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Le ciné du samedi soir : Baaria

24 juin 2010

La fête du cinéma, qui se déroulera du 26 juin au 2 juillet, arrive à grands pas. Baaria (Titre original : Baaria – La Porta del Vento) peut être un bon choix de film à aller voir durant cette fête ! Ce film est la dernière réalisation de Giuseppe Tornatore, réalisateur et scénariste qui m’était jusque là inconnu. Baaria fait suite à Everybody’s Fine (2008), Leningrad (2007), L’Inconnue (2006), Malena (2001) et à de nombreux autres films. Baaria, comédie (dramatique, d’après les critiques…) italienne de Giuseppe Tornatore, retrace la vie des membres d’une famille sicilienne sur trois générations, à travers les yeux des héros Cicco (le père), Peppino (le fils) et Pietro (le petit-fils), dans la petite ville de Bagheria, des années 1930 aux années 1980.

Baaria donne l’impression d’assister à un opéra, à une fresque en mouvement : tout dans le film semble grandiloquent et épique. La bande son, composée par Ennio Morricone, nous submerge et nous emporte dans un univers onirique au sein duquel le réalisateur joue de la subjectivité et de la relativité des regards. Les enfants, que l’on voit grandir, tiennent une place centrale dans ce film et il est parfois difficile de distinguer ce qui relève de leurs rêves, de leurs impressions et de la réalité. Un autre personnage central de cette œuvre est la ville-même, Bagheria, où se déroule l’histoire. Le spectateur la voit évoluer, croître, changer au cours des années. Le choix de « personnifier » la ville, objet de nombreux paradoxes, est intéressant. La croissance et les changements de la ville  renvoient aux dilemmes et aux difficultés rencontrés par les héros du film. D’une taille « humaine », d’un urbanisme organisé autour d’un axe principal (sorte de « colonne vertébrale » des relations humaines), la ville grossit et devient méconnaissable. La spéculation immobilière fait son œuvre ; les Hommes semblent perdre tous leurs repères dans cette ville qui les a pourtant vus grandir.

Giuseppe Tornatore fait en sorte de nous guider dans les champs du réalisme et de l’histoire : le spectateur, plongé dans le quotidien de la ville bagheria – surnommée « Baaria » -, vit, au coté des habitants, les mois de bombardements au dessus de la ville de Parlerme, l’arrivée des américains en Italie, la fin du fascisme, l’émergence et les années de croissance et d’épanouissement du communisme et du socialisme, mais aussi la montée en force de ceux qu’on identifie vite comme les mafieux. Les relations humaines, la solidarité, l’entraide, dépeintes comme simples et belles se complexifient et se délitent peu à peu ; l’égoisme et l’individualisme, au contraire, deviennent prédominants. Cependant, Baaria continue de mettre à l’honneur l’amour, la fraternité, l’amitié : Seules ces valeurs paraissent à même d’accompagner, de faire grandir les Hommes et de les sauver des nombreuses tentations dont ils souffrent.

La réalisation du film est intéressante en ce sens où Tornatore ne suit pas une logique linéaire mais fait au contraire le choix des sauts temporels, que ce soit dans le passé, ou dans le futur. Le spectateur a parfois du mal à s’y retrouver ; toutefois le réalisateur reste toujours vigilant à nous laisser des indices pour que nous puissions recontextualiser la situation : décors, costume, références historiques, etc. D’autre part, des personnages, des lieux, des mélodies, reviennent de manière récurrente, telles des litanies ou des guides pour les héros, tout au long du film. Quel sens se cache derrière ces choix cinématographiques ? La plus grand liberté est laissée au spectateur pour interpréter et comprendre les messages qu’il souhaite.

D’après moi, ce film s’impose comme un choix évident dans les films à voir durant la fête du cinéma. fraîcheur enfantine, chaleur latine et méditerranéenne, rêve, espoir, amitié et famille sont quelques-uns des nombreux fils conducteurs développés au cours de Baaria, dernier film de Giuseppe Tornatore.

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3 commentaires leave one →
  1. 25 juin 2010 23:12

    Tiens, je n’en ai pas du tout entendu parler, de ce film. J’essaierai de l’attraper une fois le mémoire rendu…

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