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Le théâtre pour les snobs

29 mars 2010

Photo : Elisabeth Carrecchio

Nos lecteurs assidus l’auront compris, mon truc dans la vie, c’est le théâtre (avec le chocolat, le jus d’airelles, Londres et David Tennant). Je vais au théâtre plusieurs fois par mois, voire plusieurs fois par semaine (je n’ai pas touché d’héritage d’un vieil oncle, mais j’y vais gratuitement, tout s’explique…). J’ai une certaine idée du théâtre, qui ressemble un peu à celle prônée par Jean Vilar avec son Théâtre National Populaire : « j’affirme que le Théâtre National Populaire est un service public, tout comme l’eau, le gaz et l’électricité. » Et, pour continuer avec Vilar : « Car qu’est le théâtre sans la vie grouillante du grand public : un exercice de snob ou un exercice d’homme de lettres. » Je trouve dommage qu’on ne croise que des retraités aisés au théâtre. Que la majorité des jeunes soient là parce que traînés par leur prof de lettres et non de leur plein gré.

Jeudi soir, je suis allée voir Les Justes au Théâtre de la Colline avec Platypus. C’était blindé, bonne chose. Pas tant de vieux que ça, même si bon, quand même un peu. Et je me suis rappelée pourquoi j’aimais le théâtre. Parce que pour moi, le théâtre, c’est tout sauf ça.

Alors déjà, Albert Camus. Avec le cinquantenaire de sa mort en 2010, ça sent pas déjà l’opportunisme à plein nez. Avec ça, on est sûr de remplir le quota de scolaires sans trop fatiguer les RP. Après, Stanislas Nordey. De quoi attirer les théâtreux branchouilles qui ont vu Incendies, la mise en scène du bonhomme la saison passée au même endroit – et je dois dire que c’était une belle réussite, j’y étais. Nordey, entouré de sa smala habituelle : Wadji Mouawad, sur scène cette fois-ci (c’était l’auteur d’Incendies), Laurent Sauvage, Raoul Fernandez, Damien Gabriac, Véronique Nordey (môman), Frédéric Leidgens… avec l’ajout heureux de Vincent Dissez, comédien élisabéthain émérite. Enfin, pour attirer les autres, ceux qui vont d’habitude au cinéma ou préfèrent regarder la télé, Emmanuelle Béart, histoire qu’il y ait au moins un nom connu du public béotien sur l’affiche. Mélangez tout ça, et il y en a pour tout le monde, mes bonnes gens.

Que le Théâtre de la Colline ait réussi une brillante opération de marketing, cela, au fond, ne me dérange absolument pas. Quand il est fait de manière intelligente et humaine, le marketing est une discipline tout à fait louable. Mais quand c’est au service d’une pièce chiante comme la pluie, grandiloquente à souhait, c’est un peu énervant.

Déjà, choisir de reprendre Les Justes de Camus, c’est dangereux. Camus, je connais un peu, comme tout le monde. J’ai lu L’Étranger. J’ai lu Caligula. J’ai dû feuilleter Le Mythe de Sisyphe. Je n’avais pas lu Les Justes. Il a fait mieux, le garçon. C’est terriblement daté. L’histoire, c’est celle d’un groupe d’étudiants socialistes en Russie en 1905, qui fomentent un attentat contre le grand-duc Serge. C’est très idéaliste, mais ça passe mal aujourd’hui, surtout quand on sait ce qu’il était arrivé en Russie grâce aux socialistes révolutionnaires… Il aurait fallu adapter, couper, pour que ce texte reprenne de la vigueur, du souffle – au lieu de ça, il reste empêtré dans un aspect guindé qui ne convient pas à la scène.

Et pour couronner le tout, la mise en scène et la direction des comédiens sont si hiératiques, d’une telle raideur que cela tue toute étincelle de vie sur le plateau. Sans doute pour signifier l’enfermement psychologique dans lequel se confinent les personnages, Nordey les incite à parler de manière extrêmement articulée, comme des récitants plus que comme des comédiens. Face au public, ils ne se regardent, ne se touchent presque jamais, comme si chacune était enfermé dans une cage de verre sans contact avec l’extérieur. Jeu fort difficile à assumer et à tenir. Emmanuelle Béart, Vincent Dissez s’en sortent sans trop de dégâts, même s’ils n’ont pas vraiment l’air d’y croire et que tout cela reste laborieux et chiant. Wadji Mouawad n’est pas du tout crédible dans le rôle de Stepan, il semble trop inquiet de sa performance pour l’être. Quant au reste de la troupe, ils m’ont fait l’effet de très puissants somnifères – sauf peut-être Frédéric Leidgens, si horripilant dans sa façon de détacher chaque mot, dans ses gestes empruntés, que j’en avais presque des envies de meurtre. Mention particulière à Raoul Fernandez et Laurent Sauvage, qui jouent respectivement le bourreau et Skouratov. Intermède comique, ils créent une véritable connivence avec le public (ce qui n’arrive pas avec les autres, même s’ils sont constamment tournés vers la salle), et l’on sent une sorte de soulagement parmi ceux des spectateurs qui ont bien voulu rester jusque cette scène.

En y réfléchissant, je me dis que si ces seules scènes comiques m’ont semblé réellement fonctionner, c’est, pour suivre Bergson, parce

Photo : Elisabeth Carecchio

que le rire, c’est du mécanique plaqué sur du vivant. Je m’explique. La mise en scène de Nordey, désincarnée, transforme ces hommes et ces femmes en pantins, et justement, leur jeu très mécanique ne fonctionne au fond vraiment que quand il s’agit de faire rire.

Finalement, ce que je n’aime pas dans cette conception de la mise en scène, c’est parce que c’est un théâtre profondément égoïste, qui se regarde lui-même avant de penser à la salle. Alors oui, d’accord, un peu de difficulté ne fait pas de mal, il vaut mieux tirer son public vers le haut plutôt que de rentrer dans une complaisance facile et ne lui montrer que ce qu’il a envie de voir. Mais à une seule condition : l’accompagner, l’entraîner vers ces hauteurs, plutôt que de l’exclure de l’aventure.

En sortant de là, ce qui m’a fait le plus de peine, c’est de me dire que des centaines de lycéens vont être traînés à la Colline dans les semaines qui viennent. Des centaines de lycéens vont s’emmerder comme des rats morts, vont subir cette pièce plus qu’ils ne vont la vivre. Quelle idée ces jeunes auront-ils du théâtre ? Jamais ils ne voudront y retourner de leur plein gré, et je peux les comprendre. C’est dommage.

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21 commentaires leave one →
  1. 29 mars 2010 11:09

    Et pan, prenez-vous ça dans la face ! Bien envoyé, Lib !

  2. Lien Rag permalink*
    29 mars 2010 17:28

    Strike….

    Sinon, pour la non-fréquentation des théâtres, le prix joue sans doute. Ajoute à cela les contraintes physiques : il n’y a pas des théâtres partout, donc il faut se déplacer, les horaires ne sont pas flexibles comme le cinema ; et l’image du théâtre, qui n’est pas toujours volée, comme tu viens de le démontrer…

    Sortie avec Platypus… La chance ! Il va sans doute nous donner son point de vue sur la couleur des sièges…

    • Lib permalink
      30 mars 2010 08:02

      13€ pour les moins de 30 ans à la Colline, ce n’est pas très cher… C’est 3€ de plus que le cinéma quand on n’est plus étudiant. Et avec un abonnement, je crois que c’est 8€. Pour les théâtres privés, le prix est un facteur déterminant, mais pour les publics, il y a des moyens, quand on est jeune surtout, de ne pas payer cher.

      Quant à la géolocalisation des théâtres, sur Paris au moins, elle est tout aussi dense que celle des cinémas. Et il y a vraiment pas mal de scènes nationales, de CDN et de petites salles en banlieue, pour parler de ce que je connais.

      Pour les horaires, ok, c’est en général une représentation par jour, et le soir. Mais bon, ta comparaison avec le cinéma me gêne un peu : au cinéma, tu demandes au projectionniste (qui est remplaçable) de passer la bande, et le tour est joué. Au théâtre, tu as des comédiens et toute la régie qui sont mobilisés pendant toute la durée de la représentation : tu ne peux pas leur demander de jouer plusieurs fois par jours, d’enchaîner des représentations à l’envi.

      • Lien Rag permalink*
        30 mars 2010 10:58

        C’est bien pour ça que je parle de contraintes immuables : le théâtre n’est _pas_ le cinéma. Pour la localisation, c’est bien le problème, si tu n’habites pas paris ou ne souhaites/peut pas t’y déplacer le soir, qui plus est en semaine, tu as un choix extrêmement limité. Un théâtre ici et là, avec une programmation souvent unique.

        Maintenant, aujourd’hui, si on les considère tous les deux comme des raconteurs d’histoires, quelle est la valeur en plus du théâtre par rapport au cinéma ?
        (vrai question, je n’ai pas un crabe jaune en avatar)

      • 30 mars 2010 11:56

        C’est pertinent, comme question : moi aussi je vais peu au théâtre, alors que j’en aurais la possibilité. J’ai eu finalement plus de bonnes expériences que de vrais traumatismes, et pourtant, je ne vais jamais au théâtre et je ne sais pas pourquoi… Je ne vais pas tellement voir de concert non plus : aurais-je un problème avec le spectacle vivant ?
        Qu’est-ce qui fait que je préfère la distance de la toile à la performance en chair et en os ? L’habitude, la facilité, la souplesse, l’effet de buzz (apparemment, en français, on dira bientôt ramdam… Pourquoi pas ?), le système des bandes-annonces ? L’anonymat de la salle obscure, la distance imposée face à l’œuvre ? Encore que, justement, il y a peut-être moins de distance dans le cinéma : les images, la musique autant que le jeu des acteurs nous transportent, nous perdent (quand le film est bon, bien sûr) alors qu’au théâtre, peut-être, même dans les meilleurs cas, j’ai toujours eu d’abord le sentiment de voir des gens sur scène. Je ne suis pas certaine, il faudrait que je réfléchisse un peu longuement sur la question, mais j’ai ce sentiment, oui, que la scène est d’abord personnelle et pour moi, cela relègue l’œuvre au second plan alors que sur l’écran (et sur le papier aussi, d’ailleurs) elle existe par elle-même.
        En tout cas c’est mon ressenti au niveau du vécu, quoi :-p

      • Lib permalink
        30 mars 2010 12:30

        Bien sûr que le théâtre n’est pas le cinéma.

        Je comprends bien tes arguments, mais pour quelqu’un pour moi, qui refuse d’aller au ciné en VF, les problématiques de distance sont les mêmes pour le théâtre ou pour le cinéma. Les deux cinés à proximité de chez moi ne passent que des films étrangers en VF, il me faut faire au moins 20-30 mn de voiture pour trouver un cinéma qui remplisse mes critères, si fait que je vais principalement à Paris pour mes séances. La personne qui a vraiment envie d’y aller, elle se donne les moyens – comme pour un concert : il n’y a pas des salles de concert partout, la programmation n’est pas aussi fréquente et variée qu’au ciné, et les places sont chères.

        Je ne pense pas qu’il y ait une valeur en plus ou en moins entre le théâtre et le cinéma. Ce sont deux expériences différentes, et que je ne saurais comparer. Au théâtre, tu assistes à une représentation qui est à la fois identique et unique chaque soir. Je l’ai bien vu récemment, j’ai dû assister à un même spectacle 4 fois de suite. Et bien les 4 fois, j’ai vu un spectacle qui était à chaque fois unique en soi. D’ailleurs, la différence entre une première et une dernière peut être très marquée – on a vu des productions complètement retravaillée pendant la période de représentations.

        Après, je ne sais pas si ça s’explique ou si c’est juste une coïncidence, mais mes plus belles expériences théâtrales ont eu lieu au Royaume-Uni.

  3. Benjamin permalink
    29 mars 2010 22:05

    Bel article qui appuie là ou ça fait mal,et tes remarques ne sont pas gratuites c’est ça le plus malheureux.

    Mais donc conclusion, à la lecture de tes articles récents :
    Le théâtre pour les snobs
    Question de critique…
    Un tramway… sans désir

    …en ce moment c’est l’hécatombe dans les théâtres ?

    Je demande ça parce que j’envisage d’y aller prochainement, et j’hésite pas mal du coup.
    Je ne suis d’ailleurs surement pas le seul dans ce cas, aurais-tu un bon tuyau pour nos amis lecteurs et moi même ?

    • Lib permalink
      30 mars 2010 08:08

      C’est vrai que les derniers spectacles que j’ai vus ne m’ont pas enchantée.

      Te conseiller, c’est un peu difficile dans la mesure où je ne connais pas tes goûts. Si tu aimes les fresques épiques (et les spectacles un peu longs), il y a Les Naufragés du Fol Espoir au Théâtre du Soleil (mais accroche-toi pour avoir des places, j’ai réussi à en choper une pour le 26 juin…). Au Théâtre de la Madeleine, Serge Merlin est remarquable dans Extinction (http://www.artistikrezo.com/theatre/theatre-contemporain/extinction-theatre-de-la-madeleine.html).

      Plein de bons conseils ici : http://www.artistikrezo.com/theatre/

      • 30 mars 2010 09:23

        Ouh, bouh ! Comment elle fait sa pub !^^

      • Lib permalink
        30 mars 2010 09:50

        J’assume. Je fais pas du marketing et de la communication publicitaire pour rien, madame !

      • Benjamin permalink
        31 mars 2010 09:09

        Merci beaucoup pour le complément d’infos.

      • Lib permalink
        31 mars 2010 09:13

        Je repensais à tes questions ce matin dans le bus, Benjamin, et j’ai pensé à une pièce qui passe bientôt à Paris, que je ne manquerai pour rien au monde. Après, il faut aimer Shakespeare et ne pas avoir peur du théâtre sur titré, parce que c’est une compagnie anglo-américaine et donc c’est joué en anglais.

        Il s’agit de The Tempest au Théâtre Marigny, la semaine du 19 avril. Mise en scène de Sam Mendes, excusez du peu (malgré sa séparation d’avec Kate Winslet ^^), avec Stephen Dillane (voir mon article sur Welcome to Sarajevo), Christian Camargo (The Ice Truck Killer dans Dexter) et plein d’autres très grands comédiens. J’y vais le 24 avril (et j’ai payé ma place cette fois-ci, pas dans le cadre d’une critique car j’y vais le dernier jour avec une amie). Je pense que ça vaut vraiment le détour.

        La même troupe joue As You Like It au même endroit, mais d’après les échos que j’ai eu des premières représentations à New York, il vaut mieux voir The Tempest. Qui est, en plus, une pièce magnifique.

  4. Iwayado permalink
    30 mars 2010 21:57

    « Finalement, ce que je n’aime pas dans cette conception de la mise en scène, c’est parce que c’est un théâtre profondément égoïste, qui se regarde lui-même avant de penser à la salle. »

    Je me répète, mais j’ai l’impression qu’une grande partie des doctrines théâtrales contemporaines (oui ça en jette comme phrase, et en plus ça veut rien dire) reposent sur ce principe.

    Le théâtre, pour certains théâtreux, ce n’est finalement que l’art pour l’art, le plaisir de mettre en scène pour soi, et pour les comédiens. La salle est censée suivre et adhérer, même si elle a du mal à comprendre; si elle ne suit pas, c’est qu’elle est conformiste et réactionnaire, et en somme, incapable de comprendre le génie du metteur en scène, figure moderne de l’albatros.
    C’est une conception finalement assez élitiste du théâtre…

  5. platypus permalink
    31 mars 2010 07:58

    Complètement d’accord avec Lib, dont seule l’exquise présence a sauvé la soirée. Je serai même moins indulgent avec Emmanuelle Béart qui a réussi à se planter deux ou trois fois sur son texte, et dont les traits figés par les coups de bistouri rendent impossible tout jeu théâtral convaincant…
    A Lien Rag : on était plutôt pas mal assis 😉

    • Lien Rag permalink*
      31 mars 2010 08:21

      🙂

    • Lib permalink
      31 mars 2010 08:27

      Carrément, ‘laissant’ au lieu de ‘scellant’, ça la fout mal :p

      • Lien Rag permalink*
        31 mars 2010 08:52

        Elle parlait de son séant ?

      • Lib permalink
        31 mars 2010 08:53

        Cette métaphore filée me laisse perplexe… 😉

  6. Audrey permalink
    10 août 2010 11:55

    Je ne suis pas d’accord avec cette vision du théâtre, de la scène et de Nordey.
    Déja, pour la mise en scène désincarnée, Nordey est spécialiste. Il suffit de voir son peanuts. Alors ça plait ça ne plait pas, je comprend. Mais n’oublions pas que pour Incendie, justement, il a laissé tomber cette manière de faire ; ça sautait au yeux : Incendie n’est pas un texte que l’on peut jouer avec cette froideur cette distance ( autant rapport aux autre personnages, qu’au public). Bref tout ça pour dire que si Nordey n’est pas un metteur en scène qui peut plaire à tout le monde, il n’en reste pas moins avisé. Et qu’il ne faudrait pas mettre toutes ses oeuvres dans le même paniers.

    Ensuite, « les théâtreux branchouilles qui ont vu Incendies » j’en fait partie. Qu’est-ce que ce mépris là ? Incendie était une pièce pleine d’émotions, plutôt bien jouée (ça dépend toujours des acteurs et de la représentations), le texte de Wajdi Mouawad est tout à fait bien ficelé, avec une pointe de poésie… Bref que des ingrédient qui marchent, qui rendent une représentation agréable.

    Le théâtre est égoïste ? Il pense à lui avant de penser au public ?
    Mais enfin ! L’art théâtrale n’est-il pas un mode d’expression ? On s’exprime en fonction des autres mais aussi en fonction de soit. Le texte de théâtre n’est qu’une base pour communiquer autre chose encore. Voila l’interêt de voir plusieurs mise en scène de la même pièce par exemple : chaque interpretation ( dans les deux sens du terme) est différentes ! Est-ce par un inconditionnel respect du public on ne devrait lui présenter que des choses qu’il a envie d’entendre ou de voir ?
    Le public n’est pas Roi, le public est là pour apprécier, pour sous-peser. Après s’il s’ennuie c’est aussi une erreur de mise en scène. Je n’ai pas vu Les Justes, mais vous auriez dut voir Bérénice (Jean-Louis Martinelli), où pour le coup le jeu n’était pas glacial, mais bien au contraire trop d’émotion. Imaginez-vous dans assis sur votre siège, devant vous la scène, encombrées de mille décors, trop lourds ; et vous qui regardez gesticuler une Bérénice hystérique et fausse, loin d’être émouvante. Tout ces cris, toutes ces larmes, et vous : Rien. Pas en sentiments, pas une réaction, juste un long, très long souffle qui sort de votre bouche ! Et là l’idée de compter les projecteurs vous paraît fabuleuse !
    Bref tout cela pour dire, que je trouve cette critique un peu dure.

    Et pour les pauvres lycéens « trainés » (?) par leurs professeur aux théâtre ( j’en ai fait partie) : rassurez-vous. Ils y vont généralement de bons grés, même si toute les expérience ne sont pas fantastiques (Bérénice !)

    • 10 août 2010 12:56

      Vous n’avez visiblement pas compris ma critique.

      D’une part : j’ai vu Incendies, j’ai aimé (et je le dis dans ma critique, relisez-moi), je respecte beaucoup le travail Nordey – je suis d’autant plus dure avec lui dans cette critique que :
      1. vu le succès et la renommée qu’il a, il peut accuser le choc (mais bon, je pense qu’il s’en contrefiche de ce que peut penser une petite blogueuse insignifiante)
      2. je sais de quoi il est capable, et je lui en veux d’avoir oublié le public dans cette mise en scène.
      Et l’expression « théâtreux branchouille », dans la mesure où j’ai vu Incendies et d’autres mises en scène de Nordey, était à prendre, évidemment, au second degré, dans la mesure où je m’y inclus.

      « Le théâtre est égoïste ? Il pense à lui avant de penser au public ? »
      Je n’ai jamais dit ou pensé que le théâtre était égoïste, il suffit d’aller un peu lire mes autres critiques de pièces sur ce blog pour savoir que je suis convaincue du contraire. ICI, dans CETTE mise en scène, oui, le théâtre est égoïste.

      Quant à Bérénice, je ne l’ai pas vu, je ne peux donc pas me prononcer (ce que vous faites allégrement avec Les Justes sans pourtant l’avoir vu, ce qui, j’en ai peur, vous discrédite totalement à mes yeux).

      Vous avez tort de généraliser mon propos à l’ensemble du théâtre, à l’ensemble de l’oeuvre de Nordey. Vous passez ainsi à côté de l’essentiel de mon propos, qui est de critiquer cette mise en scène précise.
      Pour vous contredire, je vous cite :

      « Est-ce par un inconditionnel respect du public on ne devrait lui présenter que des choses qu’il a envie d’entendre ou de voir ? »

      et cite ma critique :

       » Alors oui, d’accord, un peu de difficulté ne fait pas de mal, il vaut mieux tirer son public vers le haut plutôt que de rentrer dans une complaisance facile et ne lui montrer que ce qu’il a envie de voir. Mais à une seule condition : l’accompagner, l’entraîner vers ces hauteurs, plutôt que de l’exclure de l’aventure. »

      Et je pourrais prendre plusieurs autres parties de votre commentaire pour vous montrer comment ma critique dit le contraire des propos que vous m’attribuez.

      Je respecte donc votre opinion et votre point de vue sur le théâtre et sur Nordey, mais je trouve que votre argumentation passe à côté.

      Et tant mieux si les lycéens vont au théâtre de leur plein gré, c’est mon souhait le plus cher, puisque je suis partisane d’une démocratie du théâtre (et non une démocratisation, mais c’est un autre débat).

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