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Les formidables aventure [avec/sans/chez un autre éditeur] de Lapinot

2 juin 2010

Grâce à un article de Phylacterium, j’ai appris de Lewis Trondheim, après plusieurs années d’abandon, avait ressorti un album des formidables aventures sans Lapinot. Si l’album n’est pas exceptionnel, loin de là, c’était une bonne occasion pour se relancer dans le cycle de ce héros particulier, au premier degré et demi. Mais comme Lapinot a des aventures dans son univers, hors de son univers, avec ou sans lui, parfois chez un autre éditeur, parfois sous un autre nom, un peu de pédagogie est nécessaire 🙂 
Note : pour chaque album, en cliquant sur la couverture vous accéderez à une page.

Naissance

En 1990, Lewis Trondheim ne sait pas dessiner. Alors il décide de créer un pavé de 500 pages sans scenario déjà prévu, afin de s’exercer : Lapinot et les carottes de Patagonie. Il s’agit plus d’une expérience de BD qu’un vrai album (un peu comme l’Autre fin du monde d’Ibn al Rabin), assez en rapport avec ce que faisait Trondheim à l’époque, avec l’oubapo. On n’appréciera que si on accepte la règle : pas de scenario, donc ça part dans tous les sens. L’évolution du style de Trondheim est assez intéressante.

On retrouve ce personnage de Lapinot dans Un intérieur d’artiste, petite BD sans prétention sortie à la même époque à l’Association. Lapinot s’appelle alors Antonio Lapin.

Premiers pas

En 1993 sort Slaloms, la première aventure moderne de Lapinot, où il va skier avec ses amis Richard, Titi/Thierry, et Pierrot. C’est là qu’il rencontre Nadia. Un très bon album, très drôle, avec une palanquée de gags où (c’est la force de l’humour Trondheim) les gens se reconnaîtront. Album vraiment savoureux : pour moi le meilleur de la série.
A la même époque, Trondheim dessine Promenade (qui sortira dans le recueil Noire est la Terre), une aventure plus courte mais non moins savoureuse du même Lapinot moderne, cette fois en vacances à la campagne avec les mêmes compères.
Il dessine également Le Crabar de Mammouth, qui ne sortira que dans Lapin#7, le journal de l’Association. C’est une aventure de Richard, Titi et Pierrot enfants ; on y voit les deux amis de Richard qu’il retrouve dans Slaloms, et on aperçoit sur une case Lapinot enfant :). Histoire amusante.

En 1994, Trondheim publie au Seuil Mildiou, une aventure moyenâgeuse de poursuite entre Lapinot et Richard en tyran. C’est la première vrai aventure de Lapinot avec les personnages de l’univers, mais hors-univers. Un album rafraîchissant avec quelques scènes bien dessinées.

Bien plus tard, en 1998, on notera également Galopinot, un album patte-de-mouche à quatre mains avec Matt Konture, où Lapinot rencontre Galopu. Pas mémorable.

Les formidables aventures de Lapinot

A partir de 1995, Trondheim décroche un contrat chez Dargaud et paraît régulièrement ses albums sous le titre Les formidables aventures de Lapinot (référence aux extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-sec ?).

Dans un premier temps, Blacktown, le tome 1, est une aventure indépendante située au Far-West. Le tome 3, Walter, se situe lui au début du 20e siècle. Dans la lignée de Mildiou, ces albums sont complètement indépendants : si Richard ou Titi sont là, c’est dans des rôles différents.

En revanche, le tome 2, Pichenettes, est une aventure moderne mettant en scène les mêmes personnages que Slaloms – beaucoup pensent que c’est un des meilleurs albums. Slaloms est alors réédité, redessiné, colorisé, et nommé tome 0 ! Puis c’est le tome 4 qui sort, Amour et Intérim, toujours avec les mêmes personnages, dans le même univers moderne.
Si Nadia, rencontrée dans le tome 0, faisait une apparition sans importance dans le tome 2, elle apparaît de façon plus consistante dans le tome 4, où Lapinot finit par lui faire une timide déclaration.

Sort alors le fameux Vacances de printemps (1999). Vacances de printemps est à la fois un album hors univers _et_ situé dans la continuité des albums. En effet, si dans le tome 4 Lapinot fait une déclaration à Nadia, et dans le tome 6 ils sont ensemble, le tome 5 raconte leurs débuts… …mais dans l’Angleterre du 19e siècle !
L’album est scénarisé par Franck Le Gall, et fait tout à la fois dans l’humour, la finesse et la poésie. C’est un album complètement à part dans les aventures.., et ce à tous niveaux. Sans doute mon préféré après Slaloms.

Suivent Pour de vrai, La couleur de l’enfer, et La vie comme elle vient. Les tomes 6 à 8 (2000 à 2004) sont beaucoup plus centrés sur la relation entre Lapinot et Nadia ; même s’il reste une aventure, elle est au même niveau que la vie personnelle du (des) héros. La série perd un peu en saveur, bien que le tome 8, après un début pépère, donne une grande claque au lecteur. Chapeau, il faut un moment pour s’en remettre.

– 

Enfin, le tome 9 de la série -en réalité paru avant le tome 8- renoue avec les aventures indépendantes : L’Accélérateur atomique (2003). Trondheim avait toujours voulu scénariser un Spirou. Il avait proposé un Spirou animalier à Dupuis, qui avait refusé. Il décide alors de le faire quand même, et le sort en tant que Lapinot. Une aventure amusante de Lapinot/Spirou, accompagné par un Fantasio canard et un Spip lapin 🙂
Revanche du sort, lorsque Dupuis lance sa collection Spirou et Fantasio vu par…, ils approchent Trondheim qui sort alors Panique en Atlantique.

Les formidables aventures sans Lapinot

En 1997, alors que quatre albums des formidables aventures sont parues, Trondheim commence à paraitre d’autres albums chez Dargaud. Il intitule la nouvelle série, non sans humour, Les formidables aventures sans Lapinot.

Le premier volume, Les aventures de l’univers, est un recueil de planches parues ici et là (la revue Lapin de l’Association, les Inrockuptibles, etc.). Aucune planche de Lapinot, ni dans son univers.

Le deuxième volume s’intitule Ordinateur mon ami, encore un recueil avec des planches liées au monde de l’ordinateur, principalement tirées du magazine SVM Mac. Il y a également trois aventures parues dans Astrapi (je dois avoir les originaux quelque part ^^), présentant deux amis testeurs de jeux vidéo, Patrick et Félix. Enfin, une dernière aventure inédite clos l’album, où Patrick et Félix rencontrent Richard et Thierry, officialisant leur présence dans le même univers. On trouve d’ailleurs une référence à Pour de vrai, sorti la même année.

Le troisième album, Cyberculture mon amour (2001), est le premier album original de la série ; c’est une aventure complète, centrée autour de Patrick et Félix, avec Richard et Thierry qui tiennent un grand rôle.

Enfin, 9 ans après la dernière aventure sans lapinot, 6 ans après la dernière aventure de Lapinot, sort Top ouf, le quatrième album de la série. Cette fois centré sur Richard (mais Patrick et Félix ont un grand rôle), l’album a été sorti pour fêter les 10 ans de la collection « Poisson Pilote » de Dargaud. Il aurait pu s’appeler Top bof. On sent que Trondheim s’est forcé, l’aventure est courte, il ne se passe pas grand chose, les gags sont amusants sans plus et un peu répétitifs. Dommage.

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Donc, un tableau pour récapituler :

Lapinot
hors univers
Lapinot dans
son univers
Dans l’univers
sans Lapinot

L’ordre présenté est l’ordre chronologique pour le récit (bien qu’il n’y ait pas de chronologie hors univers puisque les volumes sont indépendants) et représentent +/- l’ordre chronologique de parution.

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Note : j’ai piqué une partie des visuels à ce site, qui, même s’il n’est plus mis à jour, est une mine d’or pour qui voudrait aller plus loin dans les détails, les anecdotes, les indices cachés, etc.

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5 commentaires leave one →
  1. Makuchu permalink
    2 juin 2010 07:25

    aah Lapinot, une de mes séries préférées, qui trône fièrement sur l’étagère la plus accessible de mon lit… Parfaite pour un moment de détente et d’humour, accompagné d’identification facile aux personnages.
    Pour ceux qui veulent tenter (j’ai eu des « plaintes » sur le dessin et les personnages animaliers de la part de certains amis qui ont toujours refuser de les lire. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent !), je conseillerais donc Slaloms, ensuite Pichenettes, et également le décalé western Blacktown.

    Par contre, après la dure et magistrale claque du tome 10 (il est effectivement dur de s’en remettre, à chaque fois que je le relis, j’espère presque que la fin change…), la dernière livraison Top Ouf est vraiment pas très travaillée, les gags moins amusants… J’hésite même à l’acheter pour compléter ma collection…

    • Lien Rag permalink*
      2 juin 2010 08:41

      le tome 8, pas le tome 10 ^^
      Je l’ai relu la semaine dernière, à côté de la fin qu’on connaît, le début est également extrêmement violent sur les relations conjugales…

  2. Lien Rag permalink*
    2 juin 2010 08:10

    Note : Trondheim a également publié des aventures de Richard petit (époque Crabbar de Mammouth) dans spirou : voir ici.

  3. 3 juin 2010 14:50

    J’ai lu et relu avec un certain plaisir Ordinateur mon ami chez Vuuv, qui l’a eu pour son anniversaire il y a déjà quelques années… On se demande bien quel était le message subliminal là-dessous, mais je ne suis pas là pour dénoncer mes petits camarades, non non non, pas moi, jamais.
    Bref, ça fait mouche et on s’amuse bien !

Trackbacks

  1. Une autre génération de blogueurs : Trondheim, Larcenet et Maëster « Phylacterium

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