Skip to content

Fantasy et imagination : L’Histoire Sans Fin – Die Unendliche Geschichte par Michael Ende (2)

6 avril 2010

Cet article fait suite au premier que j’ai consacré hier au roman L’Histoire sans fin, écrit par Michael Ende. Dans ce second article, j’aborde et compare les différentes adaptions de ce chef-d’œuvre de fantasy. Si vous n’avez pas vu les films, alors c’est que vous vivez dans une grotte :-D, et vous risquez d’être déçu en lisant ce second article, car j’évoque certains points des films qui font un peu spoiler.

Il y a eu, à ma connaissance, trois adaptations au cinéma :

L’Histoire sans fin, de Wolfgang Petersen, sorti en 1984.
L’Histoire sans fin II, de George Trumbull Miller, sorti en 1991.
L’Histoire sans fin III, de Peter MacDonald, sorti en 1995.

L’Histoire sans fin

Mon avis avant d’avoir lu le roman :

Bastien subtilise le livre de L’Histoire sans fin dans la librairie de Koreander, bien que celui-ci l’ait pourtant prévenu du danger que représentait la lecture de ce livre. En le lisant, Bastien prend peu à peu confiance en lui et s’aperçoit finalement qu’il fait partie intégrante de l’histoire à mesure qu’il la lit. Bastien est alors investi d’une mission : sauver Phantasia du Néant.
Les décors, les personnages, l’ambiance, etc… sont très réussis et soignés. Le mangeur de pierre, Gmork, Fuchur et les autres personnages de l’histoire sont représentés de manière adaptée pour le film.
Pour moi, le premier film est excellent. J’ai adoré. Quand j’étais petit, je suis longtemps resté intrigué par cette notion du Néant véhiculée dans le film, concept difficile à appréhender pour un enfant (en tout cas pour l’enfant que j’étais). Le film est très mature et s’adresse aussi au public adulte.

Mon avis après avoir lu le roman :

Le film reprend la première moitié du roman, c’est-à-dire jusqu’au moment où Bastien se rend compte qu’il vit réellement l’histoire sans fin et se voit confier par l’impératrice le pouvoir de faire des vœux grâce à l’Auryn pour reconstruire Phantasia. Ce film est très fidèle au roman, malgré quelques absences comme l’araignée Ygramul (peut-être pour des raisons techniques face à la difficulté de reproduire à l’écran une araignée géante composée de millions d’insectes volants ?). Fuchur est renommé Falcor. Atréju n’a pas la peau verte (encore pour une raison technique de maquillage ?). Au début du film, on voit la forêt de Haule avec trois messagers, et non quatre comme dans le roman. Le messager manquant est le feu follet (encore pour une raison technique ?). Dans le film, Atréju arrive chez les gnomes grâce à Falcor, alors que dans le livre c’est grâce au poison d’Ygramul. La première des trois portes magiques qui mènent à l’Oracle Sudérien incinère les aventuriers dans le film et ne les fige pas comme dans le livre. De plus, le film ne montre pas la troisième porte. L’Oracle Sudérien lui-même existe dans le film et se compose de deux Sphinx bleus miroitants, qui se regardent, exactement comme les Sphinx jaunes brûlants de la première porte. Mais dans le livre l’Oracle Sudérien n’existe pas : Uyulala est une entité incorporelle. L’apparition de Cairon est minimaliste par rapport au livre. Dans le roman, Cairon paraît comme un centaure noir plus âgé dont la moitié inférieure montre la fourrure rayée d’un zèbre. Dans le premier film au contraire, il est complètement humain. Gmork n’est pas enchaîné et ne meurt pas de faim, mais meurt à la suite d’une blessure infligée par Atréju.
Ce sont donc des petits détails qui ont été passés sous silence, mais le film adapte quasi-fidèlement la première moitié du livre original de Michael Ende.
Le Mangeur de Pierre n’apparaît que dans le premier chapitre du livre, alors que dans le film il réapparaît devant Atréju juste avant sa rencontre avec Gmork. Dans cette seconde apparition dans le film, le mangeur de pierre a perdu confiance en lui parce qu’il n’a pas pu sauver ses compagnons du Néant : ils lui ont été littéralement arrachés des mains. Pourtant à la fin du premier chapitre du livre, il est écrit la fameuse phrase « mais ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois » : 
le film s’est donc offert la liberté d’inventer cette histoire de réapparition du Mangeur de Pierre laissée en suspens dans le roman.
Pour moi, ce qui est regrettable dans ce premier film, c’est l’absence du Vieil Homme de la Montagne Errante, alors que ce personnage est l’élément indispensable à la compréhension du pourquoi du comment du livre. Pourtant, il apparaît dans le troisième film (c’est la logique du cinéma lol).

L’Histoire sans fin II

Mon avis avant d’avoir lu le roman :

Bastien retourne à la librairie de Koreander et il entend la Jeune Impératrice lui demander de l’aide à partir du livre de L’Histoire sans fin. Bastien récupère alors l’Auryn et part à Fantasia, où une sorcière nommée Xayide répand l’obscurité avec le « vide ». Elle dérobe aussi, via une machine, les souvenirs de Bastien à chaque fois qu’il fait un vœu. Bastien perd ainsi tous ses souvenirs, et se retourne contre son ami Atréju en le blessant. À la fin, Bastien reprend raison et retrouve Atréju et Falcor, avant de se réconcilier avec son père.
Selon moi, ce film est moins bien que le premier, mais reste cependant pas mal : ça se regarde agréablement. Le film est beaucoup plus orienté vers le jeune public que le premier. Le Néant reste toujours ce qui menace Fantasia, à la différence qu’il résulte du « vide » contrôlé par la sorcière Xayide.
Les décors sont pas mal, mais l’univers du film est trop enfantin par rapport au premier.

Mon avis après avoir lu le roman :

Le deuxième film reprend la deuxième moitié du roman, mais avec beaucoup de digressions.
Bastien revient à Phantasia avec l’Auryn pour faire ses vœux, directement à la Ville d’Argent, alors que dans le livre Bastien va d’abord à Pelerin et Goab où il rencontre Graograman. Dans ce film, il n’y a pas de concours dans la ville d’argent ; les chevaliers tels que Hynreck, Hysbald, Hykrion et Hydorn n’apparaissent pas dans le film, alors qu’ils sont très présents dans le roman et sont les compagnons de route de Bastien. Le dangereux dragon Smärg créé par Bastien n’a pas le même but dans le film que dans le roman. Dans le film, ce dragon est selon moi inutile au scénario du film, alors que dans le roman Smärg est l’épreuve de bravoure du chevalier Hynreck. La grande bataille au pied de la Tour d’Ivoire entre Bastien et l’armée d’Atréju a été omise dans le film, avec en guise de remplacement une petite pichenette de Bastien sur Atréju causant ainsi sa mort (Permettez-moi de vous dire que je suis outré ^^). La Ville des Anciens Empereurs, la Mine aux Images, et les Eaux de la Vie sont passées sous silence dans ce second film.
Le seul véritable point du livre que le film conserve fidèlement c’est toute la partie avec la Main Voyante et la sorcière Xayide ainsi que la métamorphose de Bastien en méchant au fur et à mesure qu’il fait des vœux et perd ainsi ses souvenirs. Tout comme dans le roman, la sorcière donne à Bastian la ceinture Gemmai qui rend son porteur invisible. Naturellement ce cadeau n’est pas fait sans arrière-pensée. Dans le film, Bastien emploie son dernier désir pour donner un cœur à Xayide afin qu’elle ne soit plus vide, ce qui cause sa mort. Or dans le livre, Xayide meurt écrasée par ses gardes creux durant leur fuite.
Dans le film, lorsque le père de Bastien découvre le livre de L’histoire sans fin, suite à la disparition de son fils du monde réel, et qu’il se rend à la librairie de Koreander, celle-ci n’existe plus dans le monde réel. Le film n’explique pas pourquoi, mais le roman indique que la lecture de Bastien change L’histoire sans fin, et donc l’ancienne « version » du livre qui était celle de Koreander n’existe plus.
Ce second film reste quand même dans l’esprit du roman ne serait-ce que pour la notion de perte de son identité réelle au profit de son identité imaginaire véhiculée par Bastien.
Le personnage oiseau « Nimbly » qui est l’espion de Xayide n’est pas un personnage du livre. Il semble cependant s’inspirer d’une espèce décrite dans le livre ressemblant à des lapins-oiseaux.
Dans le deuxième film, le Mangeur de Pierre et son fils « Junior » sont présentés. Rappelons que dans le roman, ce personnage n’apparaît que dans le premier chapitre et ne revient plus jamais par la suite.
Toutes ces divergences entre ce film et le roman montrent encore une fois la liberté des producteurs à inventer l’histoire laissée sans fin par « mais ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois. » 
Ce second film est donc une adaptation à moitié fidèle du roman, que je considère comme acceptable.

L’Histoire sans fin III

Mon avis avant d’avoir lu le roman :

Bastien emménage chez sa nouvelle famille (son père s’est remarié) et n’a aucune complicité avec sa nouvelle demi-sœur. Dans sa nouvelle école, Bastien est persécuté par les Nasties, un groupe d’étudiants surnommés « Les Mauvais ». Pour fuir, Bastien trouve refuge en se transportant dans le livre de L’Histoire sans fin. Or, les Nasties peuvent aussi lire L’histoire sans fin, et donc avoir leur propre lecture. Entamant la lecture du livre, dans lequel Bastien s’est réfugié, les Nasties en profitent pour décrire un Phantasia complètement chaotique et diabolique.
Pour moi ce troisième film est une déception : les décors sont indignes, je ne parle même pas du Mangeur de Pierre, grandiose dans les deux premiers volets, qui est dans ce troisième opus d’une apparence ridicule. Phantasia n’est pas fantastique du tout. J’ai même envie de dire que Phantasia est assez burlesque dans ce film (faut voir les décors pour le croire). Et cela m’a paru bizarre que cette fois-ci ce ne soit plus Bastien qui entre vivre dans le roman, mais que ce soit le roman qui s’invite sur Terre. Les personnages du roman sortent du livre et vont dans le monde réel. L’absence d’Atréju dans ce troisième film est aussi une déception pour moi.

Mon avis après avoir lu le roman :

Le troisième film n’a rien à voir avec le roman. Il ne suit pas du tout l’intrigue et propose une toute nouvelle histoire, mais au moins il reprend un élément important du livre qui était omis dans le premier film : l’histoire commence avec le Vieillard de la Montagne Errante en haut d’un glacier, mais son apparition diffère radicalement du livre. Il possède le Grand Livre dans lequel il écrit et lit L’histoire sans fin. La Jeune Impératrice lui rend visite pour trouver une solution contre les Nasties du monde réel.
Dans le film, il y a une sorte d’arbre humanoïde qui parle et qui se déplace, or il est absent du livre. Cependant il semble tiré d’une espèce décrite dans le livre, les arbres trolls. Dans le troisième film, la famille du Mangeur de Pierre est représentée, sa femme et son fils, Junior. Ce dernier occupe un rôle important dans le film : il est envoyé sur terre avec Fuchur, le lutin Barky, Engywuck et Urgl à cause d’une surcharge de vœux causée par Bastien. Donc, bien que ce troisième film ne soit pas grandiose selon moi, et moins bon que les deux premiers films, l’idée de départ est ingénieuse puisqu’il propose une histoire originale, une « nouvelle version » de l’histoire sans fin, ce qui est bien le pouvoir du livre. En revanche, le voyage des habitants du monde de Phantasia vers le monde réel est absurde car logiquement impossible d’après le livre.
Ce troisième film est donc une adaptation infidèle mais originale du roman. Hélas, je trouve que ce film exploite mal le pouvoir du livre, à savoir que L’histoire sans fin est une nouvelle histoire, différente à chaque nouvelle lecture : finalement, je trouve l’histoire de ce film absurde et grotesque.

Les bandes originales des films

  • Le premier film dispose d’une BO magnifique, signée par les compositeurs Klaus Doldinger et Giorgio Moroder. Elle permet de nous affranchir de cette sinistre réalité du monde réel, et ainsi de pouvoir nous échapper dans l’imaginaire.
    C’est pour moi l’une des plus belles BO de film qui existe. Les émotions sont parfaitement retranscrites dans ces musiques, et après les avoir écoutées, on en sort changé !
    Le titre de la chanson du premier film est « NeverEnding Story » interprété par Limahl, et je considère que c’est une chanson magique.
  • Le deuxième film dispose d’une BO, signée par les compositeurs Robert Folk et Giorgio Moroder. Certaines musiques sont très agréables, mais l’ensemble reste pour moi en dessous du niveau de la première BO.
    Le titre de la chanson du deuxième film est « The NeverEnding Story » interprété par Joe Milner, et j’ai tendance à la préférer à celle de Limahl, tellement elle est prenante.
  • Le troisième film dispose d’une BO signée par le compositeur Peter Wolf. Pour moi, cette BO ne rivalise pas avec les deux précédentes, d’ailleurs je la trouve trop éloignée de l’univers de Phantasia.
    Le titre de la chanson du troisième film est « Dream On (The Neverending Story) » interprétée par Nemorin. J’aime cette chanson, et je dois avouer quelle remonte le niveau la BO de ce troisième film.

La série télé : Les contes de l’histoire sans fin

Il s’agit d’une série TV d’une seule saison vaguement basée sur le roman de Michael Ende, et diffusée sur HBO en 2001. Les contes de l’histoire sans fin a été diffusé en 4 films de deux heures aux États-Unis, et comme une série télévisée de 13 épisodes d’une heure au Royaume-Uni. En France, cette série a été diffusée sur des chaînes comme Gulli.
L’histoire générale de la série explore l’histoire originelle du roman sur la façon dont Bastien découvre Phantasia, mais d’un point de vue ayant encore plus d’importantes divergences avec le roman de Michael Ende que les films de la Warner Brothers.
Les événements du roman ne se produisent pas dans l’ordre, et les points particuliers de l’intrigue sont inversés entre les personnages. Par exemple dans le roman et les films, c’est Bastien qui entre dans le monde de Phantasia, mais ici c’est Atréju qui entre dans notre monde. Dans la série, la nature de la relation entre la Jeune Impératrice et Xayide est complémentaire : elles sont sœurs, mais avec des idéologies opposées. Le Vieux de la Montagne d’Errance prend également un plus grand rôle dans la série en devenant une sorte de mentor pour Atréju de la même manière que Koreander l’est pour Bastien.
La série introduit également de nouveaux personnages : Lucas et Marely, par exemple. On remarque aussi que les personnages du Nachtalb, du Petit Homme et du Mangeur de Pierre sont absents.
Dans Les contes de l’histoire sans fin, un héros doit traverser la porte magique énigmatique, laquelle contrôle sa confiance en lui. Alors il doit répondre à une énigme et traverser un miroir qui montre ce dont il a besoin pour résoudre sa tâche. Il arrive dans une bibliothèque dans laquelle un magicien énigmatique, qui ressemble à M. Koreander, lui fait la lecture. Ensuite il traverse une porte vitrée sur laquelle se trouve écrit le nom Uyulala, et trouve ainsi l’Oracle.
Bien que cette série TV ne soit pas d’une fidélité irréprochable au roman, elle offre une nouvelle « version » de L’histoire sans fin, et c’est bien là le pouvoir de ce livre.

Le dessin animé de l’Histoire sans Fin

Le dessin animé de L’Histoire sans fin comporte 26 épisodes de 26 minutes, en partie inspirés du roman de Michael Ende. En France, la série a été diffusée depuis 1995 sur des chaînes comme Canal+ et Gulli.
Bastien est dans le monde réel un garçon ordinaire d’une dizaine d’années, mais devient un véritable héros dans le monde imaginaire de Phantasia : il ouvre le livre de L’histoire sans fin dès qu’il le peut, pour se transporter dans Phantasia et ainsi retrouver ses amis Buchtroll, un arbre troll qui parle, Atréju, Falkor, le Mangeur de Pierre et la Jeune Impératrice.
À l’aide de ses compagnons, Bastien doit déjouer les plans diabolique de la sorcière Xayide. Il y a aussi Gmork, Urgl, Engywuck, ainsi qu’un sombre gobelin, etc…
Dans cette série animée, l’adversaire principal des héros est Xayide.
Là encore le pouvoir du livre de L’Histoire sans fin, à avoir différentes « versions » de l’histoire, est exploité par ce dessin animé.

Conclusion

L’histoire sans fin est une véritable mise en abîme de notre désir de fuir cette réalité malheureuse, tout du moins pour ceux qui connaissent le désespoir comme le personnage de Bastien ou comme moi, et de notre désir de s’identifier à un héros : Bastien sera tellement immergé par la lecture de L’histoire sans fin qu’il va oublier la réalité et rejoindre ce monde imaginaire en s’identifiant complètement au héros, et ainsi vivre et entrer carrément dans l’histoire.
C’est pourquoi le héros du livre représente notre personnification, parce qu’on s’identifie à lui : il est notre image, notre reflet (et je vous rappelle qu’Atréju est confronté à 3 portes énigmatiques avant de rencontrer Uyulala : la deuxième porte est un miroir qu’Atréju doit franchir, et dans ce miroir il ne voit pas son reflet, mais celui de Bastien).

Je n’ai pas besoin de vous conseiller de découvrir L’histoire sans fin, car vous avez déjà vécu une histoire sans fin, rien qu’en ayant lu ces deux articles 😉

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :