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Ma BD du moment (8) – « le » Spirou de Trondheim et Parme

27 mai 2010

Spirou, le célèbre groom de notre enfance… bien qu’on l’ait rarement vu tenir la porte d’un ascenseur. Au même titre que Tintin, Astérix, Boule et Bill, il est devenu un mythe du 9e art (ça en jette non, comme titre ?), symbole de l’âge d’or de la BD belge (ça en jette aussi, hein, comme formule ?? – bon, ok, j’arrête …). Spirou, donc, refait surface régulièrement ces dernières années, depuis l’arrêt du dernier duo d’auteurs « reconnu », Tome et Janry (non, non, tu résisteras à la tentation de faire des jeux de mots pourris, tu seras fort !) et leur controversé dernier titre Machine qui rêve, qui malgré un scénario de qualité, était un peu trop déconcertant pour les « fans ».

Depuis, Dupuis (hum, oui, quoi, c’est vrai, ça m’amuse…). Bon, donc, reprenons. La maison d’édition Dupuis à qui « appartient »  le personnage (et non, ce n’est pas Franquin qui l’a créé, même si il y a beaucoup contribué) a lancé un concept de one-shots. Des duos d’auteurs peuvent donc proposer « leur » Spirou. Une manière détournée de chercher l’équipe qui prendra la relève ? En attendant, cela a permis un vent nouveau sur la série, et on aurait tort de ne pas en profiter…

Trondheim, que l’on ne présente plus (Donjon, Lapinot, découvreur de nouveaux talents de la BD…), depuis longtemps intéressé par Spirou (il a proposé il y a une dizaine d’années un Spirou animalier, L’accélérateur atomique, qui même s’il a eu l’approbation de Dupuis, n’a pas pu faire partie des Spirou « officiels » et est donc devenu le 9e Lapinot), s’est donc lancé dans l’aventure.

Il a, paraît-il, écrit le scénario d’une traite en quelques jours, puis laissé le dessin à Parme. Peut-être est-ce pour cela que le scénario est plutôt simpliste. Il faut avouer que réaliser un Spirou est un pari audacieux, et que les comparaisons avec Franquin, le grand, le seul, l’unique (comment ça, je fayote ?) vont pleuvoir…

Jouons donc le jeu : Trondheim et Parme sont-ils en cohérence avec le « maître » ?

  • Les personnages :

Spirou : L’éternel groom est bien là, et surprise : il fait son boulot de groom ! Pourquoi pas après tout ? Faut bien qu’il mange aussi… L’action se situe dans les années 1960, non sans certaines allusions à la réalité du travail d’aujourd’hui. Spirou effectue donc son travail de groom sur un transatlantique de luxe, après une restructuration de son hôtel, le Moustic. Toujours vif et débrouillard, il est plutôt en accord avec lui-même => check.

Spip : Écureuil grognon et gaffeur => check.

Fantasio : Journaliste prêt à tout pour écrire un article, limite paparazzi… en accord également ! (et oui, rappelez-vous, dans Les pirates du silence ou dans Virus, il était prêt à tous les stratagèmes pour avoir un scoop ou une photo !) => check.

Champignac : flegme et inventions loufoques => check.

  • L’humour

Dialogue au point, personnages pittoresques, comique de situation et de répétitions (des fois trop, ok, on a compris, sous le calot de Spirou, il y a un écureuil… ah ah ah). Ceci dit, le tout rend plutôt bien et l’album est agréable, et plutôt dans la lignée de l’humour de Franquin (pour Spirou, pas Les idées noires, quand même).

=> mission accomplie

  • Les gadgets champignaciens

Un pistolet à neige à base de fungus antarticus, mwoui, pas mal. Si en plus on rajoute le champ de force mais_qui_ne_flotte_pas créé par le professeur Sprtschk (non, n’essayez pas de prononcer), on obtient un bon quota « d’inventions farfelues » comme dirait le maire de la belle bourgarde de Champignac, absent de cette histoire, mais bon, c’est normal, il a sûrement un discours à faire, il va pas partir en croisière, d’abord. Pour en revenir à Sprtschk (quoi, vous avez vraiment essayer de prononcer ?), il s’agit bien de celui-là même qui se fit avaler tout cru par le voyageur de Mésozoïque, dans l’album du même nom, empêchant la divulgation de la terrible bombe qu’il venait de mettre au point – une allusion discrète anti-militariste que Franquin reprendra avec plus de virulence par la suite.

Bref : gadgets bizarres => ok !

  • Le dessin

J’ai pas bien accroché au dessin, mais en toute honnêteté, il est simple, d’inspiration « franquinesque » tout en gardant une style particulier. Bon pourquoi pas. En tout cas mission accomplie, là encore.

  • L’histoire

L’histoire a des relents de La croisière s’amuse, légèrement invraisemblable, mais fonctionne, et se lit avec plaisir. Pas d’incohérences, un rythme rapide. Je l’ai trouvée un peu creuse sur le fond (ou au fond), mais plutôt correcte.

  • Le titre

Bon, là, c’est surtout que je trouve qu’un titre tel que « Panique à nom_du_bled », c’est moyen et facile. Tant qu’à faire, on dit : « Panade à Champignac », c’est un peu plus recherché !

Bref, pour en revenir au résultat global, côté cahier des charges, c’est ok. On peut mettre une petite croix devant chaque colonne « en accord avec l’esprit de Franquin ». C’est plutôt appréciable, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’il y a eu un cahier des charges justement. Résultat correct et sympatoche, mais un peu froid et vide. Il manque le petit grain de folie et de décalé propre à Trondheim (même si c’est bien « fou » comme histoire). En fait, j’ai préféré L’accélérateur atomique des aventures de Lapinot que j’avais acheté en même temps. Je conseillerais donc plutôt celui-là aux lecteurs qui ne veulent en lire qu’un, mais pour les curieux, Panique en Atlantique se lit très bien aussi.

. Le Spirou de Fabrice Parme & Lewis Trondheim, Panique en Atlantique, Editions Dupuis.

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3 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    27 mai 2010 09:27

    Notons que nos voisins de Phylacterium ont également fait un article.

    Perso je suis absolument imperméable au style de dessin de Fabrice Parme, donc je n’ai pas pu faire plus que feuilleter distraitement le livre. Quand à Trondheim, je souris moins à ses gags qu’avant. Pourtant je viens de relire Slaloms et j’ai bien rigolé, donc ça ne vient pas de moi :p

  2. 27 mai 2010 13:25

    Makuchu, je te trouve très inspirée.

Trackbacks

  1. Les formidables aventure [avec/sans/chez un autre éditeur] de Lapinot « Culture's Pub

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