Skip to content

« Manolete » ou une histoire de couples

8 avril 2010

Réalisé en 2007, sorti en 2008 en Espagne, « Manolete » n’est dans nos salles que depuis le 31 mars 2010, et déjà peu diffusé (6 salles parisiennes)… Les aficionados devront donc se dépêcher, s’ils veulent retrouver à l’écran la dernière journée du maestro Manuel Laureano Rodríguez Sánchez dit Manolete, évoquée à travers sa relation de 18 mois avec l’actrice Lupe Sino.

Menno Meyjes, réalisateur et scénariste du film, a non seulement choisi de mettre en scène une légende de la tauromachie – communément nommé « quatrième calife de la tauromachie » – mais également pris le parti de livrer une interprétation des combats de Manolete dans l’arène et de sa mort, le 29 août 1947, au sortir des arènes de Linares. Cette interprétation, qui fait de la corrida une danse de séduction dans un premier temps, puis un  acte érotique au moment de la faena – troisième acte d’une corrida qui prépare le taureau à la mort –, nous est livrée cinématographiquement à travers l’entrelacement du récit de la liaison passionnelle de Manolete avec Lupe Sino et de la description de sa dernière journée. Talons de Penelope Cruz, sabots du taureau dans l’arène, crissement de mousseline d’une robe, passe de muleta : les images sont belles, et rappellent le lien étroit entre les deux couples Manolete et Islero – taureau de la ganadería de Don Eduardo Miura qui donna la mort à Manolo –, Manolete et Lupe Sino – auxquels rend hommage le très beau jeu d’acteurs d’Adrien Brody et Penelope Cruz.

En somme, et du point de vue d’une aficionada, les critiques faites à ce film passent à côté de ce qui en fait justement l’intérêt, une perspective cinématographique réfléchie sur la force du couple amour/mort – eros/thanatos – dans la corrida. Si le film se concentre sur la fin de la vie de Manolete – en commettant d’ailleurs une « grave erreur », relevée par le Midi Libre, sur la couleur du costume du torero lors de son dernier combat, bleu dans le film et rose dans la réalité ! – et le montre dans ses moments de doute et de faiblesse – ce que regretteront ceux qui pensaient y voir un hommage au torero confiant, sûr de lui, adulé en Espagne et au Mexique –, il a le mérite de vouloir livrer au spectateur une « idée » de la tauromachie, à travers l’évocation de la mort du plus grand maestro de la première moitié du XXème siècle. Ennemis de la corrida, s’abstenir !

Publicités
8 commentaires leave one →
  1. Lib permalink
    8 avril 2010 08:16

    Merci pour ce premier billet, Ancounette, et bienvenue sur Culture’s Pub !!

    Je n’ai pas vu Manolete, mais je ne peux m’empêcher de trouver que l’affiche ressemble furieusement à celle d’Autant en emporte le vent.

  2. 8 avril 2010 09:04

    Bienvenue, Ancounette : bon le film passe encore aux Halles, je vais pouvoir y aller ! J’en avais déjà bien envie, tu me confirmes cette intuition première !

  3. ancounette permalink
    8 avril 2010 09:10

    Merci pour ces messages de bienvenue! Et chouette, j’ai déjà réussi à convaincre quelqu’un 😉
    Effectivement, Lib, la ressemblance est frappante avec l’affiche d’Autant en emporte le vent!

  4. adn permalink
    8 avril 2010 12:26

    Bravo pour l’article et merci pour la dernière phrase :-p

  5. platypus permalink
    8 avril 2010 15:48

    Ca me fait plaisir de te voir débarquer sur ce blog Ancounette, et ton article est chouette 😉
    Rassurée ? lol

  6. 9 avril 2010 16:24

    Bienvenue au Club , Camarade!J’ai bien aimé ton premier article qui sera suivit, je l’espère, de nombreux autres.La corrida n’étant absolument pas ma tasse de thé, je n’irai donc pas voir ce film mais qui sait…peut-être un autre conseillé par ta plume.

  7. Darky permalink
    18 avril 2010 00:38

    Bonjour,
    vraiment un film MAGNIFIQUE!
    Je ne suis pas spécialement pour la corrida (enfin, si ce n’était pas les banderillas et la mise à mort)
    mais effectivement l’image qu’on nous en donne est très belle, les acteurs sont supers!
    Par contre il semblerait qu’il y ait quelques incohérences par rapport à la réalité…
    Quelqu’un aurait il des précisions?
    ça donnerait presque envie de voir une corrida parce que cela reste un très beau spectacle
    (je parle tjs en dehors de la mise à mort et banderillas harponnée sur ce pauvre taureau

  8. ancounette permalink
    19 avril 2010 07:44

    Bonjour Darky!
    Effectivement, le film recèle quelques imprécisions par rapport à la réalité: Lupe Sino (jouée par Penelope Cruz) est plutôt présentée comme une femme légère que comme une actrice – en revanche le déchirement du torero entre les deux personnages féminins que sont sa mère et Lupe est très bien rendu; la mort de Manolete a eu lieu à 5h du matin le lendemain de la corrida où il a été blessé (dans le film, sa mort semble suivre de quelques heures le combat dans l’arène); son costume était rose et non bleu.
    Autant d’imprécisions qui participent de la fiction et ne gâchent en rien, à mon sens, ce beau film!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :