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Adrian Mole vs Georgia Nicolson

23 juin 2010

Une autre contribution au thème du mois, en hommage à cette période de notre vie où les hormones sont en ébullition, où les seins / le pénis poussent sans qu’on le leur ai demandé, où notre face se couvre périodiquement d’affreux boutons qu’il est jouissif de percer, où les parents sont de toute façon, par définition, débiles, et où la question la plus brûlante est : quand viendra le moment, serai-je capable de lui rouler une pelle sans mettre ma langue n’importe où / sans déverser autant de salive que BP de pétrole dans le Golfe du Mexique / sans placer mon nez au mauvais endroit.

L’adolescence, quoi…

Et pour ce faire, j’ai convoqué les deux ados les plus déjantés, les plus drôles, les plus touchants de la littérature jeunesse qu’il m’ait été donné de rencontrer, au gré de mes lectures… Autre chose que les vampires scintillants et les jeunes niaises qui les vénèrent, suivez mon regard…

J’ai découvert Adrian Mole il y a longtemps, en français, je l’avais eu pour Noël. Je n’avais que le vague souvenir d’avoir beaucoup ri, et quelques années plus tard, j’ai décidé de le relire, en anglais cette fois-ci. Adrian Mole a donc 13 ans 3/4 au début de la série, nous sommes au tout début des années 1980. Il vit dans les West Midlands avec ses parents et le chien, dans un trou paumé de l’Angleterre. Sur fond de thatchérisme, de guerre des Malouines, de mariage princier (Charles et Diana), Adrian écrit de la poésie, est fou amoureux de la belle Pandora, est persuadé d’être un petit génie tombé sur une famille de philistins – les parents fument au petit déjeuner, le père est au chômage et ce petit monde se trompe allègrement. Si Adrian est si drôle, c’est qu’il se prend tellement au sérieux qu’il en est ridicule. Il s’imagine un intellectuel et parle d’Evelyn Waugh au féminin et de George Eliot au masculin, ses poèmes, dont il inonde la BBC, sont pathétiquement drôles de nullité… Un exemple :

Norway! Land of difficult spelling.
Hiding your beauty behind strange vowels.
Land of long nights, short days, and dots over ‘O’s.
Ruminating majestic reindeers
Tread wearily on ice floes
Ever aware of what happened to the
Titanic
One day I will sjourn to your shores
I live in the midle of England
But!
Norway! My soul resides in your watery fiords fyords fiiords
Inlets.

Les deux volumes les plus drôles de la série sont les deux premiers : The Secret Diary of Adrian Mole, 13 years 3/4, et The Growing Pains of Adrian Mole. Les suivants, alors qu’Adrian devient adulte mais ne grandit pas dans sa tête, ne sont plus amusants car ils deviennent trop pathétiques. Mais ces deux-là n’ont pas leur pareille :

Read the whole of ‘Sex and Reproduction’ in bed last night. Woke up to find that a few hundred million sperm had leaked out. Still, it will give the remaining sperm room to wag their tails about a bit.

Pandora and I are in love! It is official! She told Claire Neilson, who told Nigel, who told me. I told Nigel to tell Claire to tell Pandora that I return her love. I am over the moon with joy and rapture. I can overlook the fact that Pandora smokes five Benson and Hedges a day and has her own lighter. When you are in love such things cease to matter.

Si Adrian est quelqu’un de profondément sérieux (et c’est d’ailleurs ça qui le rend si drôle), Georgia Nicolson n’est intéressée que par le fun de la vie, les garçons, les fringues, les garçons, le maquillage, les garçons, en faire le moins possible en cours, et bien sûr, les garçons. Elle a le même âge qu’Adrian au début de la série, qui a commencé à paraître en 1999. La caractéristique la plus notable de Georgia, c’est le langage qu’elle invente pour elle et ses amies. Avec elle, tous les mots finissent en ‘osity’ : « maturiosity », « dignitosity », « poo-osity »… La Nouvelle-Zélande, où ses parents veulent déménager alors qu’elle est enfin devenue la petite amie de Robbie, le « Sex God », est renommée « Kiwi A Gogo Land », les États-Unis « Hamburgers A Gogo Land »… Les exemples ne manquent pas dans cette jouissance du langage qui devient, au fur et à mesure que l’on avance dans la série, dangereusement contagieuse…

Once more I am beyond the Valley of the Confused and treading lightly in the Universe of the Huuge Red Bottom. What is the matter with me? I love the Sex God and he is my only one and only, but try telling that to my lips. Dave the Laugh has only to say « You owe me a snog » and they start puckering up.

I can’t believe my knickers are grey, but it is typico of my life. My mutti put my white lacy knickers in the wash with Vatti’s voluminous black shorts and now they are grey. If there was a medal for craposity in the mutti department, she would win it hands down. I am once again wandering lonely as a clud through this Vale of Tears.

Je vous avoue que je ne suis pas allée voir la traduction française, et je n’en ai aucune envie… Il me suffit d’imaginer l’accent so british de GeoRgia ou d’Adrian en lisant ces deux journaux intimes pour commencer à sourire.

Les galeries de seconds personnages sont également particulièrement réussies dans chacun de ces livres. Chez Adrian, nous avons George et Pauline, les parents, fumeurs compulsifs, aussi déjantés et allumés qu’Adrien est sérieux. Au cours de la série naît une petite fille, Rosie, sont la paternité est douteuse puisque sa conception s’est faite au moment où Pauline quittait son amant Lucas pour rejoindre son époux. Qui n’est pas en reste avec les enfants illégitimes, puisque sa maîtresse, Stick Insect Doreen, met au monde un petit garçon, Brett. Vient ensuite Pandora Braithwaite, jeune nantie marxiste dont Adrian est fou amoureux, Nigel, le meilleur ami gay, Bert Baxter, un vieillard de 90 ans et son molosse Sabre, ainsi que John Tydeman, le pauvre employé de la BBC qui reçoit les chef d’œuvres d’Adrian et la grand-mère du jeune garçon. Chez Georgia, vous avez des parents tout aussi atteints, une petite sœur, Libby, une enfant sauvage qui se prend pour un chat, le chat justement, Angus, qui vient des montagnes écossaises et qui tient plus du tigre que du chaton, et bien sûr, les camarades de classe de Georgia ainsi que les garçons qu’elles ne cessent de reluquer.

Je trouve Adrian Mole plus drôle que Gerogia Nicolson, justement parce que l’humour se situe dans le décalage entre le sérieux qu’il souhaite assumer, et la vérité du ridicule qui le caractérise… Georgia Nicolson fait beaucoup plus la maligne, et se sait drôle… Ce qui ne l’empêche pas de l’être. A recommander à toutes les adolescentes, ainsi qu’à leurs grandes sœurs, leurs mères et leurs cousines… Pas sûre que les garçons apprécieront. Mais je vous promets, c’est 15 fois mieux que la série Twilight

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