Skip to content

Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon

7 juin 2010

Playne et Makuchu l’ont décidé : ce mois sera dédié au Sexe ! Normal, après tout, c’est l’arrivée des beaux jours, les esprits s’échauffent (à cause des frottements), et il n’y a pas que le volcan Eyjafjöll qui soit en éreucption. La preuve, regardez la proportion des gens nés en mars, faites -9 mois (ou +3 mois pour ceux de nos lecteurs qui ont pu faire des études supérieures), et POUF : n’golo n’golo en juin !

Et quel rapport avec le Japon ? L’imaginaire collectif associe souvent le Japon et l’érotisme : la fameuse brouette japonaise (thaïlandaise pour nos parents, marqués par Emmanuelle), responsable d’un tiers des revenus des masseurs-kinésithérapeuthes, tient plus du fantasme européen, un peu comme les menus des restos chinois ; alors, pour avoir des infos plus intéressantes, il faut faire appel à un vrai spécialiste !

Agnès Giard est sans doute la fille idéale, en tous cas elle correspond à tous les critères que les mecs geeks adorent : journaliste (elle publie notamment dans Marquis^^, et le blog des 400 culs, c’est elle 😀 ), spécialiste des contre-cultures, du high-tech, du Japon, du deviant-art, et du sexe ; pour parfaire la chose, elle est née en 1969, c’est bien un signe.

Après plusieurs participations dans des ouvrages érotiques ou fétichistes, elle publie Le sexe bizarre (toujours les contre-cultures), et surtout L’imaginaire érotique au Japon. Unanimement acclamé, l’ouvrage promet de passionner ceux qui s’intéressent au Japon, à sa culture, et donc obligatoirement à ses fantasmes, très présents et très visibles même dans le courant mainstream.

‘L’ Imaginaire érotique au japon’ propose un décryptage des fantasmes d’aujourd’hui’  à la lumière de ceux d’hier. L’ancienne culture poétique de l’instantanée et de l’éphémère a perpétué ses mythes sous de nouvelles formes. Onze chapitres portant chacun sur une spécificité de l’érotisme japonais : l’obsession des culottes, la fascination pour le masque, le goût des femmes-poupées, la hantise de la fin du monde, le sentiment national de la castration, etc.

Mmmmm, Yummy 🙂

Lorsque, en 2008, sort l’ouvrage suivant, sur le même thème : Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon, avec des teasers plutôt alléchants, je me dis « Celui-là, je vais pas le laisser passer ».

L’ouvrage se présente sous la forme d’un gros pavé, agrémenté d’une jolie couverture. En le feuilletant, on voit de nombreuses illustrations, tantôt des gravures anciennes, tantôt des dessins ou sculptures modernes ; clairement explicites, les plus prudes diront pornographiques. Les mots abordés, classés en thèmes, ont l’air à la fois exhaustifs et intéressants. Mais déjà petit bémol : impossible de trouver une couverture en bon état (Fnac ou Amazon), tandis que le papier de qualité moyenne a souvent permis aux illustrations de « déteindre » de l’autre côté. Quoi qu’il en soit, un premier contact très encourageant pour un beau livre, qu’on mettra bien en évidence sur la bibliothèque du salon.

En lisant un article ici ou là, on sent que l’auteur maîtrise son sujet, et n’hésite pas à aller loin. Dès la première entrée, on se retrouve avec une légende japonaise et une référence explicite à genki-genki.com. Genki-genki, c’est quand même ultra-hard, je déconseille fortement les « toursites » de s’y rendre « pour voir »…

Et puis, après quelques articles, on commence à déchanter. Les promesses de l’ombre ne sont pas tenues comme on l’attendait. En effet, l’impression qui m’en reste est la prise au premier degré du mot « dictionnaire ». En marge, les annotations consistent essentiellement en un glossaire des termes liés à l’article en page principale. Si vous voulez connaître les vingt manières de dire « poils » en japonais, ce livre est pour vous – et sincèrement, les esquimaux et leur « neige » peuvent aller se rhabiller…
Si les mots et leur classement par thèmes sont plutôt bien choisis, c’est le contenu des articles qui pose problème : parfois, des explications sur la culture japonaise, d’aujourd’hui et surtout d’hier ; souvent, une légende ou une anecdote historique qui n’a que peu d’intérêt et de lien avec l’article ; parfois, de l’étymologie ; rarement, des faits et des statistiques sur les pratiques actuelles du Japon… L’auteur (en réalité les auteurs) semblent s’être répartis les articles, chacun remplissant à sa manière, mais si possible sur plusieurs pages. Mais les lecteurs qui ont acheté l’ouvrage pour une ou deux raisons précises seront immanquablement déçus du peu d’information au final. A titre personnel, intéressé par les pratiques, les coutumes, les chiffres, les origines, du Japon moderne et ancien, je n’ai finalement appris que peu de choses – pas que j’en sache beaucoup, juste qu’il y a peu à se mettre sous la dent. Les amateurs de légendes seront peut-être comblés, car au fil des pages, on apprend tout des faits et gestes et déplacements de chaque kami – ça vaut un rapport des RG.

La plus grosse déception vient des illustrations. Très vite, on se rend compte que, quelle qu’en soient la qualité – et sincèrement, les illustrations sont superbes – elles ne sont que rarement en rapport avec les articles – particulièrement pour les illustrations modernes. Les couvertures d' »Erogames » parsèment l’ouvrage sans jamais qu’on comprenne pourquoi ils sont là. Des illustrations parfois étranges apparaissent, sans explication ni mention dans l’article… Vu la taille de l’ouvrage, on finit immanquablement par le feuilleter distraitement, s’arrêtant au hasard pour lire un article en particulier ; et ce qui nous fait nous arrêter, ce sont bien sûr les illustrations. Quelle déception alors de se rendre compte qu’on vient de lire une page entière sans avoir de commentaire sur cette jolie collégienne qui copule avec… MON DIEU, mais c’est une PIEUVRE !

Au final, j’ai une certaine déception pour cet ouvrage. Clairement un beau livre, de superbes illustrations, de nombreux thèmes traîtés, mais des explications qui partent dans tous les sens, pour ne glaner souvent que quelques lignes intéressantes par page de texte, dont l’habillage n’a souvent pas de lien. Un livre à posséder, à parcourir tout au plus, pas à lire. Et vu le potentiel qu’on grappille au travers des pages, c’est vraiment dommage…

La recette semble toutefois fonctionner, puisque depuis, Agnès Giard a paru Les objets du désir au Japon, troisième ouvrage donc sur le thème de l’érotisme et du Japon, double valeur sûre ; mais pour l’instant, je n’ai pas eu de retour dessus. Je pense que je le feuilletterai plus profondément avant de l’acheter.

Les objets japonais fascinent la France qui consomme le « made in Japan » avec un appétit croissant… y compris dans le domaine de l’érotisme. Depuis peu, il est possible de se procurer des ona-holes (vagins artificiels) conçus par un ex-ingénieur automobile japonais et des lovedolls de silicone aux yeux rêveurs et bridés… (…)
108 objets sont ainsi passés au crible : au Japon, il existe officiellement 108 désirs humains. Tous ces objets sont analysés et resitués dans un contexte historique, accompagnés de photos et d images pour finalement proposer, plus qu un simple catalogue de gadgets ultra-modernes ou d objets érotiques anciens, un véritable mode d emploi de la culture japonaise.

Publicités
2 commentaires leave one →
  1. Makuchu permalink
    7 juin 2010 16:25

    Personne n’ose écrire le premier commentaire… Bon, je vais assumer, moi, et dire que tout cela et bien intéressant … Tu me prête le livre ? 🙂

  2. 8 juin 2010 08:38

    Ma contribution à la Cul-ture, sur un autre blog parce que c’est pas dans la bonne langue ^^
    http://vulpeslibris.wordpress.com/2010/01/07/kama-sutra-sex-tip-book-or-philosophy-treatise/
    Le cul indien, y’a rien de mieux :p

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :