina¹. Et la vie de télépathe, c’est pas une partie de plaisir, surtout dans le coin : les pensées des bouseux locaux, c’est vraiment pas la fête. Mais un soir, elle rencontre Bill : Bill est un vampire, Bill est beau, brun, ténébreux, mystérieux… et surtout elle ne peut pas lire ses pensées. Yummy, se dit-elle, et on la comprend. Sauf que fréquenter un vampire n’est pas sans conséquence.

Jusque là, rien de bien original… Alors, pourquoi est-ce que je me suis réveillée un beau matin en me disant, « Diable, quand est-ce que ça reprend, parce que là, j’ai comme une fringale de True Blood ? » Si je vous dis HBO, Alan Ball, vous pensez tout de suite à Six Feet Under (si vous n’y avez pas pensé, vous venez de lire alors ça revient au même) : bon, ben True Blood, c’est les mêmes, et c’est déjà un gage de qualité. Sauf que ça n’explique pas vraiment l’intérêt de la série.
Reconnaissons-le avec Lib, le principal attrait de la série, c’est son ambiance torride. La Lousiane, c’est chaud, moite et glauque, alors si vous ajoutez des vampires qui n’aiment pas la chair fraîche que dans leur assiette… Tout un programme, merveilleusement illustré par le générique (sur lequel je reviendrai parce que vraiment, il est canon) :

Y a pas de secret, le sexe, c’est toujours vendeur, surtout quand c’est bien fait : là, c’est bien écrit, le casting est impeccable et la musique est splendide. True Blood n’est pas juste une série qui surfe sur la vague de la mode des vampires… Phénomène qui n’a d’ailleurs rien de très nouveau, rappelons-le : Joss Whedon n’a pas vraiment attendu Twilight pour créer Buffy², et ne parlons même pas de Bram Stoker. Les vampires font fantasmer depuis longtemps, parce que le concept de ces créatures qui boivent notre sang est vecteur d’un troublant mélange de violence et d’intimité qui le rend profondément érotique.
Alors bien sûr, la série joue beaucoup là-dessus, et elle est particulièrement bien servie par les acteurs : l’alchimie entre Anna Paquin (La leçon de Piano, La 25e Heure… excusez du peu) et Stephen Moyer (Bill le vampire) est assez irrésistible. D’ailleurs les acteurs sont fiancés, maintenant. La relation entre les deux personnages est assez complexe : sous ses airs d’oie blanche, la jeune femme n’a pas l’intention de s’en laisser compter par qui que ce soit, y compris celui qu’elle aime (ça nous change de cette cruche de Bella Swann !). Et sous ses airs de vampire ténébreux, Bill est en réalité un gentilhomme du Sud tout ce qu’il y a de plus BSTR – à moins que…? Au début, la tension s’installe très rapidement entre eux, il faut le dire, mais elle est souvent déjouée de manière humoristique et très fraîche. Ainsi, quand Bill se présente, Sookie lui rit au nez.
Ceci étant dit, je milite actuellement pour que Bill dégage vite fait bien fait : moi qui n’aime pas les blonds, je craque complètement pour Eric le Viking. Alors c’est vrai qu’au début, on a du mal à y croire : il a vraiment des airs de faux mystérieux à deux balles avec son carré de cheveux blond filasse. Et puis Alexander Skarsgård coupe ses cheveux, et déploie son charme, son talent et son 1,93 m. Please, sir, I want some more…!

Sookie: He’s your maker, isn’t he?
Eric: Don’t use words you don’t understand.
Sookie: You have a lot of love for him.
Eric: Don’t use words I don’t understand.

Hmmm…

Ok, je vais maintenant tenter tant bien que mal de regagner ma dignité de casse-couilles. Le reste des personnages est aussi très bien : la meilleure amie de Sookie, Tara, n’a pas la langue dans sa poche (doux euphémisme) ; Sam, leur patron à toutes les deux, en pince sérieusement pour la première mais se console comme il peut avec la seconde. Oui, oui, ça couche dans tous les sens, surtout avec le personnage de Jason (le frère de Sookie), un pseudo beau gosse, avec rien dans le citron et tout dans le pantalon.
Oui, parce qu’on peut être sexy sans se prendre trop au sérieux, et c’est une des nombreuses qualités de la série (qui se joue avec bonheur d’un certain nombre de clichés sur les vampires, aussi).

Ah oui, j’ai oublié un détail pour répondre à ta question, Lien Rag : comme l’indique le titre original de la série de livres, il s’agit principalement d’enquêtes, au fond… Même si ce n’est pas tellement ce que l’on en retient. Dans chaque saison, enfin dans les deux premières, il y a un serial killer à identifier, ce qui fournit un fil conducteur aux 12 épisodes et un bon prétexte au développement des relations entre les personnages, et aussi à leurs histoires de cul, donc. Cela dit les rapports entre les personnages ne se limitent pas à ça, je vous rassure : j’aime particulièrement la relation entre Sookie et Tara, et j’aime assez aussi celle que l’héroïne entretient avec son grand dadais de frère aîné. Les enquêtes de Sookie sont aussi ce qui lui ouvre les portes du monde des vampires, plus encore que sa relation avec Bill.
Comme souvent, le bon vieux système du « Un meurtre, puis encore un meurtre… » sert d’élément déclencheur et de cadre à la série. C’est un élément structurant, mais je le trouve suffisamment discret pour laisser place à ce qui compte vraiment dans la série (c’est moins bien fait dans les romans, je trouve). Je ne vais pas vous réexpliquer ma théorie sur les enquêtes dans les séries (si ça vous intéresse, c’est ), mais ici elles ne servent pas à masquer le manque de développement des personnages, mais bien à les mettre en valeur. On s’attache vraiment à presque tous, même s’ils sont loin d’être parfaits : Sookie est horripilante, parfois, Tara ne sait pas se taire, Jason est vraiment trop couillon… mais c’est pas grave.

L’avantage de la série sur les bouquins (j’ai lu les deux premiers tomes), c’est qu’elle va beaucoup plus loin, tant dans le développement des personnages secondaires que dans l’intrigue elle-même. Et si on nous vend du sexe, c’est vrai, ce n’est pas pour nous gaver de vide : mine de rien, on retrouve un certain nombre de thèmes déjà présents dans Six Feet Under, l’amour et la mort, bien sûr, mais aussi une critique assez sévère de la société américaine, avec sa misère, son hypocrisie et son intolérance… pas seulement contre les vampires, mais aussi, beaucoup plus simplement, contre les Noirs et les homosexuels. Le personnage phare sur ce plan, c’est Lafayette, le cuisto black, homo, dealer et prostitué à ses heures perdues, le cœur sur la main, mais simplement prêt à tout pour s’en sortir. (Il est mentionné vite fait dans le tome 2 et éliminé rapidement, heureusement qu’Alan Ball nous l’a sauvé !)

Eric Northman (Alexander Skarsgård) n'est ni laid, ni bête, et j'en veux bien un pour Noël.

La série nous présente aussi une Amérique bien loin des clichés hollywoodiens : les gens sont pauvres, laids, bêtes, vulgaires, mal sapés. Ici au moins on ne retrouve pas des aspirantes top models habillées par des créateurs à tous les coins de rue. D’ailleurs c’est à peine s’il y a des rues.
Et tout ça est contenu dans le générique, un vrai bijou : la chanson de Jace Everett est juste torride, et les images sont à la fois très belles et très violentes, avec ses danseuses en chaleur dans des bars glauques, ses messages de haine (« God hates fangs » – enlever le n et certains parallèles vous sauterons immédiatement aux yeux), ses animaux morts, ses terrifiantes scènes de ferveur religieuse… Tout ce qui fait de True Blood ce qu’elle est se trouve dans cette séquence de moins de deux minutes dont on ne se lasse pas (je ne passe jamais le générique quand je regarde un épisode. Jamais.) : sexualité débridée, intolérance, violence, je suis aussi perturbée par le renard qui éclôt en une nuée de mouches que par ce petit garçon coiffé de la capuche du Ku Klux Klan.
Le reste de la musique de la série me plaît aussi beaucoup : ok, un peu facile, les accords de violoncelle (probablement), diront certains, mais n’empêche que ça fait toujours son petit effet. C’est à la fois élégant et mystérieux, et puis c’est beau, tout simplement. La musique, c’est important pour créer une atmosphère à l’écran (c’est pas Ofboir qui me contredira, dans le principe) – on s’en rend compte notamment en visionnant les scènes coupées. Et quand elle est réussie, c’est un vrai bonus. Et là, c’est le cas. Et les images sont plutôt belles, mais je ne développe pas parce que je n’ai pas l’œil acéré de Vuuv pour la photo.

En clair, True Blood, une série sexy, mais pas que. Pour celles et ceux qui ont suivi les deux premières saisons mais ne sont pas pas encore lancés dans la troisième, allez-y : c’est toujours aussi bon, avec mention spéciale pour Eric et Lafayette, dont les personnages se développent de façon très prometteuse.

Au cas où je ne vous aurais pas convaincu (vous avez le droit de ne pas aimer les vampires, après tout, je vous aime quand même, hein…), je vous signale rapidement quelques autres séries qui ont repris au mois de juin… ou reprendront plus tard.

• Lie to Me : Vuuv vous en déjà parlé longuement, je ne m’étends pas. Après six mois d’interruption, la deuxième partie de la saison 2 a repris le 7 juin dernier.

• Entourage a repris le 27 juin, avec une septième saison. On en a pas tellement parlé ici, mais voilà, sept saisons sur HBO, ça vous pose un homme. Quatre, en fait. Moi j’aime bien, ça me fait rire.

Mad Men : Je vous l’ai dit, Toyboy vous l’a répété, c’est LA série qui marave leur face à toutes les autres. Si vous avez suivi nos bons conseils (ou que vous n’avez pas eu besoin d’eux), je vous signale donc que la saison 4 reprend le 25 juillet.

Notes

1. Le premier livre, Dead Until Dark (Quand le danger rôde), est sorti en 2001 : je n’ai pas lu la suite, mais je crois que les romans écrits après 2005 en font mention, de même que la série, même si c’est de manière discrète.
2. D’ailleurs, que vous soyez un inconditionnel de la tueuse blonde ou que vous ayez un mépris profond pour le vampire qui scintille, voir Buffy pourrir Edward a quelque chose d’assez jouissif, croyez-moi :
Pour tout vous dire, c’est quand même hyper valorisant pour Joss Whedon (et pour Sarah Michelle Gellar), cette petite chose, et ça montre à quel point les vampires de Twilight sont des sous-louzes. Et que Robert Pattinson ne sait pas jouer, aussi.

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3 commentaires leave one →
  1. 2 juillet 2010 08:35

    « (c’est pas Ofboir qui me contredira, dans le principe) »

    Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Ofboioioioioioioioioioir… joyeux anniversaire !!!

Trackbacks

  1. La Louisiane en vrai. « Culture's Pub

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