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Le ciné du samedi soir : les petits ruisseaux

1 juillet 2010

Le dernier ciné du samedi soir s’est arrêté sur la fresque italienne épique qu’est Baaria. Cette semaine, le ciné du samedi soir a fait le choix d’une comédie (qualifiée, également, de « dramatique »…) française et intimiste, Les petits ruisseaux, d’après la bande dessinée du même nom de Pascal Rabaté. Le film met à l’honneur les amitiés et amours simples et vrais, faits de petites choses et qui composent les plus beaux souvenirs d’un Homme. Le spectateur est invité à gouter et à savourer de jolies tranches de vie d’Emile (Daniel Prévost) dont la vie se voit bouleversée par la mort d’Edmond (Philippe Nahon) son ami et compagnon de pèche. L’ensemble des personnages du film, par leur caractère et leurs traits de personnalité, est à croquer ! Tous les personnages, chacun à leur manière, sont attachants et inspirent la sympathie du spectateur.

Ce film donne à voir l’intimité et les secrets d’Hommes ayant, à priori, les vies les plus communes et routinières que l’on puisse imaginer. Le spectateur découvre qu’au fond de chaque Homme se cachent de discrets désirs et aspirations. Emile et Edmond, bien que proches amis ne connaissent, pour ainsi dire, rien l’un de l’autre. Comment, à un moment de leur vie, se  rapprochent-ils ? Dans quel contexte cette ouverture à l’autre a lieu ? Quel élément, quel facteur déclenche un tel rapprochement ? C’est sur ces questions que s’ouvre Les petits ruisseaux de Rabaté.

Alors qu’Edmond commence à peine à s’ouvrir à son ami Emile, il décède. Cependant, avant de mourir, il avait dévoilé certains de ses secrets à Emile : un amour caché, et une passion certaine pour l’ « Art » (Mieux vaut ne pas en dire plus 😉 ). La personnalité de l’homme, rustre au premier abord, prend une nouvelle dimension. Afin d’honorer le souvenir de son ami, et en réponse au dynamisme du défunt, Emile décide, lui aussi, de reprendre sa vie en main.

Pourtant la mort d’Edmond a profondément bouleversé notre héros chez qui une foultitude de désirs, d’idées, de rêves refoulés réapparaît sous forme de visions. Ces visions font l’objet de scènes cocasses qui déclenchent le sourire et même le rire généreux du spectateur. Emile, au départ choqué, voire effrayé par ces visions, s’en accommode peu à peu pour enfin les accepter entièrement.

Grâce à ce traitement comique, Pascal Rabaté aborde un sujet souvent dissimulé, fui, tût : celui de l’amour et des désirs (érotiques) chez les seniors. Ce thème est totalement démystifié et dédramatisé dans le film où on s’amuse à voir Daniel Prévost entouré de femmes, jeunes et moins jeunes, appartenant tantôt à ses fantasmes et tantôt à la réalité, nues. Cette approche permet d’évoquer aussi le regard – sévère – que la société porte sur les corps flétris, rugueux, ridés. Les corps et les mentalités changent avec l’âge, certes, mais cela fait partie de la vie, qu’on l’accepte ou non… Aussi, mieux vaut accepter cette évolution pour pouvoir continuer à vivre, « vieux », le plus sereinement possible.

C’est dans cet état d’esprit qu’Emile, un peu sur un coup de tête, s’embarque dans sa petite voiture (micromachine ?), et part, à la recherche du bonheur, sur les routes. Il y réexpérimentera et revivra des expériences – habituellement dites « de jeunesse » –. La simple curiosité de découvrir la voiture d’Emile justifie de voir Les petits ruisseaux ! Je n’en dirai pas plus… Je m’interrogerai juste sur la manière dont on a construit cette voiture… Est-ce un fauteuil roulant recouvert d’un pot de yaourt orange géant ? Ou bien encore une voiture sans permis customisée ?

Les petits ruisseaux est un charmant petit film français qui nous apporte un peu de baume au coeur et tranche avec un autre film actuellement à l’affiche, Dog Pound, mon choix de « ciné du dimanche soir »… Dog Pound n’étant pas le sujet du présent article je ne l’évoquerai que rapidement ici. Kim Chapiron nous plonge, à travers cette fiction, dans l’univers carcéral pour mineurs aux Etats-Unis.

Trois portraits croisés de mineurs nous sont présentés, à la manière d’un docu-fiction, dans ce film. Kim Chapiron fait le choix d’un scénario dur n’épargnant aucune des idées préconçues que l’on peut se faire de l’univers carcéral. D’une part le spectateur peut ressentir une impression de déjà-vu (Cf. Carandiru, The Shawshank Redemption, The Green Mile, etc.) pour ce film, mais d’autre part, en concentrant l’émotion et les scènes choc en 1h30, Kim Chapiron instaure une tension et un malaise permanent.

Dog Pound est un film à voir, certes, mais à éviter un dimanche soir, à 18h, alors qu’on pense déjà à se pendre à cause de la semaine de travail qui recommence…

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