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Les Mis débarquent à Paris !

6 juin 2010

Photo : Michael Le Poer Trench

Voilà une comédie musicale originellement française, sortie en 1980 très exactement, puis reprise par nos amis les Anglais en 1985 à Londres, avant de traverser l’Atlantique et de se produire à Broadway… Et je peux vous dire que nos amis les Américains / Anglais la connaissent par cœur. Mais de A à Z, hein. Sacrée « Comédie musicale la plus jouée de tous les temps » à Londres et à New York – et effectivement, chaque fois que je vais à Londres, elle est jouée dans un théâtre ou un autre du West End. Tant est si bien qu’elle a son petit surnom affectueux, Les Mis.

Et en France, pays d’origine de ce succès ? Le vide intersidéral. Jusqu’à maintenant…

Le Théâtre du Châtelet conclut donc sa saison avec cette comédie musicale, et il était bien temps qu’elle revienne sur les terres où elle a vu le jour, même en anglais. Petite fille, j’écoutais en boucle la cassette audio (eh oui…) de la version française, et j’en connais encore les paroles par cœur (avec Michel Sardou, Michel Delpech et Salvatore Adamo…). Je ne suis donc pas très familière avec la version anglaise, même si, comme tout le monde, j’ai entendu I Dreamed a Dream chanté par Susan Boyle – c’est le rôle de Fantine, au passage.

Et cette production au Châtelet est une belle réussite. Au lieu de reprendre le fameux plateau tournant utilisé dans la version de 1985, les metteurs en scène, Laurence Connor et James Powell, ont choisi d’utiliser des dessins réalisés par Victor Hugo lui-même. Projetés sur un écran au fond de la scène, en plus de vidéos dans le même esprit, ces dessins donnent une ambiance sombre et réaliste à l’ensemble, qui colle somme toute assez bien avec l’esprit non seulement de la pièce, mais aussi du roman. Dans ces conditions, des scènes comme le suicide de Javert ou encore la fuite de Jean Valjean dans les égouts avec le jeune Marius sur le dos, deviennent de véritables morceaux de bravoure, saisissantes de réalisme, presque effrayantes.

Cosette chez les Thénardier, par Emile Bayard

L’ensemble du casting, plus de 100 membres en tout, est particulièrement réussi. Jean Valjean, joué par John Owens Jones, est tourmenté à souhait. Marius, interprété par Gareth Gates, minet à la bouille enfantine révélé par la téléréalité anglaise (Pop Idol !!!), est bien le juvénile amoureux que l’on imagine, tandis que Cosette est une vraie petite poupée. Les révolutionnaires, amis de l’ABC, filent des frissons dans le dos lorsqu’ils reprennent en coeur Do You Hear The People Sing.

Alors certes, les puristes râleront peut-être, plaindront Victor Hugo… Faire de son œuvre une comédie musicale, sacrilège, en anglais de plus, alors qu’ils ont brûlé Jeanne d’Arc !! Oui, sûrement… mais finalement, qu’a fait Mozart, sinon reprendre une pièce française pour la mettre en musique et la faire chanter en italien ? Ces mêmes puristes, je n’en doute pas, me traiteront d’hérétique pour comparer cette comédie musicale aux Noces de Figaro. Et je suis la première à reconnaître que les deux ne sont pas comparables : c’est la démarche qui l’est. Prendre un succès littéraire pour en faire un succès musical, quel que soit le genre choisi, opéra ou comédie musicale. La musique est de qualité, les paroles également – notamment la version française, la version anglaise est parfois un peu niaise à mon goût (mais si vous voulez mon avis, Victor Hugo peut être niais, et son principal défaut, la grandiloquence, rend plutôt bien en chanson…).

Alors, même si le prix des places est élevé, je vous conseille ces Misérables – les moins de 28 ans bénéficient de tarifs tout à fait intéressants, soit dit en passant. Parce que les Thénardier sont fendards, parce que les scènes de barricade sont impressionnantes, parce que la jeune chanteuse qui joue Eponine est époustouflante, parce que les accents cockney des misérables sont savoureux… parce que cela fait chaud au coeur de voir tout un public debout pour acclamer la troupe. Je vous laisserai avec les mots de Gavroche :

Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à Rousseau.
Joie est mon caractère,
C’est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C’est la faute à Rousseau !

NB aux traducteurs des surtitres au Châtelet : la rue en pente qui donne sur la place du Panthéon, c’est la rue Valette, et non la rue de Villette… J’y ai fait assez de photocopies pour le savoir !

Photo : Michael Le Poer Trench

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2 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    7 juin 2010 12:35

    J’ai toujours été fasciné par les misérables ; il y a une très grande profondeur et diversité au bouquin, que j’ai lu (et pour lire du Totor, faut être motivé…)
    Si tu le conseille, j’hésiterai presque à aller voir la comédie musicale – j’ai à mon grand étonnement adoré « le roi lion » alors bon :p
    Mais je ne suis pas sûr d’avoir compris : les textes sont encore en anglais ???

    Quant à tes remarques sur Mozart, le monsieur surfait du classique, qui n’a finalement écrit que le Requiem (de Sussmayer), je te répondrai : heureusement que l’Autriche a plus marqué par ses peintres que par ses compositeurs 🙂

    • 7 juin 2010 12:49

      C’est en anglais, oui, parce que ça tourne pour l’anniversaire des 25 ans de la version anglaise, produite par Cameron Mackintosh. Cette version-là est bien plus connue que la version originale en français, sans doute parce que les Anglais et les Américains savent bien mieux que nous produire des comédies musicales (qu’ils ne considèrent pas comme un sous-genre, eux, ça aide) – ils ont su faire prendre la sauce, et c’est hyper archi populaire là-bas, notamment en Angleterre – ça passe à Londres à chaque fois que j’y vais, et tous les ados adorent 😉

      Si tu veux écouter et que tu utilises Spotify, c’est dispo dessus dans les deux langues.

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