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La Coupe du monde pour les nuls

11 juin 2010

Le Saint Graal

Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle formule : parce que les casse-couilles ne savent pas toujours parler de tout, nous inviterons de temps à autres des amis, des experts qui nous font l’honneur de bien vouloir contribuer à Culture’s Pub.

Pour lancer cette formule, nous avons fait appel à Loïc, qui pourrait parler de football pendant des heures, pour en savoir plus sur l’actualité brûlante de la journée…


À moins d’être retenu prisonnier dans une communauté Amish, ou de vivre au fin fond des steppes turkmènes, vous ne pouvez ignorer que la 19e Coupe du monde de football commence cet après-midi, pour la première fois de l’histoire sur les terres africaines.

Et alors, direz-vous ? Alors, le football, ce n’est pas une question de vie ou de mort, c’est bien plus important que ça. Quatre milliards d’êtres humains vont se retrouver autour d’un événement, vont éprouver simultanément les mêmes sentiments de joie, de détresse, d’euphorie, de colère, de honte, d’angoisse. On ne peut comprendre le monde en se tenant à l’écart d’un tel phénomène, alors pour les novices du ballon rond, voici un petit cours de rattrapage avant que les choses sérieuses ne commencent.

Qui dit Coupe du monde dit… favoris.

D’après de savants modèles mathématiques, on prévoit que les quatre demi-finalistes seront l’Italie, l’Allemagne, le Brésil, et la France ou les Pays-Bas selon le modèle. Ces modèles sont fondés sur des données telles que la démographie, le niveau de vie, le régime politique, mais aussi les performances des équipes dans les Coupes du monde précédentes. Mais la magie du football, plus que dans tout autre sport, est que ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne. Mieux, c’est rarement l’équipe la plus forte sur le papier qui devient championne du monde (cf. France 2002).

Alors il y a toujours les favoris naturels.

– Le Brésil, quintuple vainqueur de l’épreuve, et son usine à fabriquer à l’infini des génies de la balle. Seulement, cette équipe-là est loin de ressembler à un Brésil samba. À l’image de son entraîneur Dunga, le Brésil 2010 sera chiant, laborieux, et physique. Ronaldinho a même été prié de rester chez lui. En cas d’échec, Dunga sera pendu en place publique.

– L’Italie, tenante du titre (salaud de Materazzi), joue la carte vermeil avec pas moins de neuf joueurs au-delà de 30 ans. Toujours difficile de jouer contre l’Italie, une équipe très professionnelle, truqueuse, qui ne lâche rien, et dont les compétences tactiques sont supérieures à celles des autres.

– L’Allemagne est toujours présente dans les grands rendez-vous. Quand elle est mauvaise, elle va au moins en demi-finale, quand elle est bonne, elle gagne, discipline germanique oblige. Les Teutons seront privés de leur meilleur joueur, Ballack (chat noir des grandes compétitions, il a perdu toutes les finales auxquelles il a participé), et ont été marqués par le suicide de leur gardien de but Robert Enke.

– L’Argentine est-elle encore un favori ? Difficile, cela fait 20 ans que les Argentins n’ont pas atteint au moins les demi-finales. Ils ont le meilleur joueur du monde (Messi), une ligne d’attaque à faire bander un eunuque, et Dieu pour entraîneur (Maradona). Pour l’anecdote, l’Argentine est dans le groupe du Nigéria et de la Grèce, deux adversaires que Maradona avait affrontés lors de sa dernière compétition en 1994 avant d’être contrôlé positif à l’éphédrine.

– L’Espagne est sans aucun doute la meilleure équipe du monde. Championne d’Europe en titre, c’est l’équipe ultime, des grands joueurs partout, une complémentarité nouvelle, et une ambition folle. Mais attention, c’est rarement la meilleure équipe qui gagne à la fin.

– L’Angleterre est de retour dans le cercle des équipes qui comptent. Ridicule il y a deux ans, la Perfide Albion a mis son destin dans les mains de l’immense Fabio Capello, l’entraîneur italien au palmarès long comme la muraille de Chine. Au programme : reprise en main d’une équipe à la rue avec des joueurs à l’égo surdimensionné, interdiction de voir leurs femmes, de porter des chaussons ou de surfer sur Facebook ou Twitter. L’Angleterre de Capello, c’est du très sérieux, malgré les blessures de Beckham et Ferdinand. Les Anglais n’ont rien gagné depuis une Coupe du monde généreusement attribuée par le corps arbitral en… 1966.

À noter que jamais une équipe européenne ne s’est imposée lorsque la compétition s’est disputée hors d’Europe.

Qui dit Coupe du monde dit… Afrique !

Et l’Afrique alors ? Le continent noir pourra compter sur six représentants, le plus fort total de l’histoire. Parmi les équipes présentes, certaines sont des adversaires à prendre très au sérieux. D’abord la Côte d’Ivoire, qui possède la meilleure génération de joueurs de toute l’Afrique. Malheureusement, son meilleur joueur Drogba vient de se casser le cubitus. Il va tenter l’impossible pour être présent mais c’est un coup dur pour les Éléphants. Ensuite, il y a le Ghana, spécialiste des compétitions de jeunes. Comme les Ivoiriens, les Black Stars seront privés d’Essien, leur meilleur joueur, un gros coup dur qui amoindrit sans aucun doute leurs chances de passer le premier tour avec un groupe contenant l’Allemagne et la Serbie. N’oublions pas les frères ennemis du Cameroun et du Nigéria. Les Lions indomptables, emmenés par Samuel Eto’o sont un peu dans l’inconnu, enchaînent les matchs difficiles, et devront s’en sortir contre les Pays-Bas et le Danemark. Quant aux Super Eagles, eux aussi seront privés de leur meilleur joueur, décidément, John Obi Mikel, blessé au genou. Mais leurs chances de qualification pour le second tour sont réelles.

Il reste les Bafana Bafana d’Afrique du Sud, hôte de la compétition. Jamais un pays organisateur n’a été éliminé au premier tour de la compétition. Inquiétant quand on sait que l’Afrique du Sud se trouve dans le groupe de la France. Et enfin, les Fennecs d’Algérie, qualifiés au couteau contre l’Égypte, qui redécouvrent le Mondial après 24 ans d’abstinence. En 1982, ils avaient été éliminés au premier tour suite à un arrangement anschlussien entre la RFA et l’Autriche. Ce « match de la honte » est à l’origine du fait que désormais, tous les derniers matchs de poule se jouent en même temps.

Qui dit Coupe du monde dit… Allez les Bleus !!

Frustration, colère, dépit, ironie, non, il ne s’agit pas du PSG dont l’auteur de ces lignes est un indéfectible fan, mais bel et bien de l’équipe de France, cette équipe censée faire briller nos couleurs à travers le monde. Dernier exploit en date, se faire battre par l’équipe réserve de la Chine. Entre l’incompétence de la fédération et celle de Raymond la science, sans compter le manque de qualité, de leader, de motivation, et de forme des joueurs eux-mêmes, on sera bien content si les Bleus passent le premier tour et parviennent en quart de finale. Cela dit, on avait les mêmes inquiétudes avant 2006, et le miracle a eu lieu. Oui, mais à l’époque, il y avait Dieu (Zidane), Thuram, Vieira, Barthez et Makelele. Et puis un miracle ne se produit qu’une seule fois. C’est Domenech qui va être content : plus tôt on sera éliminés, plus tôt il pourra convoler en justes noces avec Estelle.

Qui dit Coupe du monde dit… groupe de la mort

À chaque Mondial, un groupe en particulier comporte trois, voire quatre équipes de très haut niveau, c’est le groupe de la mort. Il y a quatre ans, la Côte d’Ivoire avait dû se coltiner l’Argentine, les Pays-Bas et la Serbie-Monténégro, excusez du peu. Cette année, rebelote avec le Brésil et le Portugal. Heureusement, le dernier adversaire, l’énigmatique Corée du Nord, semble abordable. Et pour couronner le tout, l’équipe qui finira 2e de ce groupe, devra très probablement jouer contre l’Espagne en huitième de finale. C’est à vous dégoûter de jouer un Mondial.

Qui dit Coupe du monde dit… invités surprise

En 1998, il y a eu les reggae boys de Jamaïque, en 2006, il y a eu Trinidad et Tobago, le pays le moins peuplé de l’histoire à participer à une phase finale de Coupe du monde, cette année, il y a la Nouvelle-Zélande, qui vient de nulle part et devrait y retourner, et la Corée du Nord. C’est la première fois que les deux Corée sont qualifiées en même temps pour le Mondial. À moins d’un cataclysme intergalactique, elles ne pourront pas se rencontrer. La dernière fois que la Corée du Nord a participé à un Mondial, c’était en 1966, et elle avait créé l’une des plus extraordinaires surprises de l’histoire, en éliminant l’Italie, et en ne s’inclinant qu’en quarts de finale contre le Portugal 5-3. En Italie, cette humiliation a tourné à l’affaire d’État, on a décrété que les étrangers n’auraient plus le droit de jouer dans le championnat, et le mot « Corea » est devenu synonyme de catastrophe.

Qui dit Coupe du monde dit… stars du Mondial

Si pendant un mois vous voulez continuer à socialiser avec votre entourage, ou à la machine à café, il est urgent pour vous de retenir ces quelques noms, ceux des joueurs qui devraient animer votre mois de juin.

Lionel Messi, Diego Milito, Carlos Tevez, Walter Samuel (Argentine), Wayne Rooney, Franck Lampard, Steven Gerrard, John Terry (Angleterre), Arjen Robben, Wesley Sneijder, Robin Van Persie (Pays-Bas), Milos Krasic (Serbie), Andrea Pirlo (Italie), Marek Hamsik (Slovaquie), Julio Cesar, Kakà, Robinho, Luis Fabiano (Brésil), Cristiano Ronaldo, Nani, Bruno Alves (Portugal), Didier Drogba, Yaya Touré, Kolo Touré (Côte d’Ivoire) Iker Casillas, Carles Puyol, Sergio Ramos, Xavi, Andrès Iniesta, Cesc Fabregas, David Silva, David Villa, Fernando Torres bref, toute l’équipe d’Espagne.

Pas d’Allemands ? Normal, Ballack est absent, l’Allemagne, c’est un collectif, et puis Schweinsteiger, c’est trop dur à écrire. Pas de Français ? Normal, aucun ne le mérite. Bon allez, Ribéry, pour faire plaisir.

Coup d’envoi aujourd’hui à 16h avec Afrique du Sud – Mexique. Les Bleus joueront leur premier match à 21h contre l’Uruguay. Quels sont vos pronostics ?

Retrouvez Loïc sur son blog, Balkans’ Sports.

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9 commentaires leave one →
  1. Bibisoul permalink
    11 juin 2010 06:56

    Petite loi empirique pour déterminer à l’avance le vainqueur d’une coupe du monde de football : depuis 1930, le trophée est toujours allé alternativement à un pays sud-américain puis à un pays européen. Si si. Une seule exception : si le tenant du titre gagne à nouveau. Les champions en titre sont italiens, donc soit ils conservent leur titre, soit c’est pour les sud-américains, ce qui nous laissent cinq possibilités : Argentine, Uruguay, Paraguay, Chili ou Brésil. 🙂

  2. 11 juin 2010 07:12

    Bienvenue Loïc et merci pour « les Nuls:le football ».En tout cas le mondial va nous permettre à nous, pauvres, qui n’aimons pas le foot, de faire des retraites en solitaire dans nos chambres, avec 1 bon polar et 1 tasse de thé ou de voir les copines et aller au ciné!!Aller, 1 petit mois à souffrir avant le retour au calme!

    • Lien Rag permalink*
      11 juin 2010 07:36

      L’avantage de Groslent-Garros est que ça passe vite ; le footre nous gonfle des semaines en avance, puis pendant un bon mois, puis après ce sera les bastons concernant Domenech et pourquoi on a perdu…. Et ensuite on enchaînera avec le Tour rance…

      • Sablaetis permalink
        12 juin 2010 13:49

        L’avantage de Roland Garros à mon gout, c’est qu’on peut très bien vivre les 2 semaines que ça dure sans le subir (à part les fans de Plus belle la vie) si ça ne nous intéresse pas…
        Avec le foot, si ça t’intéresse pas, à part partir t’isoler au fin fond du trou du cul d’une île déserte, sans radio ni télé ni internet, tu n’as pas trop d’autre choix que de le subir au petit déj, au café du matin au boulot, au déjeuner, et ce n’est même pas la peine d’ouvrir un journal… Même les réunions de boulot se casent par rapport aux matchs de l’équipe de France, et les politiques se disputent pour savoir si on a le droit de critiquer « notre » équipe quand elle se tape un hôtel 12*…

  3. 11 juin 2010 08:02

    Le foot, c’est rigolo quand les Bleus gagnent et qu’on peut aller faire la fête dans les bars pour fêter ça (c’est encore mieux quand c’est le XV de France, mais bon, chacun son truc ^^).
    Là, on est mal barrés…
    A part ça, j’ai décidé que j’étais pour l’Angleterre, à défaut de les détester en rugby :p

  4. Toyboy permalink
    11 juin 2010 22:20

    Ce soir, c’était la coupe du monde par les nuls^^

  5. 12 juin 2010 21:40

    « A noter que jamais une équipe européenne ne s’est imposée lorsque la compétition s’est disputée hors d’Europe. » En fait, le Brésil est la seule équipe à avoir jamais gagné la Coupe du monde en dehors de son continent. Je l’ai lu dans le Courrier International alors c’est sans doute vrai…^^

  6. 13 juillet 2010 12:17

    « L’Espagne est sans aucun doute la meilleure équipe du monde.  »

    Confirmé !

Trackbacks

  1. Muse – live report « Culture's Pub

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