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Ginger. Not rude, though.

30 mars 2010

Couverture de l'album.Que dire de Gaëtan Roussel ? Qu’il est l’auteur d’un des gros tubes des booms de notre jeunesse, par exemple. Qu’il a mis les mots sur nos émois adolescents. Qu’il est auteur, compositeur, interprète et que la voix de Louise Attaque, c’est lui.

Que dire de plus ? Objectivement, je tiens cet homme en très haute estime. J’adore sa voix. J’adore ses textes. J’ai tous les albums de Louise Attaque et les deux de Tarmac. Je crois que Gaëtan Roussel est pour moi ce que Leonard Cohen et Gabriel Yacoub sont pour ma maman : ses textes sont le jardin secret de mes quinze ans, une part de moi, pour toujours. Enfin, ça on en reparlera peut-être dans 30 ans…

Autant vous dire que j’ai attendu la sortie de son album solo avec un mélange d’appréhension et d’impatience… Parce que Louise Attaque, ce n’était pas que lui, je le sais bien. Et même si j’ai tendance à privilégier le texte sur la mélodie pour que la musique compte vraiment, je sais que ça ne suffit pas toujours. Je suis en train d’écouter Ginger, et je ne suis pas sûre de savoir ce que j’en pense… Parce que c’est très différent. Que Gaëtan Roussel n’a plus 20 ans, ni moi 15.

En attendant de me faire à cet album solo, parlons de ce qu’il a fait récemment… Sa contribution à Bleu pétrole, par exemple, qui donne notamment « Résidents de la République » et « Je t’ai manqué » (à voir dans l’ordre, tant qu’à faire). Pour Vanessa Paradis, il a écrit « Il y a » : c’est délicat et frais comme la pluie en Écosse (je vous jure, la pluie est délicate et fraîche en Écosse, pas lourde et grasse comme ici), c’est un peu mystérieux, franchement poétique, plus que juste joli et ça me ravit – j’aimerais bien savoir ce que ça donnerait avec sa voix à lui, surtout.

Outre cette voix qui accroche comme le crin d’un archet, souvent au bord de l’écorchure, Gaëtan Roussel a l’art des paroles : il joue avec les mots, leur son, leur sens, le pouvoir merveilleux de les assembler pour la beauté du geste. Pour créer le sens et laisser planer le doute. Laisser de la place à celui qui écoute pour s’approprier la chanson.

« … Une chanson, c’est un lien entre les gens et il faut qu’il y ait de la place.¹« 

Je sais, je ne suis pas en avance, et cet article n’est plus vraiment d’actualité (le CD est sorti le 15 mars dernier), mais c’est parce que j’ai pris le temps de l’écouter… Ce que je n’aurais sans doute pas fait pour un autre. J’avoue qu’au début, je n’ai pas accroché : les paroles sont moins émouvantes, la mélodie moins lancinante. Bref, ce n’est pas la musique que j’aimais quand j’étais ado. En m’accrochant, je me suis rendue compte qu’en effet c’était sans doute un album plus adulte. Et comme les bonnes choses, c’est en prenant le temps qu’on apprécie. Je n’irai pas jusqu’à dire que Ginger c’est du Lagavulin 16 ans… Encore que. Il faut aussi laisser le temps faire son ouvrage pour le savoir avec certitude.

Ginger est un album bilingue, ce qui n’est pas une première pour Gaëtan Roussel, qui introduit de l’espagnol et de l’anglais dans ces textes depuis Comme on a dit, avec « Du nord au sud » , et surtout dans L’Atelier. Ici l’anglais est utilisé avec une valeur de gimmick, à la recherche d’une nouvelle forme de musicalité² : car c’est bien ce que fait l’artiste ici. Il s’amuse, il s’éclate, il se fait plaisir avec des sons plus électriques, plus franchement rock que tout ce qu’il a fait jusqu’ici. Il explore son registre, de la ritournelle un peu hypnotique, « Mon nom » , à l’inquiétant « Trouble » , en duo avec Gordon Gano (des Violent Femmes, oui oui, producteur de Louise Attaque depuis Comme on a dit) en passant par le très joli et entêtant « Dis-moi encore que tu t’aimes » et le fantasque « Tokyo » .

Bref, un album qu’il faut un peu de temps pour apprécier à sa juste valeur, mais qui en vaut largement la peine, avec son curieux mélange de puissance et de délicatesse, avec sa qualité entêtante, hypnotique que j’ai toujours aimé dans la voix et les textes de Gaëtan Roussel : je sais que ça ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais après l’avoir écouté en boucle tout l’après-midi, je n’ai simplement aucune envie de m’arrêter.

Note

1. Libération, lundi 15 mars, Portrait, par Philippe Brochen.

2. Entretien avec Vincent Josse, « Esprit critique », France Inter, lundi 15 mars.

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2 commentaires leave one →
  1. Lien Rag permalink*
    30 mars 2010 17:20

    C’est amusant, les deux que tu cites sont les seules que j’ai apprécié dans Bleu Pétrole, comme quoi… Quant à celle de Paradis, après plusieurs mois de matraquage intensif sur les radios le matin, j’avoue qu’elle a perdu un peu de son charme, mais j’avais été étonné par la délicatesse de la chanson.

    • 31 mars 2010 11:31

      J’écoute peu la radio, et surtout France Inter (qui ne passe pas beaucoup de musique^^), donc ça va, je l’apprécie toujours autant…^^

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